Menteur - chapitre 1

Menteur - chapitre 1
Menteur

Chapitre 1

Bill sortit de la salle de bains, marquant un temps d'arrêt, comme s'il hésitait. Il posa les mains sur ses hanches et jeta un coup d'½il vers la porte de sa chambre d'hôtel avant de se retourner complètement, vers ce lit si tentant.

Il venait tout juste de terminer de lisser ses cheveux qui étaient à présent cachés sous un bonnet noir, de longues mèches noires teintées de touches blondes tombant sur ses fines épaules. Il avait refait son maquillage bien qu'il n'ait pas à ressortir, ayant terminé promo et concerts le soir même pour laisser place à quatre semaines de repos bien mérité.

Se décidant enfin, il s'approcha du lit et s'y étala en un bond, faisant retomber sa frêle silhouette sur le matelas ferme en un son sourd. Il resta un instant immobile, retenant sa respiration pendant quelques secondes, puis il soupira de fatigue. Il était las. Il n'en pouvait plus, tout simplement.

Bill agrippa un coussin, l'amenant à lui pour le serrer dans ses bras et y reposer sa tête, ses yeux ouverts fixant le néant.

Il avait tout pour être heureux, en apparence, mais ces derniers mois avaient été longs et malgré leur succès, il était content que la tournée en soit arrivée à son terme. Elle s'était d'ailleurs terminée en beauté, avec le prix qu'ils avaient gagné aux MTV awards.

Cela lui avait remonté le moral, car en ce moment, tout semblait lui peser outre mesure, et il ne voyait aucun remède à son mal... Enfin, si... Peut-être qu'il y en avait un, mais c'était un moyen qu'il ne savait pas comment obtenir. L'amour n'était pas le genre de choses que l'on pouvait avoir sur commande...

C'est sur ces pensées qu'il entendit quelqu'un appuyer sur la poignée de la chambre d'hôtel, sans résultat. Un juron s'ensuivit, Bill reconnaissant immédiatement à qui appartenait le timbre de voix, si familier. L'individu frappa à la porte, faiblement puis plus fortement, mais Bill ne bougea pas, ses paupières lourdes se fermant.

- Bill ! Ouvre-moi !

Ledit Bill grogna, sa voix étouffée contre le tissu.

- Je peux pas.
- Hein ? Quoi ? Je t'entends pas. J'ai pas la clé de la chambre sur moi. Tu m'ouvres ?

Bill bougonna, enfonçant un peu plus sa tête dans le coussin. Le tambourinage redoubla d'intensité.

- Je sais que tu es là !

Bill essaya d'ignorer le boucan que son frère se plaisait à faire, en vain. Relevant la tête, il lança un regard noir vers l'entrée de la pièce, sentant une soudaine envie irrépressible d'étrangler un certain jeune homme qui lui ressemblait tellement, leurs visages et leurs corps si similaires, telles deux gouttes d'eau malgré ce que pouvaient faire croire à tort leurs looks si différents.

Il se leva promptement, se dirigeant vers la porte pour l'ouvrir d'un brusque mouvement. Le geste de Tom s'arrêta dans l'air et il leva des yeux étonnés vers son jumeau.

- Tu en as mis un temps. Qu'est-ce que tu fous ?

Bill croisa les bras, le fusillant légèrement du regard. Pour l'instant, le jeune chanteur n'avait qu'une idée en tête, rejoindre son cher lit auquel il avait été si durement arraché.

- Comment ça qu'est-ce que je fous ?

Tom fronça les sourcils.

- Tu avais dit que tu nous rejoindrais. On t'attendait pour commencer.

Bill soupira. Il avait effectivement promis de venir regarder un DVD avec les autres membres du groupe et David. C'était leur dernier soir tous ensemble avant qu'ils ne partent chacun de leur côté pour des vacances bien méritées, les jumeaux ayant même prévu de partir 15 jours au soleil pour relâcher enfin toute la pression accumulée depuis plusieurs semaines.

Fatigués par leurs derniers jours de promo, ils avaient donc tous opté pour une petite soirée tranquille, à regarder un film, mais Bill ne se sentait même plus assez d'énergie ni d'envie pour ça. Il tourna le dos à Tom et se dirigea à nouveau vers le lit, se laissant glisser dessus et appuyant à nouveau sa tête contre l'énorme coussin, cachant son visage.

- J'ai changé d'avis.

Tom fronça de plus belle les sourcils et entra dans la pièce, refermant la porte derrière lui. Il vint s'asseoir sur le lit, baissant les yeux vers le corps fin de son frère allongé à côté de lui.

- Bill, c'est le dernier soir. On ne va plus les voir pendant quatre semaines, tu pourrais faire un effort.

Bill ne le regarda pas, se contentant de marmonner presque incompréhensiblement contre le coussin qu'il tachait de son maquillage.

- Georg et Gustav ne m'en voudront pas. J'en ai marre de les voir et eux aussi. J'en ai marre de tout. Des fans, de la tournée, des journalistes. Je suis fatigué. Oh mon dieu, j'ai tellement besoin de vacances.

Les yeux de Tom parcoururent le corps de Bill, immobile dans sa torpeur et le guitariste s'appuya sur le lit, s'allongeant sur le côté. Il pencha la tête, ses longues dreadlocks tombant sur les draps. Il chercha en vain le regard de Bill.

- Je sais que tu es fatigué. On l'est tous. Mais ce n'est pas pour ça que tu fais la gueule depuis des jours et des jours. Qu'est-ce qui ne va pas ?

Car Tom n'était pas dupe. Hormis le fait que Bill avait besoin de faire une pause loin des caméras, des groupies criardes et des plateaux télé, le chanteur était visiblement préoccupé par autre chose. Ses fréquentes engueulades avec le groupe récemment, bien que ce ne soit que des petites chamailleries de rien du tout, en étaient là pour preuve.

Bill ne répondit pas, ne bougeant pas d'un centimètre pendant de longues secondes, si bien que Tom le crut endormi. Il posa une main sur le bras de Bill et le secoua. Le brun leva enfin un ½il vers lui, et Tom en profita pour fixer pour de bon son regard sur le sien.

- Alors ?

Bill l'observa un instant avant de parler, avec un brin d'hésitation.

- Ca fait deux ans, Tom. Deux ans que je suis seul.

Ledit Tom eut un pincement de c½ur. Il savait ce que voulait dire son frère, mais après tout, il y avait le groupe, et il était là, lui.

- Bill...

Le chanteur se redressa légèrement, s'appuyant lui aussi sur un coude, face à son jumeau.

- Je sais ce que tu vas dire, mais j'aimerais juste une fois avoir quelque chose qui n'ait pas de rapport avec le groupe ou nous.

Il se redressa totalement, brisant leur contact visuel et relevant ses genoux pour les encercler de ses bras, ses mains se croisant nonchalamment l'une sur l'autre.

- J'ai juste besoin de vivre autre chose, c'est tout.

Tom se redressa également et pencha la tête sur le côté, l'observant, un peu intrigué. Il sentait que Bill hésitait à continuer.

- Comment ça ?

Dans un geste soudainement nerveux, Bill leva la paume d'une main en l'air, désignant son frère.

- Toi tu n'as pas ce problème. Si demain tu trouves une fille, personne ne te harcèlera outre mesure sur elle, sur ce que vous avez fait... Moi par contre, j'ai l'impression que tout le monde m'attend au tournant.

Bill reposa les yeux devant lui. Tom le fixa avec étonnement avant de sourire, amusé.

- C'est ta virginité qui te travaille ?

La réaction ne se fit pas attendre, un rougissement apparaissant sur les joues du chanteur. Tom eut un petit rire et Bill le fusilla du regard.

Même si, en dépit de ce qu'il pouvait raconter de ses soi-disant exploits lors des interviews, les réelles expériences de Tom pouvaient encore se compter sur les doigts d'une main, il était clair que la réputation qu'il s'était construite dans les médias le mettait plus ou moins à l'abri des réflexions et questions malsaines des journalistes. Lui pouvait en jouer. Pour Bill, c'était déjà plus dur, même si tout comme lui, Tom n'avait pas eu de relation avec une fille depuis le début de leur succès.

Le problème était qu'à la différence de Bill, Tom ne ressentait pas encore de manque. Avoir ses amis, Bill, le groupe, la musique, lui suffisait amplement pour l'instant. Un pincement au c½ur se fit à nouveau sentir. Son ventre se tordit bizarrement et assez désagréablement quand il lui fit remarquer :

- Pourtant, c'est bien toi qui as le plus de propositions. Si tu le voulais, tu pourrais avoir n'importe quelle fille.

Bill secoua la tête, grimaçant. Il se mit à chiffonner nerveusement le bout de son pantalon, posant la tête sur ses genoux.

- Tu sais bien que ça ne m'intéresse pas. S'il n'y a pas de sentiments, je ne vois pas l'intérêt de coucher avec la première venue, moi.

Tom fronça les sourcils et donna une petite tape contre la cuisse de Bill.

- Je ne coucherais pas avec la première venue, tu le sais très bien.

Tom se sentit vexé quand Bill se contenta de hausser les épaules, détournant pensivement pensivement. Tom avait la sensation que le chanteur évitait son regard. Bill continua finalement, après quelques secondes de silence.

- J'ai l'impression que je ne trouverai jamais personne. Toutes ces filles ne me voient pas comme je suis vraiment, elles ne voient que le chanteur de Tokio Hotel. Comment est-ce que je pourrais les croire quand elles me disent qu'elles m'aiment ?

Tom haussa les épaules à son tour, secouant encore la tête.

- Tu ne pourras pas le savoir si tu n'essayes même pas d'en approcher une.

Bill le fixa, leurs yeux se rencontrant à nouveau, et Tom prit enfin le temps de le dévisager, notant le noir profond qui entourait les yeux du chanteur. Son regard erra sur le corps de son frère et il soupira.

- Tu as maigri, et tu mets beaucoup trop de maquillage, dernièrement.

Ce fut au tour de Bill de froncer les sourcils face à ce changement apparemment soudain de conversation. Il répondit sur la défensive.

- Je mange autant que d'habitude, je suis juste hyper stressé et hyper act...

Il se coupa, voyant que Tom continuait à le détailler, de haut en bas, et il se sentit rougir.

- Quoi ?

Les yeux de Tom revinrent sur les siens avant de se détourner aussitôt, et Bill crut voir rosir ses joues. Il cligna des yeux avant de les fixer sur son frère, se perdant à nouveau dans ses pensées. Le chanteur murmura finalement.

- Je sais ce que tu penses.

Tom émit un petit rire embarrassé mais dubitatif.

- Vraiment ?

Bill se contenta d'acquiescer, et il se rallongea sur le lit, posant sa tête sur un bras alors qu'il posait l'autre sur son ventre. Il sourit légèrement à son jumeau. Les yeux de Tom errèrent furtivement sur le corps étendu de son frère. En dépit de sa grande taille, il lui semblait si petit et fragile.

Quand ses yeux rencontrèrent ceux de Bill, il se rendit compte que celui-ci n'avait pas arrêté de l'observer. Il frémit légèrement et sentit la chaleur l'envahir, comme s'il avait été pris en faute. Quelque chose d'étrange flottait dans les pupilles de Bill.

- Je ne suis pas une fille.

A ces mots, Tom eut grand mal à retenir son rire, un sourire immense s'accrochant à ses lèvres alors qu'ils se fixaient toujours.

- Je sais, je crois que je l'aurais remarqué, depuis le temps.

Tom se rallongea à son tour, mimant les précédents gestes de Bill, tel un miroir ayant un temps de retard. Bill le fixait toujours, son air étrange. Il murmura.

- Ne me dis pas que tu n'y as jamais pensé.

Tom fronça les sourcils. Pourquoi Bill insistait-il ?

- Je ne t'ai jamais comparé à une fille.
- Je ne parlais pas de ça.

Ils se fixèrent, et le temps sembla s'arrêter. L'expression de Bill était on ne peut plus sérieuse, et Tom ne savait pas s'il devait comprendre dans ses mots ce qu'il croyait déceler.

- De quoi tu parles, alors ?
- Tu le sais.
- Non.
- Menteur.

Le ton de Bill n'était pas vindicatif, c'était juste un murmure doux, presque plaintif. Un moment passa en silence, avant que le ventre de Tom ne se torde à nouveau aux mots murmurés de Bill. Il les prononça si bas que Tom ne fut pas sûr de les avoir jamais entendus une fois que le chanteur eût terminé.

- Des fois, j'y pense, car je me dis que ça serait plus simple... Si tu étais mon premier.

Les yeux de Tom se fixèrent un peu plus sur ceux de son frère, son c½ur s'accélérant à la signification possible, même certaine de ses mots. Le temps se suspendit, des flashs d'images lui revenant à l'esprit... jusqu'à ce que Bill se mette à rire. Tom le regarda d'un air perplexe avant de froncer les sourcils. Il se sentait soulagé mais un peu décontenancé intérieurement.

- Bill, arrête de raconter des conneries.

Bill rit un peu plus et regarda avec des yeux étrangement brillants son frère. Tom rougissait pour de bon.

- N'empêche, tu l'as imaginé.
- Non.

Tom vit son frère sourire légèrement, son regard doux accroché au sien.

Menteur.

Tom détourna la tête et Bill rigola. Ils redevinrent néanmoins sérieux en un instant, Bill s'allongeant sur le dos. Regardant le mur à l'opposé, Tom murmura.

- Tu y as pensé, toi ?

Un moment passa dans un silence des plus complets, avant que Bill ne réponde :

- Non... Mais...

Tom sentit son souffle se couper, inexplicablement. Bill poursuivit, sa voix à peine perceptible.

- Mais si je l'avais imaginé, tu penses que ça aurait été mal ?

La réponse se fit attendre, mais elle fut claire et nette.

- Non.

Bill se mit sur le côté, lui tournant le dos, alors que Tom faisait de même.

Bill sourit timidement, rassuré. Tom n'avait pas menti.

***

Quelques jours plus tard, sous le soleil, quelque part dans un petit paradis de vacances,

La plage était pleine de monde, mais sans qu'il y ait vraiment foule. C'était majoritairement des américains. Dans cette partie du monde, le soleil brillait comme en plein été, défiant les maigres records de températures des plus chauds étés en Allemagne, les pulvérisant de quelques rayons de soleil qui dansaient sur la peau pâle de Bill.

Tom et lui étaient en vacances, incognito et seuls... hormis Saki qui leur servait de chaperon non loin de là. En effet, même si les jumeaux n'étaient pas connus dans ce pays aux couleurs de paradis terrestre, leurs parents avaient hésité, ne pouvant eux-mêmes les accompagner pour raisons professionnelles, à les laisser partir en vadrouille seuls. La décision avait donc été prise de leur imposer le garde du corps. Les jumeaux avaient protesté, mais ils avaient dû céder rapidement face au dangereux froncement de sourcils de leur mère qui, il est vrai, avait de quoi faire peur...

Tom et Bill se trouvaient ainsi sur une plage, à quelques mètres de leur hôtel, bronzant sur des transats. Saki non loin de là faisait de même, piquant un roupillon au soleil.

Personne autour ne faisait attention à eux. Tom soupira d'aise et sourit. Ils étaient enfin libres, n'ayant que le seul objectif de se relaxer. Il jeta un coup d'½il vers Bill à travers ses lunettes foncées. Celui-ci était allongé sur le ventre dans un transat parallèle au sien, portant également des lunettes de soleil. Il semblait dormir, sa tête penchée légèrement sur le côté opposé, exposant son cou diaphane. Ses longs cheveux, encore un peu mouillés de leur récent passage dans l'eau turquoise qui entourait l'île, ondulaient en séchant. Sa peau était parsemée de petits grains de sable fin qui s'éparpillaient au vent, dorant au soleil.

Finissant de se barbouiller les bras et le visage de crème solaire, étalant au mieux celle-ci, Tom se leva pour aller s'asseoir sur la chaise longue de son frère. Ce dernier ne bougea pas, ne donnant aucun signe pour indiquer s'il était réveillé, ses yeux restant fermés derrière ses immenses lunettes de soleil. Néanmoins, il ne sembla pas surpris par le contact froid de la crème sur sa peau, malgré un léger frémissement. Tom sourit un peu plus. Il se mit à masser doucement mais fermement la peau lisse, pendant un long moment, faisant de longs aller retour sur son dos, délicatement mais avec force, en profitant pour détendre au maximum les muscles sous ses doigts. Bill soupira de contentement, indiquant clairement qu'il était réveillé et Tom sourit.

Il continua un moment, malaxant un Bill complètement relaxé sous ses mains, quand soudainement, vers la fin, une main agrippa la sienne qui remontait vers l'épaule du chanteur. Il la serra quelques secondes et Tom se pencha vers lui, venant déposer un bisou son omoplate. La peau de Bill avait un goût agréable de crème et de sel.

Bill se tordit pour se retourner vers lui, s'allongeant sur le dos. Il lui sourit, ses yeux invisibles sous les verres teintés.

- Merci.

Tom lui sourit également. Leur échange fut cependant brisé lorsque des gloussements hauts perchés parvinrent à leurs oreilles. Ils tournèrent en même temps la tête. Deux jeunes filles passèrent près d'eux, les dévisageant et minaudant. Elles se regardèrent et gloussèrent un peu plus en s'éloignant, allant s'installer sur des chaises longues, un peu plus loin. Tom se tourna vers Bill et haussa les sourcils en souriant.

- Je crois qu'on a un ticket. On va les voir ?

Bill fit instantanément la moue et retint fermement Tom par le poignet quand celui-ci tenta de se lever du transat.

- Je veux juste être avec toi. Pas de filles.

Tom sourit et se pencha vers lui, son visage à quelques centimètres de celui de Bill.

- Ok, mais je m'occupe de ton cas ce soir.

Tom haussa à nouveau les sourcils pour affirmer ses dires, souriant, et Bill l'imita. Ils rigolèrent doucement, leur peau caressée par le vent marin et le soleil brûlant.

***

Le soir du même jour,

Bill enfilait son sixième verre d'un cocktail très relevé, au contenu indéterminable bien qu'il fut tout simplement délicieux, accoudé au bar coloré et festif près de l'hôtel où ils logeaient.

Tom n'était pas de reste, assis à ses côtés, coude contre coude, mais il tenait légèrement mieux l'alcool comparé à son jumeau qui commençait à avoir un regard très dansant.

Tom se pencha pour la énième fois vers Bill, son visage effleurant le sien, désignant de sa main tenant son verre en tendant son index un groupe de jeunes filles assises autour d'une table. Celles-ci semblaient les avoir remarqués elles aussi, jetant de petits coups d'oeil pétillants dans leur direction.

Cependant, Bill secoua une nouvelle fois la tête et se tourna vers Tom.

- Je ne peux pas.
- Comment ça tu ne peux pas ?

Bill haussa les épaules, ne sachant quoi répondre et Tom sourit avec amusement à ce nouveau refus. Bill enfila d'un coup le fond de son verre et en commanda illico un autre. Leurs tibias et leurs pieds se touchaient légèrement alors que leurs jambes effectuaient des mouvements de balanciers. Bill regarda Tom, son adorable bouille se contorsionnant en une petite moue.

- Je peux pas, c'est tout.

Tom rit, sa voix venant chatouiller l'oreille du chanteur.

- Pour une fois qu'on ne te prend pas pour une fille, tu devrais sauter sur l'occasion.

Bill le fusilla du regard, bien qu'il y ait une tendresse évidente dans ses mots.

- Petit con.

Tom but une gorgée de son verre et sourit, pas démonté pour un sou.

- Eh oui, on n'est pas jumeaux pour rien.

Bill haussa un sourcil et éclata de rire. Il secoua la tête. Sa voix était quelque peu soûle.

- Ce soir, je veux juste me bourrer la gueule, Tom. Avec toi. Ma virginité attendra.

Il tourna la tête, souriant, et apporta le verre à ses lèvres. Tom dévisagea les traits rieurs du visage de Bill, souriant en coin. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas vu son jumeau si détendu... et si démaquillé. Il ne portait même pas de vernis à ongles. Bill était beau, tout simplement.

Tous les deux étaient habillés de la même façon, d'un simple T-shirt et d'un pantalon d'été léger, bien que le T-shirt de Tom soit un peu plus grand que celui de Bill, même s'il était plus moulant que ce qu'il avait l'habitude de porter. Ils se ressemblaient tellement ainsi, au naturel. Tom porta son verre à ses lèvres.

- Tu es du genre difficile.

Bill se pencha vers lui, le surplombant légèrement alors qu'il plongeait son regard dans le sien, comme à son habitude.

- Il faut ce qu'il faut.
- C'est-à-dire ?

Bill détourna le regard, tordant la bouche tandis qu'il réfléchissait. Il lui répondit d'une question.

- Quelqu'un de parfait ?

Tom rit.

- Ca n'existe pas.

Dodelinant de la tête, Bill traça du bout de ses doigts la mâchoire de Tom.

- Si, ça existe, monsieur-je-ne-crois-pas-à-l'amour...

Il émit un petit rire avant de détourner son regard, et Tom secoua la tête, souriant également. Ils continuèrent à parler et à boire pendant un moment, discutant de tout et de rien, ponctuant leur conversation de petites taquineries et de petits rires. Une heure plus tard, Bill ne semblait plus trop dans son état normal. Tom trancha vers la sagesse.

- Tu es complètement bourré. On retourne à l'hôtel, il vaut mieux.

Il se leva pour aller prévenir Saki qui discutait avec quelqu'un à une table, puis il revint vers Bill. Ils pouvaient repartir seuls, étant à l'intérieur du complexe fermé de l'hôtel. Il entraîna Bill dehors, le soutenant un peu pour qu'il ne titube pas trop, un bras autour de sa taille alors que Bill faisait de même.

Sortis du bar, ils se mirent à traverser le petit chemin bordé de sable qui menait à l'hôtel, la mer à seulement quelques dizaines de mètres de là. Ils étaient silencieux, marchant côte à côte. Le regard de Bill était fixé sur les vagues sombres qui venaient se fracasser contre la plage dans un bruit envoûtant.

Il lâcha soudainement la taille de son jumeau et il se dirigea vers elle, sortant du chemin et laissant ses sandales. Surpris, Tom accéléra le pas pour le rejoindre, ses pieds s'enfonçant dans le sable, le déchaussant malgré lui. Il tituba légèrement en jurant, abandonnant ses propres sandales derrière lui, avant de se remettre à courir pieds nus après le chanteur. Arrivé à sa hauteur, il tenta de le retenir par le bras.

- Bill, où tu vas ?

Bill esquiva sa main pour mieux capturer son poignet. Il accéléra le pas, entraînant Tom avec lui toujours plus près des vagues. Tom poussa un petit cri et protesta.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Bill ne répondit pas, continuant à l'attirer toujours plus loin d'un pas alerte. Tom fronça les sourcils et tira brusquement sur son bras, faisant chanceler Bill en arrière juste avant qu'il n'atteigne le sable froid et humide que les vagues caressaient. Bill atterrit peu cérémonieusement de tout son long sur le sable, paraissant surpris dans son état d'ébriété.

Inquiet, Tom se précipita vers lui, s'agenouillant face à face. Il n'avait pas eu l'intention de le faire tomber. Les lumières du bar et de l'hôtel parvenaient à peine à ses yeux, lui donnant le plus ténu des sentiments qu'ils n'étaient pas dans le noir complet. Ils étaient seuls sur la plage et le vent chaud commençait à faiblir, le faisant frissonner. Ce n'était peut-être pas prudent d'être ainsi isolés. Tom se pencha au-dessus de son frère.

- Bill, ça va ?

Sans répondre, Bill l'observa avant de détourner le regard, cherchant les étoiles dans le ciel. Tom soupira.

- On rentre maintenant ?

Il allait se relever quand il sentit une main capturer la sienne, le retenant. Il rencontra les yeux de son jumeau. Il ne paraissait pas si bourré que ça, en fait, pensa Tom. Bill avait des yeux suppliants.

- Reste avec moi, ici.
- Mais...

Tom allait protester quand la moue de Bill s'accentua. Tom resta ferme cependant.

- On est peut-être en vacances au bord d'une magnifique plage, mais je tiens à dormir dans un bon lit, et vu ce que tu as bu, ne compte pas sur moi pour te laisser tout seul dans la nature. On rentre.

Il tira sur sa main pour tenter de le relever, mais Bill résista, commençant à rigoler doucement. Tom pesta et tira un peu plus fort. Bill tenant bon, Tom se sentit déséquilibré et tomba légèrement vers lui, ses deux mains s'enfonçant dans le sable.

Surpris, ses yeux s'écarquillèrent quand il réalisa à quel point leurs visages étaient proches. Il faisait très sombre mais il pouvait sentir le contact des pupilles de Bill sur les siennes. Ils restèrent immobiles un moment, Tom sentant qu'ils se trouvaient dans une étrange situation. Il aurait dû s'écarter de son frère immédiatement et se relever. Or, il ne le pouvait pas. Il attendait que Bill parle, décide pour lui. Ce que le chanteur fit. Bill murmura.

- Ose me dire que tu n'y as jamais pensé.

Tom ne savait pas exactement à quoi Bill faisait référence. Ou plutôt, il ne savait s'il était sage de croire que Bill faisait référence à ce que Tom pensait actuellement. Tom mentit.

- Je n'y ai jamais pensé.

La voix alcoolisée de Bill se fit déçue, répétant ses mots.

- Tu n'y as jamais pensé.

Sans savoir ce qui contrôlait ses mouvements, Tom se pencha un peu plus, ses lèvres à quelques centimètres au-dessus de celles de Bill et il mentit encore.

- Jamais.

Ils se fixèrent un peu plus malgré le noir ambiant, hésitants et fiévreux. Les lèvres de Tom frôlèrent les siennes et puis il se décida, refermant la distance entre elles.

Autour des deux silhouettes sombres, tout était calme, hormis le bruit régulier et rassurant des vagues qui venait siffler à leurs oreilles, s'immisçant dans ce moment irréel que Tom ne comprenait pas, même si c'était ses lèvres dont il s'agissait. Ses lèvres contre celles de Bill, sa langue contre la sienne, partageant un goût fruité d'alcool et de sel iodé à travers leurs souffles d'une chaude moiteur. Doux, tendre et piquant à la fois. Parfait.

C'était étrange de dire cela vu les circonstances, mais c'était sans nul doute le moment le plus romantique qui ait été donné à Tom dans sa jeune vie. A cette pensée, son baiser n'en devint que plus tendre. C'était pourtant son frère qu'il embrassait. Et le plus étrange dans tout ça, c'est qu'il s'en moquait bien.

Ses mains de part et d'autre de Bill se refermèrent sur le sable, des milliers de grains glissant entre ses doigts en silence. Seules leurs bouches étaient en contact, Tom n'osant pas bouger outre mesure. Il avait peur d'effrayer Bill et de voir celui-ci le repousser.

Mais Bill ne bougea pas, se laissant embrasser et répondant doucement au baiser. Tom ne savait quoi en penser.

Quand il recula, il lui sembla qu'il faisait encore plus sombre, comme si les lumières du bar avaient commencé à s'éteindre.

Il ne savait pas quoi faire, quoi dire, alors il se contenta de reprendre la main de Bill pour le relever. Celui-ci se laissa faire cette fois-ci. Tom relâcha sa main et ils commencèrent à marcher, en silence, n'osant plus se toucher, jusqu'à ce que Bill murmure à nouveau.

- Tu n'as jamais su mentir.

Tom esquissa un sourire, soufflant légèrement avec amusement.

La suite fut aussi irréelle aux yeux de Tom que le baiser en lui-même, car il n'arrivait même plus à penser de façon cohérente. Dans la pénombre, leurs mains moites se retrouvèrent. Ils marchèrent ainsi jusqu'à l'hôtel, ne se lâchant que lorsqu'ils y entrèrent. Ils firent un léger signe de tête au veilleur de nuit qui leur lança un sourire des plus commerçants et ils prirent l'ascenseur, chacun ayant repris un peu de distance.

Sans plus échanger un mot ni se toucher, n'échangeant que de rares regards interrogateurs, ils entrèrent dans la même chambre, se préparèrent à aller dormir, et comme ils en avaient l'habitude depuis les quelques jours où ils étaient arrivés sur leur lieu de vacances, ils ouvrirent la fenêtre, laissant entrer l'air frais, avant de se glisser dans le même lit et de s'endormir l'un à côté de l'autre, chacun succombant au fil de ses pensées dans un sommeil peuplé d'étranges rêves si similaires.

***

Le lendemain matin,

Quand Bill se réveilla, il faisait déjà grand jour, le soleil envahissant la pièce. Il grogna et se frotta les yeux et le front, ouvrant difficilement ses paupières. Il avait un léger mal de crâne.

Son regard tomba sur Tom, endormi face à lui, et s'y fixa pendant un long moment. Finalement, il avança un doigt, faisant effleurer l'extrémité de celui-ci avec le bout du nez de Tom, le touchant chatouilleusement.

Au début, cela n'eut aucun effet, puis Tom se mit à secouer la tête dans son sommeil, jusqu'à se réveiller complètement. Bill étouffa un rire, alors que Tom ouvrait de petits yeux perplexes. Louchant, il comprit aussitôt ce qui l'avait réveillé. Il maugréa, fusillant Bill du regard.

- Bill, fous-moi la paix. Je veux encore dormir.

Ce disant, il écarta d'un battement de main celle de Bill et il tourna un peu son visage dans l'oreiller. Bill fit une petite moue se voulant attendrissante.

- Je voulais mon bisou du matin.

Tom grogna mais se laissa faire quand Bill entoura sa tête et ses épaules nues de ses bras pour se pencher vers lui, déposant un énorme bisou sur sa joue tout en le serrant avec force. L'odeur de Bill accapara les sens de Tom, celui-ci s'en délectant.

Soudainement, le souvenir de ce qui s'était passé la veille ressurgit enfin dans l'esprit de Tom. Il rougit. Est-ce que Bill s'en souvenait ? Il décida que oui, certainement. Il n'avait pas été si alcoolisé que ça.

Bill le relâcha, se redressant. Sans rien dire ni faire, Tom le regarda se lever et se diriger vers la salle de bains, suivant de ses yeux attentifs les mouvements fluides du chanteur, s'attardant sur son dos dénudé qui semblait si frêle. Bill remit une mèche de cheveux derrière son oreille et sentant son regard insistant sur lui, il sourit à son frère avant de franchir la porte, et Tom sentit son estomac se tordre d'une manière familière mais plus prononcée.

Ses fantaisies secrètes avaient commencé à prendre forme dans la réalité, et ça lui faisait peur.

A suivre...

# Posté le lundi 21 janvier 2008 08:57

Modifié le dimanche 10 août 2008 22:01

Menteur - chapitre 2

Menteur - chapitre 2
Menteur

Chapitre 2


Une fois qu'il eut passé la porte, Bill souffla doucement, ses yeux errant sur les contours de la salle de bains, passant de la douche au jacuzzi. Il s'approcha du lavabo, se penchant au-dessus pour regarder les traits de son visage. Il secoua la tête en s'observant. Qu'est-ce qui lui avait pris hier ?

Pourquoi avait-il provoqué son jumeau ainsi et surtout, pourquoi est-ce que Tom avait répondu à ses attentes ?

Pourquoi l'avait-il embrassé ?

Bill commença à se débarbouiller, frottant à grand renfort d'eau froide sa figure. Cela faisait quelque temps qu'il avait des pensées inappropriées envers son frère. Il y avait réfléchi maintes fois, retournant les aberrantes pensées dans sa tête, inlassablement.

Si Tom et lui avaient toujours été proches, voire inséparables, échangeant régulièrement câlins et bisous, Bill s'était rendu compte que depuis peu, il espérait désespérément toujours plus de contact entre eux.

Il n'avait pas compris pourquoi au début. Tout cela avait commencé un soir, après un concert plutôt chaud, où ils étaient ressortis de scène, survoltés. Tom l'avait serré dans ses bras avec un air bêta sur le visage, drogué par l'adrénaline et quand il s'était reculé, le sourire de Bill s'était immédiatement évanoui à la pensée qu'il venait soudainement d'avoir en voyant le visage rayonnant de Tom. Il avait voulu embrasser ces lèvres qui lui souriaient si effrontément.

Néanmoins, Bill avait mis cela sur le compte de l'excitation du concert. Bien sûr, il y avait toujours eu une espèce d'attirance amoureuse platonique entre Tom et lui, mais cela en restait là. Il n'avait jamais vraiment eu l'intention d'embrasser son frère. Cela n'avait certainement été qu'une fausse impression.

Pourtant, après cet incident, Bill s'était interrogé silencieusement, pendant de nombreuses heures, perdu dans ses pensées et ses rêveries, sur l'amour qu'il recherchait. Bien sûr, il était encore jeune, mais le fait d'être un chanteur dont la célébrité ne cessait de grandir le faisait beaucoup réfléchir. Au fur et à mesure que le temps passait, lui qui croyait au véritable amour se rendait compte qu'il serait de plus en plus difficile d'être aimé pour ce qu'il était, dans un monde où la célébrité et l'argent comptaient par-dessus tout.

Il savait qu'une seule personne lui resterait fidèle. Tom.

Et depuis cette réalisation, au-delà de cet amour platonique qu'il vouait depuis toujours à Tom, des pensées de plus en plus osées s'étaient formées dans son esprit. Au début, elles l'avaient perturbé, mais peu à peu, il s'y était fait, même s'il mourrait intérieurement de honte, se demandant à quel point son frère pourrait être dégoûté s'il savait ce qu'il pouvait bien imaginer. Car Tom ne pouvait qu'être dégoûté, n'est-ce pas ?

Mais dans ce cas, pourquoi l'avait-il embrassé ?

Bill se mordit les lèvres, se passant une main tremblante sur son visage pour se reprendre.

Cela ne pouvait être qu'une erreur de la part de Tom...

***

Quelques dizaines de minutes plus tard, Tom et Bill se retrouvaient face à face à prendre leur petit déjeuner, et comme depuis le début de leurs vacances, Tom commença son nouveau petit rituel, poussant une flopée de pots de confitures, petits pains et autres nourritures devant Bill qui s'était mis directement à leur servir à tous deux du café. Bill leva ses yeux vers lui avec une certaine exaspération.

- Tom...

Tom haussa les épaules et ne répondit pas, concentré à tartiner ses toasts d'un air désintéressé. Bill fronça les sourcils mais prit néanmoins ce que Tom avait posé devant lui.

Ils commencèrent à manger dans un silence confortable, écoutant les cris d'enfants qui provenaient de la plage toute proche de la fenêtre ouverte. Cela les changeait tellement. Sans s'en rendre compte, leurs regards se perdirent tous les deux sur la mer qu'ils pouvaient voir dans toute son ampleur depuis le balcon de leur chambre d'où ils prenaient leur petit-déjeuner.

Quelqu'un frappa à la porte. Ils se regardèrent brièvement et Tom se leva.

- Ca doit être Saki, je vais l'ouvrir. Mange.

Bill souffla avec agacement et tira la langue à son jumeau, puis il porta une tartine à ses lèvres. Tom eut un large sourire et ébouriffa les cheveux de son frère en allant ouvrir la porte, s'attirant un bruit outré mais étouffé de la part du chanteur qui avait la bouche pleine. Bill se retourna promptement pour lui donner une petite tape en représailles mais Tom était déjà trop loin, ouvrant la porte. C'était effectivement Saki. Ils se saluèrent.

- Bonjour, alors tout va bien les jeunes ?

Tom acquiesça, puis il revint sur ses pas, allant se rasseoir. Bill salua à son tour Saki et fusilla son frère du regard, le garde du corps ne manquant pas de le remarquer. Il s'adressa au chanteur, semblant amusé.

- Qu'est-ce qui se passe ?
- Il se passe qu'il cherche à m'engraisser.

Tom secoua la tête, exaspéré.

- Ce n'est pas moi qui ai perdu autant de poids.

Bill haussa le ton.

- Tu en as perdu toi aussi ! Et je ne te harcèle pas pour te faire manger, moi.

Tom écarquilla légèrement les yeux. Il n'avait pas pensé que son frère l'avait remarqué. Il se reprit néanmoins bien vite, défiant du regard Bill qui le fixait toujours avec une certaine provocation. Saki soupira. Il avait parfois l'impression de ne pas être le garde du corps de deux jeunes hommes de 18 ans mais le baby-sitter de deux gamins de 5 ans...

- Vous avez tous les deux du sommeil et des forces à récupérer. Inutile de vous sauter à la gorge. Dites-moi plutôt ce que vous avez prévu pour la journée.

Comme d'habitude, les jumeaux devaient en effet établir un planning, histoire que Saki sache où ils étaient. L'île où ils demeuraient pour les vacances était plutôt tranquille, surtout en journée, mais un minimum de surveillance s'imposait. A nouveau calme et pensif, Bill haussa les épaules.

- J'avais pensé aller faire les boutiques cet après-midi.

Il jeta un coup d'½il vers Tom, attendant une réponse, et Tom acquiesça silencieusement, haussant également les épaules. Tous deux levèrent en même temps leur verre rempli de jus d'orange, continuant à se fixer sans ciller.

Même si les deux frères avaient l'habitude de vaquer séparément à leurs occupations de temps à autre, ils n'avaient pas été capables de se lâcher d'une semelle depuis plusieurs semaines déjà, et ces vacances-là ne faisaient pas exception...

***

Plusieurs heures plus tard, la porte de la chambre d'hôtel s'ouvrait à nouveau. Tom entra en premier, soufflant et se dirigeant directement vers le lit. Il s'y affala sur le dos, tombant comme une masse et secouant la tête contre les draps.

- Je n'en peux plus.

Bill rentra juste après lui. Il déposa de nombreux paquets et poches sur une table. Il avait l'air las mais guilleret. Faire du shopping le mettait toujours de bonne humeur. Il taquina son frère.

- Tooom ! Dégage de mon lit et lève-toi, espèce de gros fainéant. On a encore plein de trucs à faire.

Ses yeux fermés, Tom grogna et roula en boule vers le centre du lit, l'ignorant.

- Ca ne t'a pas dérangé depuis 4 jours qu'on est ici que je squatte ta chambre, et puis je ne ferai plus rien de la journée. Ca m'a éreinté de passer la journée à faire les boutiques pour toi avec une pareille chaleur.

Bill, qui avait fixé en rougissant légèrement Tom à ses premiers mots, s'indigna à ses derniers. Il posa ses mains sur ses hanches.

- Pour moi ? Ce n'est pas moi qui ai acheté 4 nouvelles casquettes et trois robes !

Tom ouvrit deux petits yeux menaçants. Il se redressa sur ses coudes. Son ton se fit offusqué.

- Ce ne sont pas des robes ! Ce sont des T-shirts !

Bill sourit narquoisement, chantant de petits "Tom est une fille, il porte des robes". Il n'en fallut pas plus que pour qu'un Tom bougonnant se lève immédiatement pour tenter d'attraper le chanteur qui s'échappa en gloussant. Courant dans la pièce, Bill continua à chanter tout en riant jusqu'à ce que Tom l'encercle et le tacle, le faisant tomber sur le lit. Tom le coinça, allongé au-dessus de lui à califourchon, et se mit à le chatouiller sans merci, faisant pousser de petits cris aigus à Bill. Un sourire en coin s'étira un peu plus sur le visage de Tom.

- Alors ? Qui est une fille ?

Tom arrêta momentanément ses chatouilles, se penchant vers Bill pour entendre sa réponse. Les rires du chanteur s'estompèrent rapidement. Leurs visages étaient dangereusement proches, lui rappelant ce qu'il s'était passé la veille. Les yeux intenses qui se posèrent sur les siens semblaient eux aussi s'en souvenir, mais Bill pouvait se tromper. Il n'arrivait pas à déterminer ce à quoi son frère pouvait bien penser. Après un moment qui lui parut interminable, Bill rompit le silence, alors que les lèvres de Tom semblaient s'être encore rapprochées. Le chanteur eut un large sourire.

- Tu es une fille, Tomi.

Tom lui pinça le ventre et pesta, arborant néanmoins un sourire aux lèvres. Bill rigola et se contorsionna sous lui pour tenter d'échapper en vain à sa torture jusqu'à ce que Tom se lève soudainement. Il agrippa la main de Bill et le tira vers lui, l'extirpant du lit. Bill cligna des yeux, surpris.

- Tom ?

Ledit Tom se retourna vers lui, l'attirant vers la porte qu'il ouvrit. Il lui sourit.

- Tu veux voir une fille ? On va en trouver.

Avant que Bill ait pu répondre, Tom l'avait entraîné hors de la chambre.

Une longue soirée s'annonçait.

***

Bill porta son verre à ses lèvres. Il venait de commencer à boire, mais à la différence de la veille, il n'avait pas l'intention de se soûler, car son intention était plutôt de contrôler ce qui pourrait se passer ce soir.

Devant Tom et lui, deux jolies jeunes filles, des américaines aux cheveux d'un blond platine, étaient assises à leur table depuis quelques minutes. Elles ne parlaient ni allemand ni ne les connaissaient, et Tom et lui cherchaient à échanger quelques mots avec elles, avec un étonnant succès malgré leur fort accent allemand. Les cours particuliers d'anglais de David commençaient décidément à porter leurs fruits.

Alors qu'ils échangeaient les premières formalités d'usage, Bill sentit le petit regard de côté de Tom. Apparemment, celui-ci ne semblait pas s'être départi de l'idée de mettre une fille dans le lit du chanteur, et du sien. A cette pensée, Bill eut une petite pointe au c½ur, et il se maudit pour ça. Il aurait voulu que Tom l'entraîne hors de ce bar, qu'ils restent seuls tous les deux.

Néanmoins, Bill devait reconnaître que ces filles étaient belles, et plutôt à son goût. A vrai dire, en matière de filles, Tom et lui avaient les mêmes préférences. Reposant son verre, Bill haussa légèrement les sourcils, sortant de sa rêverie, sentant les yeux de son frère et des deux filles sur lui. Elles venaient de lui poser une question, en anglais. Il leur fit répéter, attentif et accroché à leur lèvres pour bien comprendre.

- Quoi ?

Les deux américaines gloussèrent légèrement. Pour l'instant, la conversation s'était limitée à échanger noms et âges. Elles venaient juste de leur expliquer qu'elles étaient s½urs, ayant respectivement 19 et 21 ans. La plus jeune reposa sa question, articulant lentement.

- Qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Vous êtes lycéens ?

Tom rigola dans son verre et lança un regard amusé à Bill qui ne put s'empêcher de sourire. Il secoua la tête, évitant les yeux de Tom pour ne pas exploser de rire. Le chanteur répondit.

- Pas exactement. Nous sommes musiciens.

La plus âgée haussa un sourcil, montrant sans ambiguïté qu'elle était dubitative.

- Vraiment ? Quel genre de musiciens ?

Tom répondit sérieusement, se retenant de rigoler en évitant à son tour le regard rieur de Bill.

- Rock stars.

Les deux s½urs se regardèrent, haussant simultanément les sourcils avant de se mettre à rire aux éclats. Bill gloussa également, s'adressant à Tom en allemand avec un énorme sourire moqueur en coin.

- Pour une fois que tu ne mens pas, on ne te croit même pas. C'est ballot, tu ne trouves pas ?

Tom lui donna un léger coup, pied contre pied sous la table mais sourit de même. Sans comprendre, les deux américaines les observèrent avec surprise puis elles échangèrent un regard amusé face au comportement des jumeaux. L'une d'elles insista.

- Alors ? Lycéens ?

Bill et Tom se regardèrent encore, s'accordant silencieusement, sourire en coin. Tom répondit, s'éclaircissant la voix.

- Oui, en dernière année.

Les deux jeunes filles échangèrent un regard, apparemment satisfaites d'avoir enfin une vraie réponse. La soirée se poursuivit ainsi pendant environ une heure. Ils avaient tous les quatre bu quelques verres mais sans plus quand soudainement, Tom lança anodinement au détour de la conversation la question que Bill avait craint depuis le début.

- Est-ce que ça vous dirait de sortir avec nous ?

Tom avait hésité dans sa phrase, et l'anglais ne semblait pas en être la seule cause. Une des raisons à ça était certainement que malgré les apparences, Tom était plus timide qu'on ne pouvait le penser. Peut-être y avait-il également une autre raison à son hésitation, mais le chanteur n'arrivait pas à déterminer laquelle.

Bill lui lança un petit coup d'½il alarmé, mais Tom semblait éviter son regard. Les yeux de Bill retombèrent donc sur les deux filles, son c½ur s'accélérant légèrement sous le stress. Il se sentit rougir.

Les deux américaines quant à elles s'étaient mises à chuchoter avec enthousiasme à l'oreille l'une de l'autre à propos de quelque chose, gloussant. C'était louche. Bill fronça les sourcils, se crispant d'anticipation.

Finalement, elles se tournèrent vers eux et la plus âgée parla.

- Ok, on accepte, mais à une condition.

Tom et Bill échangèrent à nouveau un regard et Tom demanda, haussant les épaules.

- Laquelle ?

Elles sourirent, et la plus jeune continua.

- Que vous vous embrassiez tous les deux.

Bill et Tom écarquillèrent les yeux. Le verre manqua de s'échapper des mains de Bill et Tom bougea nerveusement sur son siège. Bill bafouilla.

- Qu... quoi ?

Tom déglutit, évitant de regarder Bill. La chaleur envahissait ses joues.

- Pourquoi ?

- Vous êtes trop 'hot' ensemble.


Elles se remirent à glousser, fières et contentes de voir les deux frères rougir. Tom tenta rapidement d'argumenter, leur rappelant que Bill et lui étaient jumeaux, en vain. Il tenta alors de négocier avec un humour gêné un baiser entre les deux filles en contrepartie, ce à quoi elles répondirent en se lançant réciproquement une grimace et en éclatant de rire. Elles restèrent sur leur position, attendant la décision des jumeaux, posant leurs têtes sur leurs mains et les regardant tour à tour.

- C'est pour le fun ! Allez ! Juste un petit bisou.
- Oui, sinon bye bye, 'rock stars'.

Elles gloussèrent une fois de plus, les défiant du regard. Tom soupira et leur sourit nerveusement. Il tourna la tête, osant pour la première fois depuis de longues secondes regarder son frère. Celui-ci semblait être dans un état second, fixant les deux jeunes filles sans les voir. Il paraissait être ailleurs.

- Bill ?

Celui-ci leva finalement les yeux pour rencontrer ceux inquiets et nerveux de Tom. Bill regarda les filles qui l'observaient avec attention, puis autour d'eux dans le bar. Personne ne semblait faire attention à eux et Saki n'était pas là ce soir. Bill se mordit la lèvre inférieure. Il détourna à nouveau son regard pour parler avec hésitation, ses yeux étranges posés sur Tom.

- Tu veux vraiment ?

Tom se contenta d'hausser les épaules, son regard vacillant. Le bruit ambiant autour d'eux sembla s'estomper à ses oreilles. Il avait l'impression d'être seul avec son jumeau. Les filles ayant disparu du décor alors que Bill avait commencé à se pencher vers lui. Il n'entendit pas les deux américaines retenir leur souffle alors que tout son être était concentré sur ces lèvres qui s'approchaient peu à peu, n'étant plus qu'à quelques centimètres des siennes.

- Je ne peux pas, désolé.

La voix avait été douce et sincère, ramenant Tom à la réalité. A la surprise des trois autres, Bill s'était brusquement reculé et levé, bousculant sa chaise. En moins de deux secondes, il était sorti du bar, tête baissée.

Les deux filles restèrent hébétées. Sans leur accorder un regard, après quelques secondes passées dans le coton, Tom s'était levé pour partir à la poursuite de son frère.

Une fois sorti du bar, il le vit, marchant à vive allure plusieurs dizaines de mètres déjà devant lui. Tom se mit à courir au pas de course pour le rattraper, criant son nom. Mais Bill l'ignora, se mettant lui-même à courir. Tom jura.

Il vit Bill rentrer dans l'hôtel, traverser le hall et entrer dans l'ascenseur, tapant sur un numéro d'étage avant de croiser les bras. Passant la porte d'entrée, Tom accéléra sa foulée sur le sol lustré glissant. Bill écarquilla les yeux en le voyant se précipiter vers lui. Il paniqua un peu. Les portes se refermaient.

- Tom ! Fais attention !

Ledit Tom n'en fit qu'à sa tête et Bill poussa un cri lorsque Tom se faufila entre les portes de l'ascenseur et que celles-ci se refermèrent entièrement, coinçant le T-shirt de celui-ci. Attrapé, le dos de Tom vint cogner en arrière contre elles alors que l'ascenseur démarrait déjà. Il poussa un petit 'ouch' en tombant en avant, rattrapé de justesse par les bras de Bill. Celui-ci était complètement affolé.

- Tom ! Ca va ?
- Oui, attends.

Tom se redressa légèrement, s'agrippant à Bill, et il tourna la tête vers les portes où son T-shirt était toujours coincé. Il tira dessus. La première fois, ce fut sans résultat. La seconde fois, il parvint à se dégager mais l'ascenseur après avoir fortement tremblé s'arrêta brusquement, les faisant tomber tous deux à terre dans un cri de surprise, toujours dans les bras l'un de l'autre.

L'ascenseur immobilisé, les deux frères relevèrent doucement la tête, observant les quatre murs autour d'eux, puis leurs yeux se fixèrent sur ceux de l'autre. Ils restèrent un moment sans rien dire, puis Bill murmura avec colère.

- J'ai un idiot de frère.

Avant que Tom n'ait pu répondre, Bill lui secoua les épaules, haussant la voix alors que ses yeux mouillés le fixaient.

- Tu aurais pu te faire très mal ! Qu'est-ce qui t'a pris ?

Tom soupira. Bill avait le don de tout exagérer. Il allait le rassurer quand soudainement, sans autre raison apparente, le chanteur se mit à pleurer, craquant nerveusement. Tom entoura immédiatement ses épaules de ses bras, sans rien dire, Bill s'agrippant à lui, et les sanglots de celui-ci s'estompèrent au bout de quelques secondes. Ils restèrent néanmoins accroché l'un à l'autre sans rien dire pendant un instant, Tom caressant d'une main les cheveux de Bill.

- J'y peux rien, ma 'robe' s'est accrochée.

Bill eut un timide éclat de rire et Tom recula légèrement, déposant un bisou juste sous l'½il du chanteur, où celui-ci avait versé une larme. Tom commença à se relever, tirant d'une main Bill vers le haut, l'invitant à faire de même.

Tom chercha des yeux l'interphone et appuya dessus, signalant au garde de nuit de l'hôtel qu'ils étaient enfermés dans l'ascenseur. Aux dires du garde, ce dernier s'était sans nul doute arrêté par sécurité. Tom se tourna ensuite vers Bill. Le chanteur était à présent appuyé sur une des parois de l'ascenseur, face à lui. Tom soupira.

- Tu m'en veux pour ce qui s'est passé au bar?

Bill croisa les bras, détournant la tête. Il hésita.

- Non, pas vraiment.
- Alors pourquoi tu es parti comme ça ?

Bill hésita encore. Il était à présent redevenu calme. Il esquissa un sourire.

- J'imagine que je ne voulais pas sortir avec l'une d'elles.

Tom émit un petit rire gêné et baissa la tête. Il porta avec nervosité une main à sa nuque, la grattant machinalement. Le guitariste bégaya presque.

- Dis plutôt que tu ne voulais pas m'embrasser.
- Je ne le voulais pas, non.

Tom leva rapidement les yeux vers Bill. Sa gorge s'était inexplicablement serrée à ces mots.

Les yeux de Bill se fixèrent sur lui, semblant étudier sa réaction, et quelques secondes interminables passèrent. Soudainement Bill s'avança vers lui et le plaqua sur le dos contre une des parois de l'ascenseur.

Avant que Tom ait pu réaliser quoi que ce soit, de douces lèvres au goût de sel s'étaient abattues sur les siennes. Un baiser intense, brusque et maladroit sous la précipitation s'engagea, jusqu'à ce que Tom repousse fermement Bill d'une main sur le torse de celui-ci. Le chanteur porta une main à sa bouche, tremblant. Il semblait à peine réaliser ce qu'il venait de faire. Bill lança un regard embarrassé à son frère et il parla en bégayant.

- Je... suis désolé.
- Ne le sois pas.

Tom avait murmuré ses mots. Il se rapprocha en un pas, et une de ses mains glissa sur la nuque de Bill, l'attirant doucement contre lui alors que l'autre baissait la main que Bill tenait toujours devant sa bouche. Tom parla encore plus bas.

- Juste... plus doucement.

Leurs yeux se rencontrèrent un court instant, Tom confirmant de son regard qu'il était sérieux à son jumeau incertain, avant de se refermer. Leurs lèvres se frôlèrent à nouveau et le baiser reprit, plus tendre. Ce fut au tour de Tom de faire reculer Bill, l'acculant dans un coin. Il sentit Bill se crisper légèrement avant de se détendre alors que leurs corps se collaient de plus en plus.

Après s'être goûtées un bon moment, leurs lèvres se séparèrent, les laissant haletants. Toujours enlacés, leurs regards s'ouvrirent l'un sur l'autre et ils posèrent en même temps leur front sur celui de l'autre, restant immobiles pendant un moment. Puis Bill recula de quelques centimètres. Ils étaient seuls, mais le chanteur murmura, secouant nerveusement la tête.

- On ne devrait pas. On n'aurait jamais dû.

Tom l'ignora, se rapprochant à peine de manière à poser sa joue contre la sienne.

- Depuis quand ?

Bill haussa les épaules. Il eut un petit rire amer.

- Je ne sais pas. On a toujours été trop proches, pas vrai ?

Tom recula pour être face à face avec lui, attendant avec inquiétude qu'il continue. La voix de Bill recommençait à se teinter de larmes, murmurant avec une angoisse croissante.

- Deux frères ne devraient pas se comporter ainsi. Je ne devrais pas avoir les pensées que j'ai. Je ne devrais pas en vouloir plus. Parce que c'est ça le pire, Tom. J'en veux plus.

Bill posa ses mains sur son visage cachant ses yeux desquels coulaient des larmes silencieuses. Il ne pouvait mentir à Tom. Ces mots le rongeaient depuis longtemps, et malgré le fait qu'il sache très bien que son secret était de l'ordre de l'indicible, il avait toujours su qu'il le dirait tôt ou tard à son jumeau. Bill se mit à trembler violemment, et il glissa à terre, ses coudes reposant sur ses genoux et ses mains cachant ses yeux. Il n'osait plus regarder son frère. Sa voix était vibrante de désespoir et suppliante, éclatant pour de bon en sanglots déchirants.

- Tom, ne me hais pas, s'il te plaît.

Tom s'assit doucement à côté. Il avait regardé avec des yeux écarquillés la confession de son frère. Il l'observa tout en caressant tendrement d'une main un de ses avant-bras. Il se pencha vers Bill jusqu'à frotter son nez et sa joue sur celle de Bill, frôlant les doigts qui cachaient son visage. Il s'y cala et murmura contre sa peau, avec douceur.

- Te haïr ?

Tom sentit Bill se contracter. Il caressa encore plus tendrement son avant-bras ainsi que sa joue avant de continuer, encore plus bas.

- Comment je le pourrais alors que j'ai les mêmes pensées ?

Un instant de silence passa. Bill sembla surpris, des larmes coulaient encore à travers ses doigts.

- Tu mens.

A ces mots, Tom fronça les sourcils et écarta doucement mais impatiemment les mains de Bill qui cachaient le visage de celui-ci. Il encadra de ses propres mains la mâchoire de Bill et ils les mirent nez à nez. Leurs yeux se rencontrèrent et les deux jeunes hommes furent frappés de ce qu'ils y lurent. Tom resta sans voix pendant un moment, ses doigts caressant les joues Bill, puis il se lança.

- Je ne comprends pas bien moi-même pourquoi, mais j'ai envie de toi, parfois. J'ai envie de t'embrasser, de te toucher, et ça me fait peur, parce que je sais que tu es mon frère.

Sa voix baissa.

- Mais je sais aussi que tu es plus que ça pour moi. Tu es mon tout, Bill. Tu es mon âme s½ur.

Le silence retomba alors qu'ils continuaient à se fixer. Puis lentement, Bill commença à pencher sa tête, et Tom fit de même, jusqu'à ce que leurs lèvres soient à nouveau en contact. Tom laissa sa langue effleurer celles de Bill. Elles avaient un goût de sel, bien que cette fois-ci, ce n'était pas à cause de l'air marin mais de ses larmes.

Néanmoins, l'angoisse précédente avait fait place à autre chose, de rassurant et serein, et même si une certaine gêne était encore là, c'est avec infiniment plus d'assurance que leur baiser s'engagea, leurs dents capturant doucement leurs lèvres et leurs langues s'insinuant langoureusement dans la bouche de l'autre, leur baiser ne s'interrompant que de temps en temps pour venir embrasser de petits bisous le visage de l'autre.

Leurs mains avaient elles aussi commencé à explorer de douces caresses ce corps que chacun d'eux connaissaient si bien pour l'avoir si souvent innocemment touché et étreint. Ils étaient à présent enlacés et Bill avait glissé une main sur la nuque de Tom, approfondissant le baiser et déséquilibrant presque Tom qui s'affala à moitié sur lui.

Les deux frères perdirent ainsi la notion du temps, se laissant guider par le rythme de leurs souffles et de leurs c½urs.

Finalement, l'ascenseur se remit en route, se mettant à monter. Ils sursautèrent tous deux et se séparant, ils se levèrent, regardant autour d'eux. L'ascenseur s'arrêta de nouveau, amenant une autre espèce de papillons que ceux qui étaient précédemment dans leurs ventres et Bill agrippa l'avant-bras de Tom. La porte s'ouvrit, le garde de nuit de l'hôtel, Saki et ce qui semblait être un technicien apparaissant face à eux. Bill lâcha discrètement Tom, rougissant. Le veilleur de nuit parla.

- Ah ! Vous allez bien ? Je vous prie d'accepter toutes nos excuses. J'ai immédiatement prévenu votre garde du corps que vous étiez coincés dans l'ascenseur. Nous sommes vraiment confus, ça a dû être long !

Bill et Tom échangèrent un regard, restant silencieux. Ils étaient tous les deux embarrassés, mais Bill en particulier était rouge comme une tomate. Saki s'étonna.

- Ca ne va pas ?

Bill sortit en bredouillant de l'ascenseur, remerciant rapidement le garde de nuit et le technicien avant de rajouter en guise d'explication.

- Je suis un peu claustrophobe.

Sans rien dire de plus, il se dirigea vers sa chambre. Tom remercia de même et le suivit, cachant un sourire amusé alors qu'il tournait le dos aux trois autres personnes. Saki cligna des yeux, surpris. Lorsqu'il vit Tom entrer dans la chambre de son frère, comme les soirs précédents, il se murmura à lui-même.

- Claustro ? Depuis quand ?

A suivre...

# Posté le lundi 21 janvier 2008 09:03

Modifié le dimanche 10 août 2008 22:02

Menteur - chapitre 3

Menteur - chapitre 3
Menteur

Chapitre 3


Bill ouvrit les yeux alors qu'un vent chaud caressait sa peau, le piquant effrontément de milliers de fins grains de sable. La chaleur sur son corps était agréable, lui donnant une irrépressible envie de s'endormir.

Cependant, la vue qui s'offrait à lui le réchauffait encore plus intérieurement et le maintenait éveillé, comme s'il craignait de la voir disparaître en dérivant vers le pays du sommeil.

Face à lui, Tom bronzait, allongé sur le ventre, ses paupières fermées et son visage tourné vers Bill. Sa main, posée sur le sable entre leurs deux serviettes de plage, était relaxée. Autour d'eux, il y avait le bruit des vagues s'écrasant à quelques mètres de là et les rires et les conversations animées des touristes, se dorant au soleil ou jouant, s'ébattant dans l'eau ou se pavanant dans de courts maillots de bain.

Respirant profondément l'air salé, Bill observa son double pensivement, et rapprocha lentement sa propre main de la sienne, la faisant glisser sur le sable en créant de petites vagues, bousculant sans ménagement les petits grains. Il s'arrêta à quelques millimètres, son esprit s'aventurant plusieurs jours auparavant alors qu'il fixait toujours Tom qui semblait si paisible. Il sourit.

Il pouvait se remémorer en détail tout ce qui s'était passé depuis un peu plus d'une semaine de cela, et ce seul fait le rendait inexplicablement heureux. Il pouvait notamment se rappeler ce qui s'était passé dans l'ascenseur de l'hôtel, et il ne pouvait s'empêcher de sourire bêtement en y repensant.

Il ne se sentait même pas désappointé par le fait que rien d'autre ne se soit passé entre Tom et lui depuis, et à vrai dire, devait-il vraiment le souhaiter ? Car, malgré le fait que Tom avait compris ce qu'il ressentait et qu'il avait le même genre de sentiments, ils restaient frères. C'est certainement pour cela qu'après avoir passé la porte de leur chambre, une fois qu'ils furent sortis de l'ascenseur, rien de plus ne s'était passé.

En effet, après un instant d'embarras, les deux garçons avaient éclaté de rire et s'étaient calmement préparés à se coucher, bien que légèrement tendus.... et le reste de la soirée et de la nuit, allongés sur le lit, ils avaient parlé jusqu'à n'en plus finir, les yeux dans les yeux, se racontant mille choses qu'ils n'avaient jamais osé se dire, se caressant les bras, les mains, le visage et les cheveux du bout des doigts. Ainsi la tension avait temporairement disparue, jusqu'à se qu'ils s'endorment dans les bras l'un de l'autre.

Et depuis, Bill devait avouer qu'il se sentait sur un petit nuage de douce euphorie. Il lui semblait que c'était la première fois qu'il se sentait aussi proche de son frère, autant physiquement que mentalement.

Tom et lui n'avaient cessé de se toucher, de s'effleurer, de s'observer réciproquement, se fixant d'une intensité dénuée du plus petit barrage, sans même éprouver la moindre gêne. Bill savait pourtant ce que cela signifiait. Tom et lui flirtaient, indéniablement.

Mais étonnamment, cela ne semblait pas vraiment préoccuper Tom. Lui qui était habituellement plutôt assez distant en public semblait s'être un peu désinhibé. Peut-être était-ce du fait qu'ils soient en terre inconnue, loin de l'½il inquisiteur des médias.

Néanmoins, Bill devait avouer qu'ils restaient tous deux prudents, par habitude. Il savait que les paparazzi n'étaient jamais aussi loin qu'ils avaient tendance à le croire.

Or, comment pourrait-il expliquer, si un cliché venait à être pris, ces caresses errantes sur un bras ou sur le dos de l'autre, un baiser s'attardant dans son cou ou une étreinte un peu trop longue ?

De plus, Bill avait conscience qu'une certaine tension, grisante et dangereuse, était toujours là, entre eux. Un détail ne trompait pas. Ils n'avaient plus pris l'ascenseur ensemble, depuis ce fameux soir, lui préférant les escaliers.

Les pensées de Bill dérivèrent un peu plus dans ses rêveries, se demandant jusqu'où cette tension allait monter et comment il serait possible de la faire disparaître pour de bon. Mais un raclement de gorge impatient l'extirpa de ses songes éveillés. Ses yeux se focalisèrent sur Tom qui cherchait son regard.

- Mh ?

- Je... peux savoir ce que tu fais ?

Bill cligna innocemment des yeux puis les baissa pour les poser sur ses propres mains. Celles-ci avaient inconsciemment commencé à enterrer la main de Tom, puis son avant-bras, allant toujours plus haut, atteignant presque son épaule.

Bill étouffa un petit rire gêné mais il continua son ½uvre consciencieusement, prenant une poignée de sable et la déversant, tel un sablier s'écoulant d'un rythme régulier, le long du dos de Tom. Il renouvela l'opération. Leurs yeux ne s'étaient pas quittés, le sourire ne faisant que grandir sur leurs visages.

Finalement, tout le sable s'échappa de la main de Bill et avant de se reposer sur le sable, le revers de ses doigts effleura les cotes de Tom, sentant ce dernier frémir. Bill se demanda brièvement quelle saveur pouvait avoir sa peau. Certainement un goût de sel et de soleil.

Tom bougea légèrement, déterrant sa main et se débarrassant du sable dans son dos, sous le grognement déçu de Bill. Il se mit à insinuer ses doigts dans le sable, enfonçant sa main dans celui-ci.

- C'est notre avant-dernier jour ici.

Bill soupira dramatiquement.

- C'est pas plus mal tu sais, les ronflements de Gustav et les odeurs autour de Georg commencent à me manquer...

- Dis plutôt que c'est ta trousse de maquillage et ton micro qui te manquent.

Tom gloussa et Bill s'offusqua, lui jetant un peu de sable dessus. Tom s'esclaffa de rire, et Bill lui tira la langue, avant de sourire légèrement. Se calmant, ils s'observèrent avec douceur, et Bill murmura timidement.

- Ce qui va vraiment me manquer, c'est de ne plus être ici.

Ils marquèrent un temps de silence, s'étudiant réciproquement. Restant neutre, Tom demanda.

- Pourquoi ?

Bill haussa les épaules, se voulant nonchalant.

- Parce que.

Les yeux de Tom brillèrent, et Bill sut qu'il avait compris ce qu'il n'avait pas voulu dire quand des doigts émergeant du sable effleurèrent tendrement les siens.

Les paupières de Bill se refermaient doucement à la légère caresse quand quelque chose lui fit ouvrir les yeux et retirer immédiatement sa main, surprenant Tom. Ce dernier se retourna pour regarder derrière lui ce qui avait attiré l'½il de son jumeau.

Marchant avec hésitation vers eux, les deux américaines venaient à leur rencontre. Ils ne les avaient pas vues depuis l'épisode du bar. Arrivées devant les deux jeunes hommes, elles sourirent un peu. La plus âgée entama la conversation.

- Salut les 'musiciens'. On peut se joindre à vous ?

Bill et Tom échangèrent un regard, ne sachant quoi dire. Les deux filles étaient nerveuses. La plus jeune continua, parlant plus rapidement.

- Ok, désolées pour la dernière fois. On n'a pas été sympas avec vous. Mais c'est notre dernier jour ici, et on aimerait bien le passer avec vous.

Elles firent une petite moue. Elles semblaient sincères. Et à vrai dire, les jumeaux ne voyaient pas grand-chose à leur reprocher. La raison pour laquelle Bill était parti n'avait rien à voir avec elles. Bill soupira intérieurement. Elles étaient gentilles, mais...

Tom coupa ses pensées.

- Pas de problème.

Bill le regarda avec étonnement et il se pinça inconsciemment les lèvres, sans rien dire néanmoins.

Les deux jeunes filles sourirent, retrouvant la bonne humeur de leur première rencontre et Tom et Bill se levèrent.

Les heures suivantes, ils enchaînèrent quelques parties de badminton, poursuites rieuses sur la plage et passages dans l'eau. Tom en profita même pour balancer tour à tour son frère et les deux jeunes filles dans la flotte, et malgré le fait que Bill rie lui aussi aux éclats, il n'avait pu s'empêcher de ressentir une petite pointe de jalousie à chaque fois qu'il avait vu Tom les prendre dans ses bras.

Cependant, Bill avait été secrètement fier et soulagé de voir Tom rappliquer systématiquement autour de lui quand l'une d'elles venait s'accrocher au chanteur. Il n'y avait pas de doute, vu comment Tom regardait avec insistance leurs moindres faits et gestes, que celui-ci était également jaloux.

Nul doute aussi vu les regards appuyés et interrogateurs que les deux frères échangeaient que les deux étaient bien conscients du jeu silencieux auquel ils se livraient.

Plusieurs heures plus tard, alors qu'ils sortaient de l'eau, les deux jeunes filles marchant une dizaine de mètres devant eux, un étrange silence s'installa entre les deux frères. Souriant légèrement, Tom murmura, ses yeux rivés d'un air songeur devant eux, semblant fixé sur les deux américaines.

- Ce soir ?

Bill suivit son regard avant de les reposer sur Tom. Son c½ur se serra. Selon toute vraisemblance, Tom ne s'était pas départi de son idée première de coucher avec l'une de ces filles et de pousser son frère à faire de même. Bill sourit néanmoins, faisant comme si de rien n'était.

- Ce soir.

Souriant un peu plus, Tom tourna la tête vers lui, amusé.

- Cap' ?

Bill détourna la tête en rougissant, gêné par ces yeux qui le dévisageaient si habilement. Il répondit avec mauvaise humeur, accélérant sa marche.

- Bien sûr, capable. Je bande sans problème, tu sais.

Tom gloussa, mais il redevint vite sérieux. Il rattrapa Bill par le bras, ses doigts se refermant vers l'intérieur de son coude. Bill ferma les yeux et ralentit sa marche, se laissant toucher. Ce geste avait toujours eu le don de le calmer. Tom se rapprocha de lui, murmurant près de son oreille.

- Je veux juste savoir si tu le veux vraiment.

Bill réfléchit quelques secondes, puis répondit d'une petite voix, avec un peu d'embarras et haussant les épaules pour se donner une contenance.

- Je me sens prêt.

Tom sourit avec douceur, regardant son frère qui évitait toujours son regard. Ses doigts se refermèrent un peu plus sur le bras de Bill.

Ils quittèrent la plage, marchant pieds nus dans le sable et tournant le dos au soleil couchant.

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Il y avait pas mal de monde ce soir au bar. Cela faisait un petit moment que les jumeaux étaient là, assis dans un coin calme près du comptoir où le barman essuyait ses verres. Après avoir pris une bonne douche à l'hôtel, se débarrassant du sable de la journée, les jeunes hommes avaient retrouvé les deux américaines et dîné avec elles, pour ensuite continuer la soirée au bar, à boire quelques bières.

Et Bill devait avouer qu'il passait un bon moment. Les deux jeunes filles étaient décidément sympathiques, même si un peu pestes, et s'avéraient en connaître un rayon en matière de musique.

Cela faisait d'ailleurs plus d'une heure qu'ils étaient en train de parler de différents groupes, de guitares (au grand dam de Bill...), de dreadlocks et de chanteurs, jaugeant les divers niveaux de chacun... jusqu'à ce que la conversation revienne sur les guitares.

Bill leva légèrement les yeux au ciel, amusé mais aussi un peu agacé par l'enthousiasme de Tom. Il balança son verre de droite à gauche, admirant son fond presque vide. Tom cherchait certainement à impressionner ces filles.

- Je joue très bien, même extrêmement bien.

Tom sourit. Les deux jeunes filles haussèrent les sourcils. Bien évidemment, elles ne les croyaient toujours pas, non pas qu'ils aient cherché à les convaincre une nouvelle fois. L'anonymat avait du bon. La plus jeune se pencha sur la table, défiant Tom.

- Prouve-le !

Tom haussa les épaules.

- Je n'ai pas de guitare. Mais Bill pourrait chanter.

Bill tourna vivement la tête vers lui, fronçant les sourcils. Sa voix boudeuse se fit un tantinet menaçante. Il parla en allemand.

- Je suis en 'vacances'. Débrouille-toi tout seul.

- Rabat-joie.

Bill lui tira la langue, mais sourit néanmoins face au regard lumineux de Tom qui semblait amusé par la situation plutôt cocasse. Les deux filles suivirent avec intérêt l'échange mais clignèrent des yeux, ne comprenant pas un traître mot. C'est à ce moment-là que le tenant du bar s'approcha d'eux et les fit sursauter tous les quatre, tendant une guitare acoustique à Tom.

Ce dernier leva la tête avec surprise, comme les trois autres, vers l'homme souriant. Celui-ci s'expliqua.

- Il vous fallait une guitare, non ? Je ne suis pas contre un peu d'animation... si vous savez réellement en jouer.

Tom sourit. C'était parfait. Il la prit en main et le gérant s'éloigna, retournant derrière le comptoir nettoyer ses verres.

Tom se tourna vers Bill. Il lui fit des yeux de cocker.

- S'il te plaît...

Bill l'observa un peu, semblant hésiter, puis il grogna, abandonnant.

- Ok, tu as gagné. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?

Tom se retourna vers les deux filles.

- Ok, Bill va chanter aussi. Ca vous va si c'est en allemand ?

Elles acquiescèrent, montrant que ça leur était égal, puis elles gloussèrent, attendant sceptiquement la suite. Bill s'impatienta alors que Tom grattait doucement les cordes, ajustant leur accordement. Il croisa les bras sur la table.

- Alors ? Quelle chanson ?

Tom tourna la tête vers lui, plantant soudainement ses yeux dans les siens, son regard intense.

- In die Nacht.

Bill s'immobilisa pendant quelques secondes, puis il murmura un 'ok'.

Il y a un peu plus d'une semaine, lors de leur longue conversation nocturne qui avait suivi leur blocage dans l'ascenseur, ils avaient tous deux évoqué parmi d'autres choses cette chanson, révélant pour la première fois à l'autre la signification cachée qu'ils lui avaient attribuée en secret, ce qu'elle évoquait vraiment pour eux.

Ce qu'ils ne pouvaient faire. Ce pour quoi ils évitaient de se retrouver seuls dans cet ascenseur. Pour ne pas se rappeler que ça leur était interdit.

Tom avait commencé à jouer les premières notes et Bill avait les yeux rivés sur lui. Le bar qui était rempli de plusieurs dizaines de personnes devint soudainement plus silencieux, regardant avec étonnement dans leur direction et attendant la suite. Les deux jeunes filles rougirent légèrement face à l'attention dont faisait à présent l'objet leur table. Mais Bill et Tom eux s'en foutaient. Le regard de Bill était fixé sur Tom, lequel semblait uniquement concentré sur la guitare.

Bill commença enfin à chanter et le silence envahit enfin la salle, ne laissant résonner que les douces notes des cordes, s'accordant parfaitement avec la douce interprétation du brun.

Chaque mot vibrait, et si les clients du bar ne comprenaient pas l'allemand, ils étaient néanmoins sous le charme. Quant à Tom, lui tremblait, ressentant l'intention que Bill cherchait à faire passer dans sa voix, et que lui seul pouvait comprendre.

La chanson prit fin, et ce fut immédiatement de longs applaudissements enthousiastes qui retentirent dans la pièce.

Sortant de sa transe, Bill sourit et leur jeta un petit coup d'½il, hochant discrètement la tête pour les remercier. Mais quand ses yeux se reposèrent sur Tom qui pour la première fois depuis le début de la chanson levait enfin le regard vers lui, Bill se paralysa. Il se sentit rougir et il détourna le regard sur les clients qui entonnaient de réguliers 'encore'.

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Les quatre jeunes gens marchaient le long du chemin de couleur blanche entouré de sable. Ils venaient de sortir du bar. Les jeunes filles parlaient avec entrain et curiosité de leur prestation. Bill et Tom avaient en effet poursuivi avec deux autres chansons au vu des encouragements des clients du bar.

- Vous avez dit que c'était des chansons de quel groupe ?

Bill prit une légère inspiration, marquant un temps d'arrêt pour se retenir de sourire.

- Tokio Hotel.

- Ils devraient venir aux Etats-Unis, je suis sûre qu'ils auraient beaucoup de succès chez nous. Ils sont vraiment célèbres en Allemagne ?

Tom intervint, parlant avec un petit sourire fier.

- Ils sont connus dans toute l'Europe.

Tournant ses yeux vers Tom, Bill lui donna un petit coup de coude dans les côtes, haussant de façon infime les sourcils.

- Peut-être pas dans 'toute' l'Europe quand même.

Tom se contenta de rire doucement face à la réserve de Bill. Elles insistèrent.

- Ils sont si bons que ça ?


Bill haussa les sourcils, ne sachant pas trop comment répondre. Tom s'en chargea à sa place.

- Oui, enfin surtout le guitariste. Le chanteur lui est bizarre. Le genre à se peinturlurer de maquillage et à se coiffer comme un hérisson...

Cette fois-ci, Bill n'osa pas lui redonner un coup de coude, mais Tom eut beaucoup de mal à se retenir d'exploser de rire face au regard noir insistant que son frère lui lançait. Une des filles demanda nonchalamment.

- Il est gay ?

Bill se retourna vivement vers elle, soudainement légèrement décontenancé et bégayant. Il rougit.

- Non, bien sûr que non !

Les jeunes filles se contentèrent de murmurer un 'ah bon' peu convaincu... Cette fois-ci, Tom manqua vraiment d'éclater de rire et Bill le fusilla à nouveau du regard.

A ce moment-là, la plus jeune des filles qui marchait à côté du chanteur caressa d'un doigt son avant-bras, le faisant glisser sur son tatouage.

- Il est beau.

Les joues de Bill prirent pour de bon une teinte cramoisie et il murmura un 'merci' d'une petite voix, souriant à la jeune fille. Puis soudainement un peu plus confiant, il désigna ses autres tatouages, commençant par celui sur sa nuque.

- J'en ai un ici, et un autre là...


Il leva légèrement son T-shirt et abaissa un peu son short, laissant entrevoir son étoile. La jeune fille eut une exclamation admirative et fit un geste pour la caresser du bout de son index.

Alors qu'elle s'en rapprochait dangereusement, un éclaircissement sonore de gorge la coupa dans son élan. Bill regarda avec étonnement son frère qui en était l'auteur, mais celui-ci regardait ailleurs. Bill sourit.

Le petit groupe s'arrêta. Il se retrouvait face à un embranchement du chemin, dont l'une menait à l'hôtel des jumeaux alors que l'autre allait vers le centre de village touristique. Tom hésita.

- Je... crois que je vais rentrer à l'hôtel.

Les deux jeunes filles parurent surprises. La plus âgée parla avec hésitation.

- Vous ne voulez pas venir prendre un verre à notre appart ?

Tom ne tourna que très brièvement son regard vers Bill, comme s'il évitait les yeux interrogateurs de celui-ci.

- Je ne sais pas pour Bill, mais moi je n'en peux plus, je suis vanné.

Les deux jeunes filles se tournèrent alors vers Bill. Ce dernier ouvrit la bouche, aucun son n'en sortant pendant plusieurs secondes alors qu'il tournait successivement sa tête de son frère aux filles. Il ne comprenait pas. Est-ce que Tom n'avait pas voulu dès le début aller chez elles ?

Finalement, ses yeux se fixèrent sur Tom. C'était étrange, mais quelque chose lui disait que celui-ci semblait espérer une réponse en particulier. De toute façon, à présent que Tom ne voulait plus aller chez ces filles, Bill ne ressentait plus le besoin de lui prouver quoi que ce soit. Il ne savait pas s'il aurait pu le faire au final, d'ailleurs. Même si elles étaient très jolies, aucune de ces deux filles ne lui plaisaient au point de vouloir lui faire franchir le pas. Il se décida.

- Je vais rentrer avec lui.

Elles semblèrent déçues, mais Tom au contraire, que Bill observait du coin de l'½il, avait l'air étonnamment soulagé.

Ils discutèrent encore un peu tous les quatre et se séparèrent, après quelques embrassades et des recommandations d'usage, les filles les poussant même à continuer à faire de la musique et leur assurant qu'ils seraient célèbres un jour.

Alors qu'elles s'éloignaient, les jumeaux entendirent les jeunes filles murmurer un 'dommage, ils étaient mignons'. Néanmoins, ni Bill ni Tom ne sourirent à ces mots quand leurs regards se rencontrèrent.

Ils s'engagèrent dans l'autre direction, se dirigeant vers leur hôtel. Ils restèrent silencieux pendant un moment. Pourtant, Bill brûlait d'envie de lui demander pourquoi. N'était-ce pas Tom qui avait dit 'ce soir' ? Il allait ouvrir la bouche quand Tom le devança.

- Bill, s'il ne te restait qu'un jour à vivre, qu'est-ce que tu ferais ?

Bill cligna des yeux. De toutes les questions auxquelles il s'était attendu, il n'aurait jamais cru s'entendre poser celle-ci.

- Pourquoi ?

Tom haussa lentement les épaules.

- Juste, comme ça, pour savoir.

Bill le regarda un peu, puis il baissa la tête, réfléchissant.

- Je ne sais pas. Je crois que je voudrais être avec toi, tout simplement.

Tom sourit légèrement. Un moment de silence passa à nouveau, puis il eut un rire étouffé, un peu moqueur mais avec une pointe d'agacement.

- Pourquoi est-ce que les tatouages les attirent comme des mouches ?

Bill cligna des yeux, surpris, puis il comprit. Bill sourit en coin.

- Jaloux ?

Tom émit un 'pfff' et secoua la tête, comme s'il s'agissait de l'idée la plus idiote du monde. Il n'était néanmoins pas crédible pour un sou. Bill sourit un peu plus. Il se planta devant lui, marchant en arrière, et son regard se plissa un peu, joueur. Ses cheveux bruns à moitié lissés ondulaient légèrement sur ses épaules.

- Tu auras beau dire, un tatouage, c'est sexy.

Bill crut déceler une légère teinte rosie sur les joues de Tom quand les yeux de celui-ci s'attardèrent vers sa hanche à présent recouverte, mais l'obscurité lui jouait peut-être des tours.

- Peut-être, mais ça ne partira pas. Tu le regretteras un jour.

Le regard de Bill s'assombrit légèrement à ces mots, et il murmura.

- Je ne regretterai jamais rien. Je sais ce que je veux, et je fais ce que je veux. Donc je ne peux pas faire d'erreur...

Il se remit à marcher à côté de Tom, suivi du regard par celui-ci. Tom l'étudia avant de murmurer.

- Il y a des choses qu'on veut, qu'on fait et qu'on finit par regretter pourtant.

Bill leva les yeux vers lui. Il n'était plus très sûr de savoir si Tom parlait toujours de tatouages ou bien d'autre chose. Il agrippa son bras et se pencha pour murmurer à son oreille.

- Tant que tu seras avec moi, je ne vois pas ce que je pourrai regretter, même dans 80 ans.

Bill lui sourit et après un temps de réflexion, alors qu'il l'observait pensivement, Tom fit de même. Ils continuèrent à marcher en tandem jusqu'à l'hôtel et traversèrent le hall désert, Bill toujours accroché au bras de son frère.

Arrivés en bas des étages, ils s'arrêtèrent automatiquement devant l'ascenseur, le regardant en silence pendant quelques secondes, plongés dans leurs rêveries, puis Bill tira sur le bras de Tom.

- Escaliers...

Tom ne bougea pas d'un pouce, surprenant Bill. Il lui adressa une question silencieuse à laquelle Tom répondit en haussant les épaules.

- Ce n'est qu'un ascenseur.

Sur ces mots, il l'entraîna à l'intérieur et appuya sur leur numéro d'étage. Les portes se refermèrent et l'ascenseur commença à monter.

Adossés au mur, Tom et Bill se tenaient côte à côte, le bras de Bill agrippant toujours celui de Tom, avec même plus de force, comme s'il craignait de le voir lui échapper. L'atmosphère était étrange, comme si cette tension toujours croissante avait finalement atteint son maximum, et quand ils sortirent de l'ascenseur, Bill lâchant enfin son frère alors qu'ils rentraient dans la chambre de Bill, le chanteur se demanda s'il parviendrait à chasser les papillons qu'il pouvait encore sentir dans son ventre.

Cette atmosphère tendue semblait être un environnement parfait pour eux.

A suivre...

# Posté le lundi 21 janvier 2008 09:11

Modifié le vendredi 08 août 2008 10:30

Menteur - chapitre 4

Menteur - chapitre 4
Menteur

Chapitre 4


Sans rien dire, Tom entra directement dans la salle de bains, enlevant sa casquette, et peu après Bill entendit de l'eau couler, certainement pour un bain. Bill s'étala sur le lit et se mit à fixer le plafond. Il venait de passer une soirée étrange.

Tom ressortit de la salle de bains et il se dirigea vers le minibar dans lequel ils avaient mis des glaces. Il s'agenouilla et l'ouvrit.

- Fraise ou chocolat ?

- Fraise.

Tom se releva et s'avança vers le lit, une glace de chaque parfum dans une main. Bill se redressa, prenant la glace que Tom lui tendit avant de s'asseoir à côté de lui. Ils les déballèrent et les entamèrent, le chocolat craquant sous leurs dents laissant place à l'intérieur au parfum que chacun avait choisi. Un moment passa en silence, jusqu'à que Bill pose la question qui le perturbait depuis de longues minutes déjà.

- Pourquoi tu t'es défilé ?

Tom parut surpris.

- Comment ça ?

- Ce soir. Je pensais que tu voulais qu'on... tu sais... avec elles...

Bill rougit malgré lui et se tut. Pour se donner une contenance, il croqua à nouveau dans sa glace, mordant entre ses dents un grand éclat de chocolat aux noisettes qui manqua de lui échapper, rattrapé par le bout d'un de ses doigts. Comme Tom l'observait, Bill émit un petit rire étouffé alors que le chocolat fondait déjà contre son palais.

Ses yeux s'écarquillèrent quand le pouce de Tom vint soudainement essuyer un peu de glace au recoin de ses lèvres, glissant lentement et tendrement sur elles.

Bill le fixa et Tom fit de même, jusqu'à ce que les deux jeunes hommes se mettent à sourire, une pointe de douce gêne se faisant sentir. Bill s'éclaircit la gorge, détournant son regard vers le sol.

- Tu ne m'as pas répondu.

- Tu aurais pu y aller sans moi.

Bill rougit et se tut. Bien sûr qu'il aurait pu. Il se sentait idiot. Tom se pencha vers lui et murmura.

- Je suis heureux que tu n'y sois pas allé.

Tom recula et les yeux de Bill s'attardèrent sur lui. Les mots de Tom lui semblaient énigmatiques ce soir. Il ne savait pas quoi en penser.

Ils ne dirent rien de plus, se souriant juste légèrement quand ils se remirent à manger leur glace, assis côte à côte. Quand ils eurent terminé, Bill fut surpris de voir Tom le tirer par la main, l'obligeant à se lever et l'amenant vers la salle de bains. Ils entrèrent et Bill demanda avec incertitude.

- Tom ?

- On n'a pas encore essayé le jacuzzi.

Bill cligna des yeux. Le jacuzzi était en effet prêt, rempli d'eau chaude et de mousse, laquelle crépitait sous les remous du mécanisme.

- Quoi ?

- On part après-demain au saut du lit et on n'a toujours pas pu l'essayer.

- Ok, tu veux y aller en premier ?

Tom parut légèrement embarrassé.

- On pourrait y aller ensemble.

Bill hésita. C'était assez grand pour deux, mais...

- Ensemble ?

- Ca ne serait pas la première fois.

- Tom, la dernière fois qu'on a pris un bain ensemble on devait avoir sept ans.

Bill rigola nerveusement alors que Tom restait sérieux, attendant une réponse. Ils s'observèrent. Le chanteur murmura.

- Je ne sais pas si on devrait.

- Bill, c'est juste un bain.

Ledit Bill hésita encore un peu puis soupira.

- Ok, t'as gagné.

Tom eut un large sourire et il commença directement à se déshabiller et Bill fit de même. Néanmoins, le chanteur détourna le regard en rougissant quand Tom commença à enlever son caleçon, manquant le sourire amusé par sa réaction de son jumeau.

Ils avaient beau s'être vus tous les deux nus un nombre non quantifiable de fois, Bill avait toujours été d'une extrême pudeur. Et alors que Tom était déjà rentré dans l'eau, il ne fut pas étonné d'entendre Bill lui dire avec autorité.

- Ferme les yeux !

Tom ricana légèrement mais s'exécuta. Quand il rouvrit les yeux, Bill s'installait confortablement, s'allongeant contre la paroi inclinée et sa tête reposant sur un appui bien étudié, alors que le haut de son torse émergeait à peine de l'eau, entouré d'une bonne quantité de mousse.

Tom était de même allongé, dans un angle presque opposé à lui, faisant toucher leurs pieds sous l'eau.

Ils soupirèrent de contentement, appréciant les remous de l'eau et l'odeur apaisante des parfums qui envahissaient leurs sens. Ils commençaient à se détendre totalement. Si ce n'était leurs pieds qui jouaient entre eux, se touchant et se caressant joueusement. Bill protesta en rigolant.

- Tom ! Arrête ça !

Ledit Tom sourit, ses yeux restant fermés.

- C'est toi qui as commencé.

- Dans tes rêves !

Ils continuèrent leur manège, Tom le chatouillant de la plante des pieds alors que Bill le repoussait en donnant de petits coups inoffensifs.

- Tooom !

- Ben quoi ?

Bill lui envoya de l'eau en réponse et Tom s'esclaffa de rire. Ce dernier prit de la mousse dans sa main et s'approcha d'un vif mouvement de Bill pour lui étaler sur la figure, faisant pousser un cri aigu à celui-ci. Bill tenta d'arrêter son geste, en vain. Son visage était barbouillé de mousse. Tom ricana, se recalant de l'autre côté du jacuzzi. Bill murmura, faussement menaçant.

- C'est la guerre !

Tom n'eut le temps que de pousser un petit cri avant que les mains chargées de mousse de Bill ne s'abattent sur son visage et ses dreadlocks. Tom l'arrêta finalement, tenant ses mains à bout de bras. Ils se débattirent encore un peu en riant, faisant gicler de l'eau un peu partout, leurs yeux brillants ne cessant de se rencontrer. Ils maintenaient de la distance, conscients de leur nudité.

Mais soudainement, Tom relâcha la pression sur ses bras, et déséquilibré, Bill tomba en avant, obligeant Tom à s'allonger contre la paroi du jacuzzi. Ses mains vinrent se poser de part et d'autre la taille de Tom, faisant entrer leurs cuisses en contact. Les cheveux de Bill tombèrent en avant, venant caresser le torse de Tom. Bill releva doucement la tête et les yeux des deux frères se rencontrèrent. Ils se figèrent. Bill bégaya, rouge comme une tomate.

- Je... suis désolé !

Il recula vivement mais Tom le retint, l'attrapant fermement en refermant une main sur son poignet. Tom secoua la tête. Il leva une main pour la poser sur le visage de Bill et alors que ce dernier le fixait, Tom essuya lentement les traces de mousse qui y restait. Il posa son nez contre celui de Bill, se rapprochant, et il sentit ce dernier se tendre et avoir un mouvement de recul. Bill murmura en tremblant.

- Tom...

Tom se rapprocha encore et caressa sa mâchoire. Cette fois-ci Bill ne recula pas. Tom parla contre ses lèvres, les effleurant à peine.

- Je sais, Bill, je sais...

Sans rien dire de plus, il déposa ses lèvres contre les siennes, les laissant s'y reposer pendant de longues secondes et inspirant nerveusement par le nez avant de bloquer sa respiration. Ils s'immobilisèrent et Tom attendit. Son attente ne fut pas longue, car bientôt, Bill lapait timidement ses lèvres, les poussant à s'entrouvrir.

Tom se laissa faire, et ils engagèrent bientôt un long baiser, de plus en plus profond et chaud, se délectant de la saveur de fraise et de chocolat de l'autre. Tom délaissa le poignet de Bill pour poser sa main sur la hanche de ce dernier alors que Bill passait ses bras autour de son cou. Tom fit glisser sa main pour entourer la taille de Bill et il l'attira plus près de lui, mettant enfin leurs peaux en contact.

Il ouvrit les yeux de surprise en sentant l'excitation naissante de Bill contre sa cuisse. Ce dernier recula immédiatement en le réalisant, prenant une forte inspiration surprise. Il tenta de se dégager complètement, la peur l'envahissant, mais Tom le retint automatiquement, s'accrochant à lui. Bill jura, sa voix coupée de hoquets nerveux et affolés.

- Merde, je suis désolé. Merde, merde.

Il tenta encore de se dégager mais Tom le retint encore plus fort contre lui, attirant la tête de Bill contre son cou. Bill eut un hoquet sanglotant cette fois-ci, n'en finissant pas de s'excuser. Il rougit, se sentant honteux.

- Je suis désolé. Je sais que ce n'est pas normal.

Tom se mit à chuchoter de petits 'chut' rassurants, son souffle chaud contre son cou alors qu'il resserrait son emprise, caressant la peau que ses doigts touchaient. Ils restèrent silencieux pendant quelques secondes puis Tom appuya son front contre la tempe de Bill, murmurant à son oreille.

- Je m'en fous de savoir si c'est normal ou pas.

Il fit remonter sa main le long de la taille de Bill et ce dernier frissonna alors que Tom murmurait contre sa joue.

- Tu n'es pas le seul.

Bill tourna légèrement la tête, surpris par ses paroles et incertain.

Il retint son souffle quand Tom colla son bas-ventre contre sa hanche, enserrant de ses bras sa taille. Il n'avait pas menti. Il entendit Tom murmurer d'une voix étranglée, luttant pour oser formuler ses pensées.

- Putain, Bill. J'ai envie de toi.

Bill se figea. Il savait qu'ils s'aimaient depuis toujours. Il savait depuis peu qu'ils avaient tous deux des fantasmes étranges sur l'autre depuis quelque temps. Mais il ne savait que depuis maintenant que Tom lui aussi le voulait réellement. Bill eut un sanglot et il porta une main à sa bouche. Tom recula un peu, inquiet.

- Bill, ça va ?

Ce dernier l'observa pendant de longues secondes, s'asseyant sur les genoux sous l'eau. Un rire échappa soudainement de ses lèvres qui recommençaient à sourire. Il mordilla un de ses ongles.

- Je ne me suis jamais senti aussi bien.

Ils se fixèrent un peu plus et les pensées de Bill errèrent, ses yeux parcourant les traits de son jumeau. Bill lâcha son ongle. Il murmura encore.

- C'est pour ça que tu as dit 'ce soir' tout à l'heure. Tu ne pensais pas aux filles. Tu avais planifié de...

Tom le coupa. Il rougit.

- Je ne dirais pas 'planifié'. Mais si tu... si tu veux...

Tom s'arrêta, extrêmement embarrassé. Il secoua la tête, rougissant jusqu'aux racines de ses cheveux. Bill gloussa mais il redevint vite calme, parlant d'une petite voix timide.

- Tu es sérieux ?

Tom leva les yeux vers lui.

- Je n'ai jamais été aussi sérieux.

Bill frissonna sous le regard de Tom, ses mots résonnant encore et encore à ses oreilles.

Quelques secondes de silence passèrent, laissant le chant libre aux gazouillis du jacuzzi qui chassait de plus en plus la mousse autour d'eux, éclaircissant l'eau prise dans ses remous.

Soudain, Bill se redressa et s'avança, levant ses mains pour emprisonner doucement le visage de Tom, et il se pencha vers lui. Il murmura tout bas contre ses lèvres, ses yeux tendrement plongés dans ceux de Tom. Sa voix était douce et gênée, légèrement bégayante, mais il n'hésita pas.

- Je le veux. Fais-moi l'amour.

Tom frissonna quand Bill scella sa demande d'un baiser qui s'attarda sur les lèvres du guitariste, puis le chanteur recula légèrement. Tom déglutit. Sa tête tournait. Il bégaya.

- Tu es sûr ? Je veux dire... Je croyais que tu avais dit ne jamais vouloir coucher avec un homme.

Bill secoua la tête, un peu embarrassé.

- Ne le prends pas mal, mais tu n'es pas 'un homme' pour moi, tu es mon âme s½ur.

Tom rit légèrement.

- Le résultat est le même. J'ai un pénis.

Bill rougit un peu, évitant de baisser le regard vers l'eau qui cachait à peine leurs membres légèrement durcis, mais il parvint tout de même à hausser un sourcil d'un air amusé.

- J'ai cru noter... J'en ai un moi aussi, je te signale.

Tom gloussa.

- Ah bon ? Je croyais que tu étais une fille.

Bill le pinça, fronçant les sourcils, et Tom poussa un petit cri, rigolant. Bill sourit narquoisement.

- Dixit celui qui porte des robes...

- Ce ne sont pas des robes !

Bill éclata de rire lorsque Tom lui sauta dessus pour le chatouiller. Il se retrouva acculé contre la paroi du jacuzzi, allongé contre elle et livré à la merci des doigts experts en la matière de Tom. Les rires se mirent à résonner mais quand leurs corps excités se frôlèrent à nouveau, leurs yeux se fixèrent peu à peu sur l'autre et leurs sourires disparurent, les laissant sérieux et intimidés.

Un moment d'incertitude passa puis Tom se pencha lentement vers lui, déposant doucement ses lèvres sur les siennes. Il les happa plusieurs fois, les goûtant goulûment avant de descendre sur son cou, sentant le pouls de Bill s'accélérer alors que leurs corps commençaient à se frotter l'un contre l'autre. Peu à peu, ils s'enlacèrent, Bill passant ses bras autour des épaules de Tom alors que celui-ci resserrait son emprise sur le corps sous lui.

De longues minutes passèrent ainsi, s'habituant à ce contact qui menaçait de les rendre fous, jusqu'à ce qu'ils osent s'aventurer à caresser l'autre, avec une hésitation tremblante, les mains de Bill descendant toujours plus bas dans le dos de Tom alors que ce dernier laissait ses mains glisser vers l'intérieur des cuisses du chanteur, entre lesquelles il se maintenait en équilibre.

C'est à une première caresse intime que Bill émit un gémissement surpris, poussant Tom à embrasser ses lèvres qui laisser sortir de si jolis sons et à continuer avec plus d'assurance son exploration.

Si Bill avait l'habitude d'un certain contact avec son frère, chaque toucher plus intime était nouveau et le faisait frissonner, tout comme c'était le cas pour Tom. Bill gémit une nouvelle fois dans la bouche de Tom et il détacha légèrement ses lèvres pour murmurer contre les siennes de petits 's'il te plaît' répétés qui semblaient désespérés.

Tom était nerveux. Malgré les encouragements visibles de Bill et leur envie commune d'aller plus loin, il n'était pas sûr de savoir comment s'y prendre. Il avait surtout peur d'aller trop vite. Il ne s'était jamais senti aussi nerveux et excité de toute sa vie. Le seul contact de leurs corps était assez pour le rendre dingue.

Il n'avait pas tellement d'expérience que ça, et aucune avec un garçon, ce qui le mettait nettement à égalité avec Bill, même s'il avait une idée sur la marche à suivre. Pour la première fois parmi ses rares premières fois, un préservatif ne s'imposait pas, mais ils avaient besoin d'autre chose...

Il leva brièvement la tête, parcourant rapidement du regard le rebord du jacuzzi à la recherche de n'importe quoi pouvant faire l'affaire. Il n'y avait pas grand-chose à part du gel douche bio naturel. Il pesta intérieurement. Ca devrait aller. Vu qu'ils étaient déjà dans l'eau.

Bill le suivit du regard tandis que Tom se redressa un peu sur ses genoux et tendit la main vers le contenant en plastique. Il en versa une bonne quantité sur ses doigts, étalant légèrement le produit étrangement laiteux en les frottant, puis il baissa les yeux vers Bill qui l'observait attentivement. Il rougit et se pencha jusqu'à ce qu'ils soient joue contre joue pour murmurer à son oreille, en guise d'explication rassurante.

- Ca aidera.

Bill frotta sa joue contre la sienne en guise de réponse. La main de Tom se dirigea vers l'entrejambe de Bill et il commença à insérer un doigt, lentement mais sûrement, cachant ses doutes. Il bougea doucement à l'intérieur de lui, explorant en tâtonnant, puis il leva la tête pour observer l'expression de Bill. Celui-ci grimaçait légèrement, se mordant la lèvre inférieure. Tom s'inquiéta.

- Je te fais mal ?

- Non, c'est juste... très bizarre.

Tom sourit légèrement et il commença à déposer de petits bisous sur le visage et le cou rougis de Bill alors qu'il continuait à le préparer. Bill sembla se détendre et Tom ne put s'empêcher de fondre au sourire gêné mais tendre qu'il lui lança. Il n'arrivait pas à croire qu'ils allaient vraiment le faire. Ils allaient être amants, même s'il ne s'agissait que d'une seule nuit. A cette pensée, son c½ur se serra et une pointe de possessivité s'empara de lui. Il se colla à lui et l'embrassa passionnément, Bill répondant de même.

Mais Bill sembla vouloir dire quelque chose et Tom recula, grognant légèrement de frustration amusée. Il laissa Bill se redresser et il l'observa avec surprise prendre également le gel douche et en déposer dans le creux de sa main. Il s'installa à nouveau face à Tom et lui lança un petit sourire séducteur et timide à la fois. Il murmura contre sa joue avant de l'y embrasser, répétant les mots de Tom.

- Ca aidera.

Restant bouche ouverte, Tom eut le souffle coupé lorsqu'il sentit une main le caresser avec précaution et attention mais aussi curiosité, ses doigts venant frôler la tête de son membre avant de glisser avec délicatesse sur celui-ci, l'enveloppant entièrement, et de commencer à le caresser avec une lenteur innocente.

Tom ferma les yeux en gémissant pour les rouvrir en sentant le regard de Bill sur le sien. Il murmura un 'Bill' avant de loger son visage contre le cou de celui-ci, et il sentit Bill frémir sous son souffle chaud. Le chanteur continua un peu avant de cesser soudainement ses mouvements de va-et-vient sur lui, laissant Tom pantelant. Il caressa le dos de Tom puis il tourna la tête vers la sienne, une demande silencieuse inscrite dans ses pupilles. Reprenant légèrement ses esprits, Tom leva les yeux vers lui.

- Tu es sûr de vouloir le faire ?

Bill acquiesça silencieusement, le regardant avec insistance. Bill bougea nerveusement et Tom sentit son ventre se tordre. Il se plaça mieux entre ses jambes et se positionna alors que Bill lui donnait un meilleur accès. Ils s'allongèrent tous les deux au maximum dans le jacuzzi vrombissant qui continuait leur envoyer des vaguelettes apaisantes.

La main de Tom erra ensuite, tremblant légèrement sous l'eau, de la cuisse de Bill vers l'intérieur et il se rapprocha finalement, tâtonnant pour se diriger. Bill respirait lourdement, tentant visiblement de se calmer. Il frissonnait.

Ses yeux quittèrent ceux de Bill et il posa ses lèvres contre la base de son cou alors que Bill s'agrippait à ses épaules. Il lui murmura des mots rassurants, alors que lui-même doutait. Il craignait de lui faire mal. Il dit avec incertitude.

- Tu m'arrêtes si quelque chose ne va pas, ok ?

Il sentit Bill hocher de la tête et il agrippa une de ses épaules d'une main lorsque l'autre descendit entre leurs corps pour se diriger. Après quelques tâtonnements expérimentaux, le contact soudain entre le membre de Tom et l'orifice de Bill les fit tous deux sursauter et Tom sentit Bill se crisper. Il chuchota.

- Relax. Dis-moi quand tu te sens prêt.

Il entendit Bill inspirer et expirer à quelques reprises puis celui-ci murmura.

- Vas-y.

Tom s'exécuta, en y allant doucement mais franchement. Sa respiration se coupa, ne reprenant que lorsqu'il fut entièrement dedans. Bill sous lui avait poussé un cri plaintif et s'était crispé mais il ne l'avait pas repoussé. Totalement immobile, Tom n'arrêtait pas de répéter des 'oh mon dieu'. Il se sentait à deux doigts de défaillir. Sa tête tournait de plus en plus vite. L'instant lui semblait si irréel.

Son esprit flottait, n'arrivant pas à réaliser ce que ses pensées lui criaient. C'était trop intense. Il était à l'intérieur de lui, réellement à l'intérieur de lui.

Il leva les yeux vers le visage de Bill où quelques mèches mouillées tombaient. Tom les dégagea de ses doigts, ceux-ci frôlant le front du chanteur avec douceur. Son souffle court et tremblant, Bill rouvrit ses paupières et ils s'observèrent un long moment, trouvant dans leur échange réconfort et assurance, mais surtout une tendresse infinie. Tom s'approcha encore et Bill cambra légèrement sa tête pour faire effleurer leurs lèvres. Tom passa une main sur sa nuque et ils s'embrassèrent doucement.

Bill sembla ainsi peu à peu se calmer et il releva un peu plus les jambes, donnant un signal positif à Tom qui commença un va-et-vient, d'abord doucement et assez maladroitement puis un peu plus rapidement quand les mouvements se firent plus faciles.

Il se sentit soulagé et fier quand bientôt Bill ne grimaça plus et commença au contraire à gémir petit à petit de plaisir, s'agrippant de plus en plus fermement à Tom. Celui-ci choisit ce moment-là pour s'interrompre. Bill ouvrit les yeux, surpris et semblant un peu perdu, et ils se fixèrent, haletants. De la transpiration mêlée à de l'eau perlait sur leurs visages.

Le regardant toujours, Tom délogea un des bras qui lui enserrait les épaules et fit glisser sa main dans la sienne, la serrant affectueusement. Il changea légèrement de position, s'appuyant avec précaution un peu plus sur Bill et s'enfonçant plus profondément en lui. Il sentit la respiration de ce dernier se couper sous la surprise alors qu'il embrassait son cou. Une fois celle-ci passée, Tom recommença à bouger doucement, puis de plus en plus fort, faisant gémir de manière incohérente Bill.

Leur contact était grisant, et Tom avait du mal à ne pas se sentir submergé par ses sens. Mais par-dessus tout, c'était les yeux fixés sur lui et l'expression de Bill qui l'électrisaient, le submergeant d'un sentiment qui n'avait pas d'égal. Et alors qu'il serrait un peu plus la main dans la sienne, il se demanda si Bill voyait dans son regard toute la tendresse que Tom ressentait à ce moment-là.

Ce devait être le cas, car Bill l'attira encore plus près de son bras libre, l'encerclant, et Tom s'appuya un peu plus sur lui, accélérant de plus en plus ses mouvements et gémissant de manière incontrôlée au contact extatique de leurs corps unis qui glissaient l'un sur l'autre.

Alors que Tom accélérait encore ses va-et-vient, Bill se libéra, son cri aigu se répercutant dans l'acoustique parfaite de la salle de bains, et il serra Tom à l'intérieur de lui, poussant ce dernier à se libérer également en un petit cri, le bruit s'étouffant légèrement contre l'épaule de Bill qu'il mordillait quelques minutes auparavant.

Ils restèrent là de longues minutes, tous deux immobiles et tremblants, Tom restant à l'intérieur de Bill. Peu à peu, leurs respirations se calmèrent jusqu'à ce que le silence se fasse. Celui-ci fut néanmoins très vite coupé par un sanglot.

Bill qui avait gardé les yeux fermés tout ce temps, caressant avec une étrange timidité le dos et les cheveux de Tom, les rouvrit brusquement pour baisser sa tête vers lui, inquiet.

- Tom ?

Celui-ci releva la tête, gêné. Il riait et pleurait en même temps. Il fit un geste d'impuissance pour lui montrer qu'il ne savait pas pourquoi il faisait ça.

Bill éclata de rire, sentant les larmes lui monter également aux yeux alors qu'ils se cajolaient de baisers et se serrèrent dans les bras, leurs corps se refermant sur l'autre comme s'ils n'en faisaient à nouveau plus qu'un.

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Le lendemain soir,

Assis sur le sable, Bill regardait la mer au loin. Il avait trouvé ce qui devait être un des rares coins perdus de l'île. Il était sûr d'être seul, isolé du monde.

Son esprit avait passé la journée à se remémorer chaque détail de ce qui était arrivé la nuit précédente entre son jumeau et lui. Il se souvenait notamment comment après avoir quitté le jacuzzi, lui et Tom s'étaient glissés dans le lit après avoir terminé les glaces du minibar, et s'étaient tendrement pelotonnés l'un contre l'autre. Après ce qu'ils avaient fait, cela lui avait semblé irréel et il s'était senti flotter, comme dans un doux cocon à la chaleur étrange.

Il pouvait se souvenir du caractère extrêmement câlin et protecteur de Tom cette nuit-là, les sages baisers et les caresses sur sa peau nue, venant l'apaiser après ce qu'ils venaient de faire.

Il pouvait aussi se souvenir tous les mots qu'ils s'étaient dits au creux de leur lit, même si ceux-ci s'étaient perdus dans la nuit et à jamais dans leurs c½urs, portés par le vent marin pénétrant dans la chambre, faisant fi de l'air conditionné. Des mots d'amour prononcés avec une tendresse inquiète et prévenante. Ils avaient passé leur temps à se rassurer mutuellement, parlant avec douceur en s'effleurant du bout des doigts et des lèvres de leur nuit.

Il se souvenait avoir regardé son frère dans ses bras sombrer dans le pays des rêves et l'avoir observé pendant de longues heures, ne trouvant pas le sommeil.

Il se souvenait également s'être réveillé le matin sous les douces caresses et le regard intense de son frère collé contre lui.

Non, aucun d'eux ne pourrait jamais oublier ce qui s'était passé cette nuit-là.

Un toussotement se fit soudainement entendre, l'extirpant de ses rêveries, et Bill tourna la tête. Il sourit en voyant l'intrus. Tom s'approcha timidement.

- Hey. J'étais à deux doigts de lancer Saki à ta recherche.

- Tu m'as trouvé rapidement.

Tom haussa les épaules.

- Intuition, peut-être. Qu'est-ce que tu fais ? Tu m'évites ?

Bill gloussa légèrement. Il sourit un peu plus, penchant la tête en arrière pour mieux le voir. Il secoua la tête.

- Dis pas de bêtises, idiot. Je voulais juste être un peu seul, j'imagine.

Il reposa son regard sur la mer. Tom sourit également et commença à s'asseoir, s'installant juste derrière lui. Il passa ses mains autour de la taille de Bill et ses pieds repoussèrent deux petits tas de sables, faisant un peu plus de remous dans le sol ondulé. Le sourire de Bill s'élargit et il s'appuya en arrière contre lui. Tom posa son menton sur son épaule, son visage chatouillé par les cheveux de Bill.

Ils restèrent un moment ainsi, sans rien dire, écoutant le bruit de la mer et du vent, jusqu'à ce que Bill rompe le silence.

- On ne peut pas continuer, n'est-ce pas ?

Tom se contenta de lui lancer un coup d'½il. Il plongea son nez dans son cou, son regard dans le vague. Bill poursuivit.

- Je le savais depuis le début, toi aussi d'ailleurs.

- Tu regrettes ?

- Bien sûr que non. Et tu le sais.

Bill appuya sa tête contre la sienne, et ils sourirent, regardant pensivement la mer droit devant eux. Un moment passa en silence, puis le chanteur prévint le blond, d'un ton jaloux.

- Je vais être totalement infect avec ta prochaine copine, sois en sûr.

Il marqua un temps d'arrêt, semblant réfléchir, puis il murmura plusieurs fois avec un sérieux comique.

- Et avec la suivante, et la suivante, et la suivante...

Tom rigola doucement à son oreille. Il lui susurra.

- Je ne suis pas pressé d'en avoir une. J'ai déjà une superbe fille dans ma vie.

Tom l'embrassa dans le cou et Bill lui donna un petit coup de coude. Tom ricana. Bill sourit.

- L'hôpital qui se fout de la charité, M. Je-porte-des-robes.

Tom se contenta de rire, puis il redevint sérieux.

- Je crois aussi que je serai toujours un peu jaloux de la personne avec qui tu seras. Mais tu m'appartiens pour toujours, tu sais ?

Bill rit et il déposa un baiser pendant quelques secondes sur ses lèvres, auquel Tom répondit. Mais lorsque leurs yeux se fixèrent à nouveau, Bill redevint sérieux. Il y avait tant d'amour absolu dans ce regard...

Bill reposa une nouvelle fois ses yeux vers l'infini océan. Il appuya une nouvelle fois sa tête contre celle de Tom et se laissa complètement aller contre lui alors que Tom resserrait ses bras autour de sa taille.

Si seulement il lui était possible d'arrêter le temps...

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Cinq jours plus tard,

Bill entra en dernier sur le plateau de télévision, précédé par Gustav, Georg et Tom. Ils enregistraient une émission. Leurs vacances étaient bien finies, bien qu'on ne cessait de les interroger dessus. Il sortit de ses songes pour se concentrer sur la question que posait le journaliste. Celui-ci tenait un article de journal dans ses mains. Ah oui... encore ça...

- Bill et Tom, racontez-nous un peu ces vacances au soleil ! On vous a vus en charmante compagnie, semblerait-il.

Le public rit doucement, visiblement amusé et à l'affût de leurs réponses. Les paparazzis avaient fait une fois de plus du bon boulot en prenant ces photos volées. Bill lança un coup d'½il de côté à Tom, se demandant ce que celui-ci allait bien raconter. On voyait sur ces images Bill et Tom s'amuser et marcher aux côtés des deux américaines avec qui ils avaient fait connaissance. Tom sourit en coin au journaliste.

- Oui, disons qu'on s'est bien amusé.

- Il s'est donc passé quelque chose avec ces deux charmantes blondes ?

Tom sourit un peu plus. Il fit une réponse mystérieuse.

- En effet, il s'est passé des choses intéressantes pendant ces vacances. Bill pourra vous le raconter.

Ledit Bill fixa un quart de seconde le sol, se promettant d'étrangler son charmant frère plus tard. Le public réagit, certaines filles poussant des cris désespérés. Bill rencontra brièvement le regard de David avant que ses yeux ne retombe sur le journaliste.

- Tom exagère. Nous avons bien fait la connaissance de deux jeunes filles très sympathiques, mais c'est resté amical.

Tom le coupa. Il souriait.

- Parle pour toi. Moi j'ai rencontré une belle brune, et ça n'a pas été qu'amical. Elle était vraiment canon. Mais ne vous inquiétez pas, cela fera l'objet d'une chanson sur le prochain album, je pense.

Une partie du public se mit à rire alors que quelques fans de Tom dépitées faisaient la tête, se demandant à quoi pouvait ressembler cette fameuse brune, si elle était effectivement réelle.

Bill se retint de rire, souriant légèrement. Il ne sut même pas comment il parvint à ne pas rougir, surtout quand quelques minutes plus tard, alors que le journaliste leur posait une nouvelle question, Tom lui fit un clin d'½il discret. Bill se concentra sur la question et commença à y répondre. Il sourit.

- Une raison particulière qui nous a poussés à nous lancer à la conquête des Etats-Unis ? Oui, deux amies nous l'ont conseillé...

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Deux semaines plus tard,

Aux Etats-Unis, dans une grande ville, deux jolies américaines d'un blond platine feuilletaient quelques magazines musicaux dans un magasin lorsque l'une d'elles fut attirée par une couverture. Sur celle-ci, il y avait un type étrange, cheveux bruns en bataille et une tonne de maquillage sur ses beaux traits fins. Elle regarda en dessous de la photo. 'Tokio Hotel' était marqué en grande police.

- Hey ! Darcy ! Regarde ça ! Ce n'est pas le groupe allemand dont nous avaient parlé Bill et Tom ?

L'autre fille s'approcha.

- Je ne sais pas, Arianne. Fais voir.

Elle prit le magazine et l'ouvrit. Elles regardèrent et elles clignèrent des yeux, se figeant en voyant les photos. Bouche bée, elles lurent attentivement l'article, puis elles se regardèrent, hébétées.

- C'était eux ?

- C'était eux.

Elles se turent pendant quelques secondes, interdites, puis elles sourirent en même temps.

- Ils nous ont bien eues. Tu crois qu'ils viendront vraiment aux Etats-Unis ?

- J'en suis sûre. Après tout, c'est nous qui leur avons conseillé...

Elles se mirent à rire, heureuses. Elles relurent l'article en détail. A la fin, Arianne fronça les sourcils.

- Tu as une idée sur qui pourrait être cette fameuse brune ?

- Mh, c'est bizarre, on les a suivis à la trace jusqu'au dernier jour et je n'ai vu aucune brune. En fait, la seule personne brune qui ait approché Tom, c'était Bill...

Arianne acquiesça. Un moment de silence religieux passa, puis elle demanda à nouveau.

- Tu ne crois pas que... ?

- Oh... non voyons ! je veux dire... ils sont frères, jumeaux même... et euh... Est-ce que tu penses à la même chose que moi?

Arianne eut un large sourire et elle se mirent à rire en même temps face à leur imagination débordante.

Quelques minutes plus tard, elles sortaient du magasin, le magazine en main.

A suivre...


Précision : Darcy et Arianne sont deux auteures américaines de fics sur TH connues sous les pseudos de cynical_terror et undrockroll ;)

# Posté le lundi 21 janvier 2008 09:17

Modifié le samedi 07 février 2009 17:44

Menteur - chapitre bonus

Menteur - chapitre bonus
Menteur

Chapitre bonus


Assis dans un fauteuil au coin de la grande loge, Bill se rongeait les ongles.

C'était une mauvaise habitude qu'il croyait avoir perdue mais l'évidence était là. Cela lui reprenait de temps à autre. C'était d'autant plus vrai depuis quatre semaines.

Car cela faisait quatre semaines que cela s'était passé. Quatre semaines depuis qu'il avait couché avec son frère. Bill arrêta momentanément de se ronger les ongles, son regard se perdant dans le vide.

Malgré ses efforts, il ne pouvait s'empêcher d'y penser, quelle que soit l'heure de la journée. Il n'avait même pas besoin de fermer les yeux pour revoir son frère au-dessus de lui, bougeant fiévreusement contre lui et à l'intérieur de lui.

Il savait qu'il n'était pas le seul, car quand ses yeux rencontraient ceux de Tom et s'y fixaient, il sentait que tous deux repensaient à cette même nuit, encore et encore.

Pourtant ils n'avaient rien fait depuis. Ils n'en avaient pas l'intention. Ils ne le pouvaient pas.

Il savait très bien qu'ils avaient succombé par faiblesse et que cette nuit n'aurait jamais dû être. Ils auraient très bien pu partager baisers et caresses sans en arriver là, mais le fait était que cela s'était passé.

Le pire, c'était que Bill ne le regrettait pas. Peut-être le devrait-il ?

Lorsqu'il se mit à observer Tom à l'autre côté de la pièce, occupé à gratter sur sa guitare en face de Georg, les deux répétant une chanson, Bill se dit que lui non plus ne semblait pas regretter.

Tom leva les yeux à ce moment précis et ceux-ci s'attardèrent sur lui avant que ses lèvres n'esquissent un sourire. Bill lui sourit également avant de recommencer à se ronger les ongles.

Tom et lui n'avaient pas arrêté de se tourner autour depuis leur retour de vacances. A vrai dire, ils étaient tellement dans l'espace personnel de l'autre, à s'effleurer, à se toucher et à se regarder dans le blanc des yeux que même Georg et Gustav leur en avaient fait la remarque.

Non pas que ça les ait dissuadés d'agir autrement. Qui aurait pu soupçonner ce qui avait bien pu se passer entre eux ? Pourtant Bill était conscient qu'il ne serait pas impossible non plus que l'un d'eux découvre la vérité. Cette seule pensée lui faisait peur, parce que c'était du domaine du possible.

Georg et Gustav n'avaient pas cessé de les harceler d'innombrables questions sur leurs 'conquêtes', sentant sans mal de leur silence étrange que les jumeaux ne leur disaient pas tout. S'ils savaient que Tom et lui partageaient seuls un bon nombre de secrets qu'ils ne révèleraient à personne, ils savaient aussi qu'un tel silence n'était tout de même pas habituel de leur part.

Alors quand Tom et lui avaient été interrogés par les journalistes, leurs deux amis avaient insisté en privé pour en savoir plus. Tom avait alors brodé une histoire vague à partir de ce qu'il avait déjà répondu lors de leurs interviews, mais Georg et Gustav n'avaient pas eu l'air convaincu.

Pour une fois, même David s'était intéressé à leur affaire, et c'est là que Bill avait vraiment eu peur. David était du genre très perspicace, et dès le début, leur producteur avait senti que ce n'était pas seulement des rumeurs de paparazzi et qu'il s'était effectivement passé quelque chose lors de leurs vacances, et pas avec les deux blondes dont les tabloïds avaient étalé les photos mais quelque chose de plus sérieux.

Bill n'avait pas de doute sur le fait que David avait compris qu'il était gêné de parler de cela. Sans poser de question, le producteur avait seulement dit au jeune chanteur qu'il serait préférable 'pour leur image' qu'il ne raconte pas ce qui avait pu avoir lieu lors de leurs vacances. Il n'avait pas insisté après cela. Bill savait que David se comportait un peu en tant que père pour eux et veillait à leur bien-être avant tout. Il n'y avait donc dans ses mots rien de contraignant, juste un avis éclairé.

Ce n'était que des conseils de la part de David. Des conseils que Bill savait qu'il était sage de suivre. Si Tom pouvait se permettre de raconter certaines choses en interview, Bill avait conscience qu'il était au contraire plus raisonnable pour lui de conserver une 'certaine image', même si celle-ci était fausse.

Et elle était fausse.

Bill n'avait qu'à se rappeler de la peau de Tom contre la sienne pour s'en convaincre. Ce n'était pas quelque chose qui était moralement acceptable, il le savait. Et même si lui était parvenu à accepter cela, il ne faisait aucun doute pour lui que personne d'autre ne pourrait comprendre... Hormis bien sûr son frère.

Son frère.

Ils n'avaient plus reparlé de ce qui s'était passé durant cette nuit, même s'il ne suffisait que d'un regard, un geste ou une parole anodine parfois pour que leurs esprits vagabondent et se rappellent.

Et cela était arrivé maintes fois depuis ces quatre semaines.

A la fin d'un concert, en rentrant à l'hôtel ou en allant manger, ou dans tout autre situation de la vie quotidienne. C'étaient des murmures furtifs au creux de l'oreille pour raconter tout et n'importe quoi, des caresses courtes mais appuyées sur un bras ou une parole prononcée plus doucement et tendrement que nécessaire.

Bill se rappelait notamment ce qui était arrivé, quelques jours à peine auparavant, et qui lui avait fait penser que peut-être David avait des doutes. Ce matin-là, Bill et Tom étaient sortis ensemble et en même temps de la chambre d'hôtel de Bill et avaient rencontré David dans le couloir. Celui-ci avait paru un peu surpris mais sans plus. Il savait, pour être passé de nombreuses fois les chercher à leur chambre d'hôtel ces 3 dernières années, que Bill et Tom dormaient de temps en temps dans le même lit.

Néanmoins, Bill s'était senti un peu coupable et il avait rougi, se pinçant légèrement les lèvres à la vue de David et détournant un quart de seconde le regard, un sourire embarrassé aux lèvres. A cet instant déjà, il avait eu la sensation que les yeux de David s'étaient attardés sur lui. Mais l'idée que cela puisse être à cause de la proximité de Tom et de lui ne l'avait pas encore effleuré.

Ce n'est que plus tard, après un copieux petit déjeuner passé dans la bonne humeur avec le groupe et l'équipe qui les suivait qu'un événement mit un doute dans l'esprit de Bill. Tom et lui avaient amené leurs bagages devant la voiture où les attendaient leurs gardes du corps, et Tom s'étaient penché soudainement vers lui pour murmurer quelques mots à son oreille. Cela n'avait été que pour raconter une connerie dans le but de faire rire Bill, mais ce dernier savait aussi que ce n'était qu'un prétexte pour attirer son attention en agrippant son poignet.

Les caresses de son pouce sur son avant-bras n'avaient pas été nécessaires, tout comme le fait de toucher le lobe de son oreille de ses lèvres pour lui parler, aussi infime que fut le contact.

Or, quand Bill avait relevé la tête après avoir échangé un sourire et un regard entendus et tendres à son jumeau, ses yeux étaient tombés sur David qui était assis non loin de là, les yeux rivés sur son frère et lui. Bill avait immédiatement perdu son sourire. Quelque chose dans ce regard lui disait que David savait, peut-être. Et ça lui avait fait froid dans le dos.

Un sentiment mélangé de honte et de crainte.

S'il savait, comment pourrait-il comprendre ? Comment quiconque le pourrait ? Si Bill n'avait pas honte d'avoir fait ce qu'il avait fait avec son frère, il en avait néanmoins à la seule pensée que quelqu'un puisse savoir. Ses amis, sa famille, ses parents... sa mère.

Revenant au présent, Bill sentit soudainement une main se poser sur son épaule et il tourna vivement la tête. La main glissa le long de son bras jusqu'à se poser sur son avant-bras alors que Tom s'accroupissait à côté du fauteuil. Il paraissait inquiet.

- Ca va ?

- Oui, oui.

Les yeux de Tom se fixèrent sérieusement sur lui. Il murmura doucement.

- On ne dirait pas. Tu tires une de ces têtes depuis ce matin.

Bill eut un doux sourire. Il avait effectivement senti le regard et l'attention inquiète de Tom sur lui depuis l'aurore. C'était vraiment attendrissant. Il murmura tout bas.

- Je t'assure que ça va. C'est juste le stress.

Tom l'observa encore attentivement. Il n'était pas convaincu.

- Tu sais que tu peux tout me dire.

Bill hésita. Il leva les yeux. Il restait encore trois heures avant le concert et toute l'équipe s'affairait autour d'eux. Il sentit les yeux de David non loin de là se poser sur lui. Bill baissa la tête, évitant le regard de Tom.

- Après le concert, ok ?

Tom acquiesça. Et c'est après lui avoir lancé un autre sourire qu'il se releva, retournant vers Georg.

Quand Bill releva les yeux, David le regardait encore, et le chanteur aurait juré qu'il savait.

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Bill poussa la porte de sa chambre avec soulagement. Il était fatigué de cette journée sans fin. Ses yeux, extrêmement maquillés de noir et cachés par ses cheveux lissés qui lui tombaient sur le visage, se fermaient littéralement de sommeil.

Posant ses affaires sur une chaise, il prit immédiatement le paquet de cigarettes qu'il avait posé sur la table avant de partir le matin même. Il en prit une et la portant à ses lèvres, il l'alluma après avoir nerveusement actionné son briquet.

Il tira une longue bouffée et il éloigna la cigarette de sa bouche de deux doigts agiles. Il regarda le briquet. Un cadeau que Tom lui avait fait il y a de ça une semaine à peine. Il eut un petit rire étouffé. Tom et lui n'avaient pas l'habitude de se faire ce genre de cadeaux, et pourtant...

Quelqu'un frappa à la porte et Bill vint ouvrir. Il sourit. C'était Tom. Il le laissa entrer et il alla s'asseoir sur le lit après avoir refermé la porte. Tom le regarda faire. Malgré sa grande taille longiligne, Bill avait l'air extrêmement fragile ce soir, ses épaules tombantes. Il lui paraissait tout petit. Tom s'approcha pour s'asseoir à côté de lui, appuyant ses mains sur le rebord du lit.

- Tu es sûr que ça va ?

Bill ne dit rien. Il inspira une autre bouffée de sa cigarette et il la tendit à Tom. Celui-ci hésita un instant puis la prit entre ses doigts, ceux-ci caressant ceux de Bill au passage. Il porta la cigarette à ses lèvres et inspira avant de la tendre à nouveau à Bill. Le chanteur la prit, tendant le bras pour se débarrasser des cendres superflues en la tapotant sur le bord du cendrier posé à côté de lui. Il croisa les jambes puis ses bras tendus sur ses genoux, pensif.

- Ca va, c'est juste que... J'aimerais qu'on parle... de certaines choses.

Quelques secondes silencieuses passèrent. Tom le fixa, tristement.

- Tu regrettes, c'est ça ?

Bill cligna des yeux puis fronça les sourcils, tournant vivement la tête vers lui, inquiet.

- Non, bien sûr que non. Pourquoi cette question ?

Il vit Tom rougir légèrement puis murmurer.

- Tu as l'air tellement ailleurs depuis quelques jours. Tu souris mais tu sembles être à des années-lumière d'ici.

Bill observa les yeux rivés au sol de Tom. Il semblait préoccupé par ses pensées. Bill soupira légèrement et il s'approcha de Tom, ses lèvres venant se poser doucement et lentement sur sa joue, sous sa mâchoire, puis dans son cou en trois baisers qui s'attardèrent sur la peau de Tom. Il sentit celui-ci frémir. Leurs yeux se fermèrent et Bill souffla contre sa peau.

- Tu sais pourquoi.

Tom rouvrit les yeux et il tourna légèrement la tête vers lui.

- Il n'y a vraiment que ça ?

Bill se redressa un peu. Il prit le cendrier à côté de lui, écrasa la cigarette et posa le tout à terre. Il se tourna ensuite vers Tom, s'asseyant en tailleur sur le lit. Tom recula un peu pour être face à lui. Bill se mit à traficoter ses mains.

- Tu n'as pas trouvé David bizarre ces derniers temps ?

Tom fronça les sourcils.

- David ? Bizarre comment ?

Les doigts de Bill se tordirent nerveusement.

- Comme s'il savait.

Le silence se fit. Tom avait compris immédiatement. Mais soudain, celui-ci se mit à rire, puis voyant que Bill continuait à le fixer, Tom fronça encore les sourcils, incrédule.

- Quoi, tu es sérieux ?

Bill acquiesça. Tom secoua la tête.

- Non, impossible.

- Tu en es certain ? Il n'arrête pas de nous fixer, ou plutôt il me regarde bizarrement.

Tom soupira. Il regarda avec douceur son jumeau.

- Il s'inquiète. Tu ne t'en rends peut-être pas compte, mais tu as l'air vraiment mélancolique dernièrement, tout le monde l'a remarqué. J'ai surpris David en train d'en parler avec Gustav ce matin même.

Bill cligna des yeux, surpris.

- C'est vrai ?

Tom hocha la tête. Il continua.

- Tu m'inquiètes aussi, tu sais ? Depuis qu'on a...

Il s'arrêta, hésitant. Il reprit, beaucoup plus bas, obligeant presque Bill à tendre l'oreille, comme si les murs pouvaient avoir des oreilles

- Depuis qu'on a fait l'amour tu as l'air triste.

Bill se figea à ses mots, pour deux raisons. La première, c'était que, malgré le fait que Tom et lui aient été beaucoup plus proches dernièrement, dormant même quasiment toutes les nuits ensemble, pelotonnés l'un contre l'autre, ils n'avaient plus jamais évoqué cette nuit depuis leur retour de vacances.

La seconde...

- Triste ? Comment ça ?

Bill semblait perdu. Tom hésita, se grattant nerveusement les bras. Il parla doucement.

- Je ne sais pas, à toi de m'expliquer. Je pensais que tu regrettais ce qu'on avait fait.

Bill cligna des yeux, surpris. Il se demanda s'il devait lui dire ce que ses pensées ne cessaient de ruminer depuis un mois. Cédant à son envie, il décida que oui. Bill se pencha à nouveau vers lui, murmurant à quelques centimètres de ses lèvres. Il rougissait légèrement.

- La seule chose que je regrette, Tom, c'est qu'on ne puisse pas recommencer.

Ledit Tom leva des yeux écarquillés. Son regard se plongea nerveusement dans celui de Bill. Il ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Bill posa un doigt sur les lèvres de Tom, l'en empêchant.

- Je sais qu'on ne peut pas. Je ne le sais que trop bien. Mais j'en crève d'envie, Tom. J'en crève, j'en crève...

Les yeux de Tom se fermèrent à ces mots et Bill enleva son doigt, libérant la bouche de celui-ci. Quelques secondes plus tard, Tom murmura, rouvrant ses paupières.

- Est-ce qu'on ne peut vraiment pas ?

Bill le fixa, louchant presque. Sa bouche s'était entrouverte. Il ne s'était pas attendu à cette réponse. Il murmura tout bas en secouant la tête. Sa voix semblait sur le point de se briser.

- On n'est plus sur une île à l'autre bout du monde où personne ne nous connaît. On est entourés de gens en permanence. Qu'est-ce qui arriverait si quelqu'un nous voyait ? Qu'est-ce qui arriverait si les gens savaient ? Bon dieu, qu'est-ce qui arriverait si maman savait ? On est frères, bordel, Tom. On est des putains de frères jumeaux.

Il baissa la tête. Une larme s'échappa de ses yeux qui en étaient remplis, Bill tentant tant bien que mal de les retenir. Il l'essuya d'un geste rapide. Quand il releva la tête, il fut surpris de voir les yeux brillants de larmes de son frère qui fixait leurs jambes. Tom posa une main sur un genou de Bill, le caressant doucement.

- Je sais tout ça, je sais. Je sais qu'on ne peut pas continuer. Je sais qu'on s'est promis de ne pas le faire. Mais c'est dur, tu sais ? Je pensais qu'une fois qu'on aurait succombé à notre envie, elle disparaîtrait. Mais en fait, c'est tout le contraire. J'arrête pas d'y penser. J'ai besoin de toi, Bill. J'ai vraiment besoin de toi.

Sur ces mots, il éclata en sanglots et appuya son front contre le torse de Bill, nichant sa tête sous son menton. Bill posa une main sur la nuque de Tom. Il fixait le mur, droit devant lui, caressant doucement le cou de Tom. Bill pencha sa tête, pour murmurer à son oreille.

- Tu es sûr de toi ?

Tom se redressa, se calmant peu à peu. Il hocha silencieusement la tête. Ils étaient nez contre nez. Ils se fixèrent pendant un moment. Ils savaient ce à quoi l'autre pensait. Les larmes quittèrent leurs yeux. La voix de Bill n'était toujours pas plus haute que le plus faible des murmures, son ton très doux.

- Si on devait continuer, personne ne devrait nous voir.

Il s'approcha encore et déposa un court baiser sur les lèvres de Tom. Celui-ci frémit. Cela n'était arrivé que de rares fois depuis un mois. Bill ferma ses paupières d'un battement de cils. Il continua, sa bouche contre la sienne.

- Personne ne devrait savoir.

Il l'embrassa à nouveau, ses lèvres entrouvertes et sa langue venant caresser celles de Tom. Cela n'était plus arrivé depuis un mois. Bill continua, articulant à peine contre sa bouche.

- Il faudrait continuer à mentir.

Cette fois-ci, Tom prit les devants et c'est lui qui l'embrassa, goûtant immédiatement de sa langue les moindres recoins de la bouche de Bill. Il l'embrassait avec fougue, ses mains venant s'entortiller dans les cheveux du chanteur. Il les fit basculer sur le lit, se frottant par la même occasion contre Bill. Celui-ci émit un gémissement et se cambra contre lui.

Ils continuèrent à s'embrasser, se frottant langoureusement, enlacés comme deux siamois, et Bill finit par détourner la tête pour respirer. Son c½ur battait à un rythme fou dans sa poitrine, et il sentait qu'il en était de même pour Tom, allongé sur lui.

Alors que Tom embrassait de baisers gourmands son cou, il l'entendit murmurer contre sa peau.

- Je mentirai.

Il continua à murmurer les deux mêmes mots plusieurs fois, ses lèvres descendant sur le corps de Bill alors qu'il lui enlevait lentement son T-shirt. Bill sourit.

Lui aussi mentirait au monde entier s'il le fallait.

Fin.

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# Posté le lundi 21 janvier 2008 09:18

Modifié le dimanche 08 mars 2009 11:07

Faiblesses

Faiblesses
Faiblesses

Je suis faible quand tu m'aimes

Et que tu parles à mon c½ur,

Je suis faible quand je t'aime

Et que je cède à ton c½ur...


XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Quelques jours avant Noël,

Tom zappait machinalement à travers les chaînes de la télévision, à la recherche de quelque chose de bien précis. Cela faisait quelque temps qu'ils étaient de retour en Allemagne après la longue tournée européenne qu'ils venaient d'achever, et il redécouvrait le plaisir d'être à la maison pour un temps.

Bill et lui partiraient en vacances quinze jours après les fêtes, mais jusque là, ils restaient à la maison, choyés par leurs parents qui ne les avaient pas vus de longue date.

Et pour l'instant, Tom était affalé sur le canapé, regardant la télévision. Cependant, il n'était pas aussi serein ce soir-là qu'il l'était habituellement, quand Bill et lui étaient de retour à la maison familiale.

Tom tourna la tête, écoutant attentivement. Bill était à la cuisine, en train de préparer de quoi grignoter devant la télé. Leur mère venait juste d'aller se coucher à l'étage, la soirée étant déjà bien avancée. Leur beau-père quant à lui était sorti à un concert avec ses potes musiciens. Sa soirée allait certainement se prolonger quelque part et il arriverait probablement vers 4 ou 5h.

Tom reposa son regard sur la télé. Il trouva enfin la chaîne qu'il cherchait et il lâcha la télécommande, la faisant tomber sans ménagement sur le fauteuil, le petit instrument allant se perdre au milieu des coussins.

Il se mit à regarder l'émission qu'il avait cherchée. Celle-ci était déjà bien avancée, touchant presque à sa fin. Il s'agissait d'une émission de variété stupide. Il soupira en attendant que le présentateur fasse un récapitulatif. Quand cela arriva, Tom se redressa légèrement sur son fauteuil, anxieux.

Il scanna l'écran. Rien. Il jura tout bas avant d'appuyer à nouveau son dos contre le fauteuil. Il n'en restait plus que trois, Bill n'allait tout de même pas...

Le top trois allait commencer. C'est à ce moment précis que ledit Bill revint enfin de la cuisine, portant à bout de bras plusieurs plateaux télé. Les deux frères avaient prévu de regarder ensemble un film.

Tom se précipita à la recherche de la télécommande en jurant sous cape. Il la trouva au bout de quelques instants et il appuya sur n'importe quelle touche, tombant sur un vieux film. Il releva la tête pour tomber sur son frère qui fixait la télé, immobile.

Bill sembla se reprendre néanmoins, et posant les plateaux qu'il tenait sur la table basse devant le canapé, il parla d'un ton dégagé.

- Ça va, je sais ce que tu regardais. Ça ne me dérange pas. Je veux savoir, moi aussi.

Tom le regarda, incertain. Il savait comment ce genre de chose pouvait toucher son frère, même s'il semblait être blindé, depuis le temps.

- Tu en es sûr ?

Bill s'assit à côté de lui et poussa un soupir en apparence résigné et nonchalant.

- Oui. De toute façon, si j'ai l'honneur de gagner, Andréas m'appellera illico pour me le dire.

Il prit la télécommande des mains de Tom et appuya de lui-même sur la chaîne que Tom regardait précédemment. Tom et lui regardèrent. Le présentateur parlait avec animation, deux acolytes autour de lui le fixant et intervenant de temps à autre. Derrière lui, on pouvait voir un grand écran avec un flot d'image. Le présentateur parla, désignant l'écran derrière lui qui prit soudainement toute la largeur de l'écran de télévision.

- Et découvrons maintenant qui est en deuxième position. Ah ! Mais c'est notre cher Bill Kaulitz !...

Le public se mit à rire et une vidéo préprogrammée démarra, livrant un petit discours avec des images et des personnalités commentant celles-ci, que les deux frères écoutèrent attentivement. Tom jeta un coup d'½il à son frère. Aucune expression ne semblait transparaître de son visage étrangement calme. C'était mauvais signe.

Le reportage prit fin et Tom changea de chaîne alors que la caméra revenait sur le plateau de télévision où présentateurs et public avaient un sourire narquois aux lèvres. Il regarda son frère avec inquiétude.

- Ils sont juste stupides.

Bill tourna la tête vers lui, un faible sourire faussement amusé se dessinant sur ses traits.

- Il y a un progrès tout de même, tu ne trouves pas ? Je ne suis plus premier comme l'an dernier.
- Bill...

Celui-ci s'impatienta.

- Bon, on le regarde ce film ? Ah, attends...

Son téléphone venait de sonner, et Bill farfouilla dans ses poches, se tortillant sur le canapé. L'ayant enfin trouvé, il le porta à son oreille et répondit. C'était Andréas. Tom observa son jumeau quelques secondes avant de se lever pour mettre un DVD dans l'appareil. Il entendait son jumeau parler d'un air absent à leur meilleur ami. Apparemment, Andréas était remonté à l'autre bout du téléphone, et Tom comprenait pourquoi.

La seconde personnalité la plus ennuyeuse et agaçante d'Allemagne.

Le pire était qu'ils n'avaient eu l'air de se baser, au vu du reportage, que sur la coiffure excentrique du chanteur, sans autre argument. Quelle connerie.

Qui étaient ces gens pour juger Bill ? Tom bouillonnait intérieurement. Ces gens faisaient, consciemment ou inconsciemment, le résultat était le même, du mal à Bill. Il savait bien que c'était le prix à payer de la célébrité et de la surexposition médiatique dont ils faisaient l'objet. Le fait qu'ils aient été cette année absents d'Allemagne n'y changeait rien. Bill était leur tête de turc, apparemment. Car si chaque membre du groupe faisait l'objet de rumeurs, Bill restait le souffre-douleur préféré des médias allemands.

Tom se retourna vers Bill. À vrai dire, son comportement l'inquiétait. Si Bill avait l'air de ne pas faire cas de son titre quasi-renouvelé ce soir-là, les mots qu'il prononçait à présent pour rassurer Andréas en disant que ce n'était pas grave sonnaient faux aux oreilles de Tom.

Il ne semblait pas être le seul à s'étonner de sa réaction, car Andréas à l'autre côté du combiné avait l'air de s'acharner verbalement contre le présentateur et toute sa clique associée. Bill soupira en se frottant le front d'une main, l'air las. Tom profita de cet instant pour lui subtiliser le portable. Il resta planté devant lui, portant le téléphone à son oreille.

Bill étant trop surpris pour dire quoi que ce soit, se contenta d'ouvrir la bouche pour protester, levant la tête vers lui. Il referma la bouche quand leurs yeux se rencontrèrent et il soupira quand Tom se mit à parler avec Andréas.

- Andi ? Oui, c'est Tom. Ouais j'ai vu... Mh... Je sais, des connards... Mh ? Ouais, des enfoirés... Ecoute, je vais te laisser, on avait prévu de se mater un film avec Bill... Je sais, je m'occupe de lui. Il te rappellera demain. Merci d'avoir appelé. Bye.

Bill, qui s'était amusé pendant que Tom parlait à donner des petits de coups de pied joueurs à Tom, le tissu de leurs chaussettes glissant et s'accrochant à celui de l'autre, releva brusquement la tête en l'entendant mettre fin à la conversation et le chanteur tendit les mains pour essayer de récupérer son portable, en vain. Tom avait déjà raccroché. Il pleurnicha.

- Tooom ! T'abuses ! Je voulais lui dire au revoir !

Bill agrippa chatouilleusement la taille de Tom, ce dernier se pliant un peu et écartant de ses bras les mains qui menaçaient de le torturer. Il eut un léger rire.

- Mais bien sûr ! Pour te retrouver demain matin encore scotché au téléphone ? Vous n'êtes que deux pipelettes, Andréas et toi !

Bill grogna et donna une petite tape sur la taille de Tom, faisant rire celui-ci. Il reprit fermement son téléphone en main. Quelques secondes passèrent en silence alors que les deux frères se fixaient. Le léger sourire qui s'était dessiné sur leurs lèvres commençait déjà à s'effacer. Bill soupira.

- De toute façon, j'aurais écourté l'appel. Andréas s'en fait trop. J'en ai rien à faire d'être considéré par les gens comme la seconde personne la plus emmerdante d'Allemagne.

Traficotant son portable entre ses doigts, Bill baissa les yeux et le regard de Tom se fit inquiet. Bill n'allait pas aussi bien qu'il le prétendait, même s'il semblait calme.

En fait, il était trop calme.

- Bill, tu es sûr que ça va ?
- Oui, j'ai l'habitude maintenant. Je m'en fous de ce qu'ils pensent. On le regarde ce DVD, oui ou non ?

Le ton de Bill était plus las qu'exaspéré, et Tom ne dit rien. Il s'installa à côté de Bill. Celui-ci commença à grignoter ce qu'il avait apporté de la cuisine.

- C'est quoi comme film ?

Tom se pencha pour prendre le boîtier vide. Il lut le résumé au dos qu'il résuma encore.

- Mh, un film d'horreur. Genre mi-fantastique, mi-boucherie.

Il sentit le regard effrayé de Bill se fixer comiquement sur lui. Le chanteur était inquiet, et il n'était pas le seul. Bill s'étrangla presque.

- Quoi ?

Tom haussa les épaules, l'air impuissant.

- Ne me demande pas pourquoi. Cadeau de Georg.

Ils se mirent à rire. Et ils lancèrent le film, éteignant les lumières. Leurs visages n'étaient à présent plus que légèrement éclairés par l'écran du grand téléviseur.

L'histoire débuta sobrement et calmement, mais ce ne fut que de courte durée. Bientôt, Bill et même Tom se mirent à sursauter à la moindre action. Bill prit la couverture qu'il avait descendue de sa chambre quelques heures plus tôt et les recouvrit tout deux.

Alors que l'angoisse du film montait, ils furent bientôt pelotonnés l'un contre l'autre, jambes recroquevillés sur le canapé. Bill était accroché au bras de Tom, sa tête posée contre son épaule, et quand un bruit suspect provenait de l'écran, les deux venaient agripper les vêtements de l'autre sous la couverture, se rapprochant pour se rassurer.

Néanmoins, Tom finit par légèrement décrocher son attention du film vers la fin, qui s'annonçait prévisible. Il constata avec soulagement qu'il avait fini de sursauter pour la soirée. Le film avait perdu son côté effrayant. C'est pourquoi il fut étonné de sentir Bill se rapprocher de lui, frissonnant, celui-ci venant même glisser sa main dans la sienne jusqu'à la fin du film.

Et quand celle-ci arriva, dans une scène finale pleine de sang et d'angoisse, Tom se crispa légèrement. Bien qu'il ne se serait jamais considéré comme peureux, grands dieux non, il n'avait jamais aimé ce genre de film. Bill non plus. D'ailleurs, celui-ci avait serré encore plus sa main à la fin et avait détourné la tête, fourrant son visage contre le cou de Tom pour éviter la scène finale.

Alors que les crédits commençaient déjà à défiler, Tom sourit. Bill était vraiment trop sensible. Tom secoua légèrement son bras. Bill était toujours agrippé à lui. Tom aurait même juré que son emprise s'était resserrée. Il rit doucement, amusé.

- Bill ? C'est terminé, tu peux regar...

Il s'interrompit quand il entendit un sanglot. Il se tourna lentement vers Bill et posa une main sur sa tête, caressant avec douceur les cheveux bruns.

Bill l'agrippa entièrement et se colla à lui, face à face. Il laissa soudainement libre cours à ses pleurs. Surpris, Tom l'entoura néanmoins de ses bras, commençant à les bercer tous les deux. Il entendit Bill pleurer et dire entre ses larmes.

- Pourquoi est-ce qu'ils me détestent ?

Tom caressa son dos. Il savait bien que les remparts que Bill s'était créés connaissaient parfois des avaries. C'était même plutôt rassurant pour lui de voir que Bill se laissait enfin aller à craquer, devant lui. Tom murmura.

- Ils sont juste stupides. Il leur faut juste trouver un bouc émissaire et tu es parfait pour eux. Tu es riche, beau, célèbre, avec plein de fans qui s'identifient à toi et qui copient ton look. Tu les agaces, c'est tout. Mais ce n'est pas pour ça que tu es agaçant. C'est leur propre jalousie qui est responsable, pas toi.

Bill sembla se calmer, Tom n'entendant au bout d'un moment plus aucun reniflement. Bientôt, de douces lèvres se firent sentir sur la peau de son cou et Tom frémit. Elles souriaient tendrement.

- Je t'aime, tu sais ?

Tom eut un petit rire. Il resserra ses bras, emprisonnant un peu plus son frère. Il murmura.

- Je sais. Je t'aime aussi, p'tit frère.

Il sentit la bouche de Bill déposer un baiser mouillé dans son cou et il sourit. Néanmoins, il fut surpris quand il sentit les lèvres de Bill se reposer à nouveau sur sa peau, l'emprisonnant de baisers jusqu'à ce qu'elles remontent juste au dessous de son oreille. Il ferma les yeux, appréciant l'attention, avant de les rouvrir brusquement, les fixant vers l'entrée du salon et les escaliers qui s'y trouvaient, menant à l'étage.

C'était imprudent. Leur mère pourrait descendre à tout moment pour une raison ou pour une autre. Il repoussa doucement Bill et caressa sa joue où les traces des larmes qui avaient coulé étaient toujours visibles. Il murmura, souriant légèrement avec amusement.

- Arrête, idiot. C'est pas prudent ici.

C'était la règle numéro 1 qu'ils avaient instituée depuis des années maintenant. En effet, ils ne prenaient jamais de risque quand ils étaient à la maison, surtout dans une pièce commune, ne serait-ce que de se bisouter un peu trop. Même si leur famille et leurs amis les savaient proches, ils étaient conscients que même ce genre de baisers pourrait leur paraître étrange et malsain.

Bill savait tout ça. Pourtant il bouda, son air sérieux. Il s'était penché vers lui, leurs visages dangereusement proches. Ses yeux louchaient visiblement sur les lèvres du guitariste, et Tom dut retenir un petit rire. Bill murmura plaintivement, cherchant à l'amadouer.

- S'il te plaît.

Tom sembla réfléchir à la question.

- À l'étage ?

Bill fit une petite moue, sa lèvre inférieure ressortissant légèrement.

- Non, je veux dormir avec toi, et non pas m'éclipser en plein milieu de la nuit.

C'était la règle numéro 2. Ils ne pouvaient pas dormir ensemble à l'étage. Il y avait belle lurette qu'ils ne partageaient plus officiellement la même chambre quand ils étaient à la maison, et Bill ne pouvait que trop bien se rappeler à son réveil l'expression hébétée voire figée de sa mère quand elle les avaient trouvés un matin, alors qu'ils avaient 15 ans, enlacés et quasiment nus, sauf leurs sous-vêtements, sous les draps du lit de la chambre de Tom.

Depuis, ils s'étaient mis d'accord. S'ils voulaient dormir ensemble à la maison, ça ne pourrait être que sur le canapé. Plus jeunes, ils s'y étaient endormis tellement de fois ensemble après avoir regardé la télé jusqu'à tard dans la nuit, que cela ne choquait plus personne de les y retrouver le matin en descendant dans le salon. Y dormir incluait d'ailleurs un minimum requis d'habillement, le rez-de-chaussée étant plus froid que l'étage.

Tom sourit. Il secoua la tête cependant, lui aussi un peu déçu à présent. Il continua en murmurant toujours.

- Pas de bisous alors. On ne peut pas prendre le risque de se faire surprendre ici.

Bill protesta avec vigueur.

- On entendra bien si quelqu'un vient.

Tom gloussa.

- Comme la dernière fois peut-être ?

La dernière fois, ils avaient été si occupés à s'embrasser qu'ils avaient à peine entendu Georg frapper à la porte de leur chambre d'hôtel. Celle-ci n'avait pas été fermée à clé, et Georg était entré. Tom et Bill s'étaient séparés à temps mais cela avait été juste.

Bill grimaça en y repensant et Tom rit un peu plus. Bill sembla s'impatienter et il chercha la télécommande dans la quasi-obscurité. Il éteignit le lecteur de DVD qui était resté bloqué sur la page titre du film, puis la télé et il se rapprocha de Tom dans le noir d'encre. Il tâtonna, cherchant de ses mains son visage. Il murmura, cherchant à le convaincre.

- Je m'en fous. J'ai besoin de toi. J'en ai besoin.

Tom secoua la tête.

- Non tu ne t'en fous pas, si maman ou Gordon venait à allumer la lumièr...

Il ne put terminer sa phrase, les lèvres de Bill n'en faisant qu'à leur tête s'abattant sur les siennes et les capturant alors que la main du brun descendait sur son torse pour venir se poser sur son c½ur qui battait comme un fou.

Bill recula et malgré le noir, Tom pouvait sentir son regard sur le sien. Et bientôt, les lèvres du brun revinrent, déposant une kyrielle de petits baisers, plus ou moins sonores. Tom jura légèrement, ses mots inintelligibles, et Bill le fit taire en l'embrassant avec plus de force, obligeant de manière délicieuse Tom à approfondir le baiser, ce qu'il fit avec un enthousiasme certain.

Bientôt, ce ne fut plus que baisers et caresses, innocents pour eux, mais qui auraient certainement été des plus choquants pour quiconque les aurait surpris à ce moment-là. Tom était à présent allongé sur Bill, l'embrassant, perdant conscience de ce qui l'entourait un peu plus à chaque seconde qui passait.

Il savait qu'ils devaient arrêter. Maintenant. Il savait qu'ils ne devaient pas se comporter ainsi, parce qu'ils étaient frères, et que des frères n'agissaient pas comme ça l'un envers l'autre. Ils devraient bien arrêter, un jour, pour de bon. Il se le jurait, comme à chaque fois. Mais il était faible, il l'était toujours. Si Bill avait besoin de lui ce soir, Tom avait besoin de lui en permanence, et il espérait secrètement que Bill viendrait toujours à lui quand il avait besoin de réconfort, pour qu'il le protège.

Car si Bill était un romantique né, cherchant une gentille fille dont il pourrait tomber amoureux, Tom ne voyait qu'une personne à aimer, réellement aimer. Bill.

Et quand Bill lui murmurait comme il le faisait à présent contre ses lèvres entre de doux et tendres baisers qu'il l'aimait et qu'il avait besoin de lui, encore et encore, Tom ne pouvait que céder à sa faiblesse, faisant frotter lentement leurs corps l'un contre l'autre pour montrer sa possessivité.

Les lèvres de Tom s'appuyèrent un peu plus sur les siennes alors que sa langue s'aventurait toujours plus loin dans la bouche de Bill, faisant taire momentanément les légers gémissements de celui-ci de langoureux mouvements de sa langue contre celle de Bill alors que ses doigts venaient effleurer son visage. Bill s'agrippait à son dos fermement, ses mains ne quittant ses épaules que pour venir caresser ses côtes. Leurs cheveux caressaient et chatouillaient la peau de l'autre, les envoûtant de doux parfums à l'odeur apaisante.

C'est alors qu'une clé se fit entendre, glissant et tournant dans la serrure de l'entrée. Après quelques secondes où ils se raccrochèrent à la réalité, ils échangèrent un dernier baiser avant de se détacher pour de bon et de se remettre sagement l'un à côté de l'autre, se battant avec la couverture pour s'en recouvrir et faire comme s'ils étaient déjà profondément endormis.

Ils s'immobilisèrent alors que la lumière s'allumait à l'entrée et que quelqu'un entrait dans le salon, sans toutefois allumer l'interrupteur. Leur beau-père s'approcha de la table pour y déposer ses clés et jeta un coup d'½il vers le canapé où une masse informe avait attiré son regard.

Il fit quelques pas et sourit en voyant les deux jeunes hommes blottis l'un contre l'autre sous la couverture, leurs têtes posées sur d'immenses coussins et yeux fermés. Et ce n'est qu'après les avoir observés un moment en silence, qu'il se dirigea vers la cuisine pour aller manger quelque chose.

Bill et Tom ouvrirent avec précaution les yeux après qu'il fût parti. Tom murmura, le plus bas possible, un petit ton de reproche boudeur dans la voix. Son c½ur battait encore la chamade.

- C'était juste.

Bill se retint de rire, son immense sourire se dessinant à peine dans la quasi-obscurité de la pièce. Tom sentit un bras s'immiscer autour de sa taille et il fit de même alors que Bill se nichait contre lui, se frottant pour chercher un peu plus de chaleur. Ils se sentaient si bien dans cette douce tiédeur.

Alors qu'ils respiraient lentement et profondément l'odeur de l'autre, Bill murmura contre sa peau.

- Merci, ça va mieux maintenant.

Tom sourit.

Les gens pouvaient être stupides.

Et il était certainement bien faible d'aimer ainsi son frère.

Mais si Bill allait bien, alors tout allait bien.

À suivre... (voir la fic 'souvenirs d'enfance')

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# Posté le lundi 21 janvier 2008 09:22

Modifié le lundi 09 mars 2009 11:34

Double Magnum

Double Magnum
Double Magnum

Bill leva la tête de sa serviette de plage et regarda avec attention autour de lui.

Lui et son frère étaient en vacances aux Maldives pour la deuxième année consécutive, loin des tumultes de la célébrité et des médias allemands et étrangers. Cependant, lorsqu'il entendit des clics lointains se confondre avec les bruit des vagues non loin de là, il fronça les sourcils et chercha avec attention de ses yeux cachés sous ses immenses lunettes de soleil les paparazzis qui se cachaient non loin de là, dans les fourrages exotiques de l'île.

Il se redressa pour mieux scanner les alentours, fronçant un peu plus les sourcils. Tom à côté de lui fit de même, mais pour observer son frère.

- Ignore-les, ils finiront bien par se lasser.

Bill grogna. Ils avaient pourtant réussi à trouver un coin tranquille de la plage, légèrement ombragé, où ils pourraient bronzer sans brûler leur peau peu habituée à un tel soleil. Il marmonna entre ses dents.

- Ils ont intérêt.

Puis il soupira. Il regarda Tom, une petite moue sur son visage.

- Même en vacances, ils ne peuvent pas nous ficher la paix ?

Tom se rallongea. Bill ne pouvait pas voir ses yeux, mais il devinait sans mal que ceux-ci s'étaient refermés.

- On va principalement passer nos vacances à bronzer. On ne va pas les intéresser longtemps.

Bill n'était pas si optimiste, et il tenta de lui faire comprendre en soupirant bruyamment, mais Tom ne répondit pas. Bill eut une petite moue. Mais bientôt, son esprit fut distrait par autre chose que les journalistes lorsque son regard se posa sur le corps de son frère. Il le détailla un long moment, observant les abdos et les pectoraux finement dessinés. Il soupira silencieusement et sursauta quand la voix de Tom brisa le calme ambiant.

- Tu aimes ce que tu regardes ?

Bill rougit immédiatement, ses yeux revenant sur le visage de Tom. Il ne pouvait toujours pas voir son regard. Ce petit sourire en coin l'énervait assez comme ça, de toute façon. Il grogna et il se rallongea sur le dos.

- Prends pas tes rêves pour la réalité.

Il entendit Tom rire doucement et l'ignora alors qu'il fermait les yeux, enlevant ses lunettes qui le gênaient. A côté de lui, il sentit Tom se redresser légèrement, mais Bill ne rouvrit pas les yeux, boudant toujours, loupant ainsi le regard de Tom posé sur lui, comme Bill l'avait fait auparavant.

Quand au bout de quelque temps Bill se hasarda à ouvrir un ½il, Tom fixait la mer d'un bleu incomparable. Il remarqua en passant le short de celui-ci. Rouge. Ils avaient choisi ensemble leurs shorts, pour être assortis. Un truc de jumeaux. La couleur favorite de Tom était le bleu, et celle de Bill était le rouge, mais aujourd'hui, ils avaient décidé d'échanger leurs shorts. Encore un truc de jumeaux. Tom se tourna vers lui.

- Tu viens ?

Il se leva, commençant lentement à se diriger vers l'eau. Il attendait Bill, sachant que celui-ci viendrait. Bill soupira mais sourit légèrement, remettant ses lunettes et se levant pour le rejoindre.

Ils entrèrent dans l'eau qui était délicieusement chaude et ils firent quelques brasses dans l'eau peu profonde. Ils s'avancèrent un peu plus loin puis s'arrêtèrent. Bill sourit en coin alors qu'il commençait à éclabousser Tom. Celui-ci s'écarta, un large sourire aux lèvres.

- Bill, on a dit 'pas les cheveux' !

Le matin même, Tom avait fait ses dreads et Bill avait lissé avec application ses cheveux, et ils s'étaient mis d'accord pour ne pas ruiner totalement leurs coiffures, et comme ils étaient de gentils frères attentionnés l'un envers l'autre, ils tenaient généralement parole. Généralement.

Bill lança un peu plus d'eau vers Tom, et celui répliqua cette fois-ci, obligeant Bill à se redresser pour l'éviter. Il rit.

- Tom !
- Tu l'as cherché !

Tom se redressa également, jouant avec l'eau de ses mains.

- Ca serait dommage d'être décoiffé, vu tous les journalistes qui prennent des photos.

Bill se retourna vers la plage, regardant des paparazzi peu doués longer les zones ombragées en courant pour trouver une cachette, espérant passer inaperçus. Bill murmura quelques jurons à leur intention. Quand il se retourna vers Tom, celui-ci accroupi dans l'eau était en train de l'observer attentivement.

- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien, je te regarde.

Encore une fois, Bill ne put s'empêcher de rougir. Il était habitué au regard de son frère sur lui. Après tout, bien plus que leur mère malgré le fait qu'elle les ait faits, c'était Tom qui connaissait le mieux son corps, et ils avaient l'habitude de se regarder, pour différentes raisons. Mais aujourd'hui, ce regard le gênait un peu.

Lui si perfectionniste était un peu jaloux du corps finement musclé qu'arborait son frère alors que lui, sous traitement de cortisone pendant quelques temps, avait pris quelques kilos et avait un air poupon qui tardait à partir. Il était jaloux, mais surtout, il s'était surpris à admirer le corps de son frère. Quelle ironie, alors qu'ils étaient jumeaux. N'étaient-ils pas supposés être pareils ? Exactement pareils ?

Il cligna des yeux quand il se rendit compte que, plongé dans ses pensées, il n'avait cessé de fixer son frère. Celui-ci ne semblait pas néanmoins être perturbé par son regard, se contentant de l'observer avec un petit sourire dont Bill ne savait quoi penser. Il sursauta quand Tom lui dit d'une voix étrangement grave et suave.

- J'ai faim, j'ai extrêmement faim.

Bill cligna des yeux.

A cet instant là, il avait eu la sensation que Tom ne parlait pas de son estomac.

Il détourna le regard en rougissant.

***

Plusieurs minutes plus tard, ils étaient dans la piscine extérieure de l'hôtel, entourés d'arbres exotiques, et surtout quasiment seuls. Bill n'avait même pas encore senti de paparazzi à proximité. Peut-être s'étaient-ils déjà découragés ?

Il porta sa cigarette à ses lèvres, puis après avoir expiré la fumée, il porta le cocktail fruité à ses lèvres, restant accroché au bord de la piscine. Délicieux. C'était vraiment le paradis sur Terre. Il barbotait tranquillement dans une piscine avec son frère à moins d'un mètre de lui, boisson et cigarette à portée de main. La température de l'eau et de l'air était tout bonnement idéale. Le monde était parfait.

Il regarda son frère terminer sa glace. Celui-ci le fixait tout en léchant le bâtonnet et Bill rougit une fois de plus. Décidément, il n'arrêtait pas aujourd'hui. Tom sourit en coin.

- Tu as chaud ?

Bill répondit sur la défensive, fronçant les sourcils.

- Il fait chaud.

Lui tournant la tête, Bill prit son verre dans une main, sa cigarette entre deux doigts, et il glissa pour s'installer dans un coin de la piscine, s'installant confortablement contre celui-ci. Tom se rapprocha et se mit devant lui, lui tournant le dos, s'appuyant d'un bras sur le rebord alors qu'il allumait à son tour une cigarette. Après avoir tiré la première bouffée, il continua, parlant nonchalamment.

- Tu as l'air énervé depuis ce matin.

Bill fixa sa tête, ne voyant qu'un énorme paquet de dreadlocks, puis il jeta un coup d'½il distrait derrière lui alors qu'il lui semblait entendre des clics provenant de la végétation.

- Normal, avec tous ces paparazzi autour. Qui ne serait pas stressé, à part toi ?

Tom rit légèrement, puis redevint calme.

- Il n'y a pas que ça. Il y a autre chose qui t'agace.

Bill grogna, baissant ses yeux vers l'eau. Il resta silencieux.

- Dis-moi.

Bill grogna plus fort et il donna un petit coup de pied sous l'eau, heurtant doucement une des jambes de son frère, leurs peaux glissant l'une sur l'autre.

- Ne m'oblige pas à le dire.
- Je veux que tu le dises.
- A quoi ça sert que je te le dise si tu le sais déjà ?
- Comment tu sais que je le sais déjà ?

Bill soupira de frustration. Son frère pouvait être agaçant des fois.

- Alors ?

Rectification. Pas 'des fois'. Tout le temps.

- Bill ?

Et il savait comment obtenir ce qu'il voulait. Bill tritura son verre pendant un moment, et Tom attendit, sentant que Bill débattait avec lui-même. Finalement, Bill céda. Il murmura, tremblant presque.

- Tu es magnifique.

Tom resta silencieux, tournant légèrement la tête mais pas assez pour le voir. Bill prit une autre bouffée de sa cigarette. Tom sourit légèrement.

- En quoi ça t'agace ?

Bill ne répondit pas. Il contourna Tom, cherchant à sortir de la piscine. Posant son verre et écrasant sa cigarette dans un cendrier qu'ils avaient embarqué de l'hôtel, il grogna.

- Je vais chercher une glace. Tu m'en as donné envie avec ton putain de magnum double caramel.

Tom ricana.

- Tu dis ça comme si c'était une mauvaise chose. On est en vacances pour en profiter.

Bill s'arrêta, le regardant.

- Je ne suis pas supposé m'empiffrer non plus. J'ai déjà pris assez de kilos avec mon traitement, c'est pas comme ça que je vais retrouver un corps svelte.

Il allait sortir de la piscine quand il sentit les deux pieds de Tom s'immiscer autour de sa taille, le retenant. Il se retourna et dit d'un air faussement menaçant.

- N'essaie même pas. J'ai besoin de ma dose de glucose, maintenant.
- Junkie.

Tom rit et Bill pinça légèrement un de ses mollets, un sourcil amusé se haussant malgré lui. Le blond couina, retirant vivement sa jambe. Bill allait sortir pour de bon quand Tom agrippa son bras. Bill le regarda, Tom avait l'air sérieux et préoccupé.

- Pourquoi ça te perturbe autant ?

Bill hésita. Il reposa ses pieds dans la piscine mais Tom ne lâcha pas son bras. Bill murmura et son regard se perdit dans les arbres tropicaux, à la recherche de possibles journalistes.

- Je vois déjà les critiques et les comparaisons en gros titres.
- Quelles comparaisons ?
- Toi et moi, qui d'autre ?

Tom cligna des yeux, l'observa un instant puis sourit, grandement amusé. Il le titilla.

- Serais-tu jaloux de mon corps d'athlète ?

Bill fronça les sourcils. Il s'énerva un peu.

- Ne sois pas idiot.

Il détourna le regard, soudainement embarrassé. Ses yeux piquaient, devenant brillants. Sa réaction était complètement enfantine, et il le savait. Il sentit le regard de Tom fixé sur lui, à nouveau préoccupé et sérieux. Sa main avait glissé sur son avant-bras gauche et caressait à présent son tatouage sous l'eau, à l'abri des regards indiscrets. Bill hésita. Il murmura.

- Peut-être que je le suis... un petit peu.

Il attendit quelques secondes, et voyant que Tom ne se moquait pas de lui, il releva la tête, cherchant ses yeux. Tom le regardait avec insistance.

- Jaloux ? Pourquoi ?

Bill haussa légèrement les épaules. Il le fixa après avoir détaillé une nouvelle fois son torse.

- Je te l'ai dit. Tu es magnifique.

Il fut surpris de voir Tom rougir et il sourit un peu. Tom évita ses yeux et sourit lui aussi avant d'étouffer un petit rire, gêné.

- Ca, je le sais...

Bill leva les yeux au ciel mais sourit quand même. Il chercha à nouveau à sortir de la piscine, détournant la tête, mais Tom le retint encore. Il se rapprocha de lui, agrippant plus fermement son bras.

- Toi aussi, tu es magnifique.

Bill rougit légèrement mais ne se laissa pas prendre. Il rit légèrement, un peu déçu.

- Bien sûr, tu vas pas me dire que je suis moche non plus, t'es mon frère jumeau, banane !

Tom fronça les sourcils. Ce n'était pas dans les habitudes de son frère de ne pas se trouver beau. Mais depuis qu'il avait été obligé de suivre ce traitement pour soigner ses cordes vocales...

Il se pencha vers lui.

- Je suis sérieux, tu es vraiment magnifique comme ça.

Bill se fit ironique.

- Mais bien sûr. Magnifique comment ?

Bill tourna la tête vers lui. Tom se pencha un peu plus pour murmurer à son oreille.

- Magnifique à croquer.

Leurs visages se touchaient presque. Bill resta silencieux un moment, visiblement surpris alors qu'une teinte rosie avait envahi ses joues. Il approcha à son tour ses lèvres de l'oreille de Tom et il susurra tout bas.

- Je te mangerais bien, moi aussi.

Il recula soudainement, un immense sourire à présent sur son visage. Il lui lança un regard taquin.

- Mais pour l'instant, j'ai un magnum triple qui attend que je vienne le manger.

Il sortit enfin de la piscine, laissant un Tom rougissant jusqu'à la racine de ses dreadlocks.

***

Allongé sur le lit, écoutant le bruit de la mer qui lui parvenait de la fenêtre ouverte, Bill s'endormait presque. Ils venaient de revenir du restaurant de l'hôtel. Ils avaient terminé de sortir pour la journée. Ras-le-bol des paparazzi. Ils étaient à l'abri, dans leur chambre. Quelle ironie. Ils passaient leur année à voyager d'hôtel en hôtel, et au moment où ils auraient aimé s'en évader, c'était encore le seul endroit où ils se sentaient vraiment tranquilles, libres de faire ce qu'ils voulaient.

Il tourna la tête lorsqu'il vit Tom sortir de la salle de bains, venant juste de prendre sa douche après lui. Il l'observa alors qu'il venait se crasher juste à côté de lui. C'était bien la peine qu'ils aient une chambre avec deux lits. Bill grogna.

- Tom, tes dreads vont inonder mon lit.
- C'est pas grave. On n'aura qu'à dormir dans le mien.

Bill sourit légèrement et ils ne dirent plus rien pendant un moment, restant yeux fermés, allongés côte à côte, appréciant l'agréable silence et la présence si proche de l'autre.

Au bout d'un moment, Bill ouvrit les yeux, tournant la tête vers lui. Il l'observa un peu et ses yeux errèrent sur le torse de Tom, aussi nu que le sien. Il hésita puis avança une main. Le bout de ses doigts vint l'effleurer, venant glisser sur les abdos, lentement et avec douceur. Tom soupira de contentement. Le contact de ses doigts chauds sur sa peau rafraîchie par la douche était juste divin.

Les doigts de Bill rentraient de plus en plus en contact avec sa peau et remontaient vers le haut de son torse, caressant les pectoraux. Bill se rapprocha et déposa un baiser à l'intérieur du bras de Tom avant de se redresser pour se placer au-dessus de lui. Il baissa sa tête pour la plaquer contre le cou de Tom, ses cheveux légèrement mouillés venant le chatouiller.

Bill murmura.

- Il me semble t'avoir promis de te manger, non ?
- Je ne sais pas. Il me semblait plutôt que tu avais donné la priorité à un fichu Magnum.

Bill releva la tête pour le regarder, riant doucement. Il rebaissa la tête pour appuyer son nez contre celui de Tom alors que leurs yeux rieurs étaient plongés dans ceux de l'autre.

Ils se calmèrent un peu et Bill pencha un peu sa tête sur le côté, lentement pour poser plus aisément ses lèvres sur celles de Tom. Elles s'y attardèrent quelques secondes, lèvres humides contre lèvres humides, leurs langues se touchant à peine. Bill recula pour le regarder. Il murmura.

- Je peux maintenant ?

Il fit glisser une main le long du cou et du torse de Tom et alors qu'ils s'observaient encore, Tom attira soudainement ses lèvres aux siennes, agrippant la nuque de Bill. Ils s'embrassèrent avidement avant que les lèvres de Bill ne commencent à descendre, venant embrasser et mordre son cou.

Puis elles descendirent encore, s'attaquant à son torse, léchant et suçant alors que ses mains venaient caresser son ventre. Cela dura un moment et la respiration de Tom devint progressivement saccadée. Il haleta encore plus quand Bill s'attaqua à son ventre, le goûtant goulûment de ses lèvres.

Sa bouche y resta un temps et sa main erra plus bas, se posant sur la bosse protubérante, au-dessus du caleçon. Il la caressa paresseusement pendant un long moment, continuant à poser de légers baisers sur le ventre de Tom.

Finalement, il glissa sa main à l'intérieur du caleçon et l'agrippa. Il sentit Tom se tordre légèrement et le blond poussa un cri étouffé. Bill remonta un peu sur lui et posa sa main inoccupée sur l'épaule de Tom, se maintenant expertement en équilibre sur son coude et ses jambes. Il se remit à embrasser son torse, continuant à caresser lentement le membre de Tom.

Une des mains de Tom s'était immiscée dans sa chevelure tandis que l'autre s'agrippait à son épaule, l'enserrant fermement. Ses lèvres bougeaient, semblant vouloir dire quelque chose.

Bill le remarqua et il leva la tête, se redressant un peu pour l'observer.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Tom murmurait faiblement, le souffle court.

- Je veux, je veux...

Bill remonta totalement sur lui, approcha son visage du sien, restant quasiment lèvres contre lèvres. Il sourit avec douceur, observant son visage, et il se mordit la lèvre inférieure. Il aimait voir son frère dans cet état-là à cause de lui.

- Tu veux quoi ?

Tom agrippa sa tête de ses deux mains et il lui caressa les tempes alors qu'il murmurait contre ses lèvres.

- Je veux te goûter.

Et sans le prévenir, il le renversa contre le lit, et Bill inspira une grande bouffée d'air sous la surprise. Les draps mouillés par les dreadlocks de Tom étaient frais contre la peau nue de son dos.

Tom s'attaqua à son cou, et bientôt ses lèvres s'aventurèrent sur son torse, alors qu'une des mains de Tom s'affairait déjà dans son caleçon, venant le caresser à un rythme soutenu. Cela dura un petit moment puis Tom murmura contre un de ses tétons.

- Ne viens plus jamais me dire...

Il l'embrassa et joua doucement avec entre ses dents, et Bill eut le souffle coupé, son inspiration se faisant lourde dans le silence de la chambre. Tom le relâcha et continua.

- ... que tu n'es pas magnifique.

Il accéléra ses caresses, continuant à embrasser son torse de baisers mouillés, et Bill poussa des petits cris, tentant tant bien que mal de les étouffer. Tom libéra son membre, baissant habilement le caleçon de sa main libre pour mieux le toucher et il se redressa légèrement, se pinçant les lèvres alors qu'il regardait d'un air hagard le corps et le visage de Bill qui se tordaient sous son toucher.

Bill ouvrit brièvement les yeux et ses lèvres articulèrent trois petits mots parfaitement inaudibles à son intention juste quelques secondes avant que son corps se raidisse et qu'un liquide chaud se répande sur son ventre.

Sa tête toujours dans les étoiles et sa respiration difficile se calmant peu à peu, il sentit des lèvres parcourir son ventre, la langue de Tom s'attardant sur sa peau et léchant le précieux liquide, alternant avec des baisers. Tremblant encore de son orgasme, Bill baissa la tête, souriant de surprise gênée.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Tom termina ce qu'il était en train de faire et remontant sur lui, il vint caresser de sa main la taille de Bill. Il l'embrassa sur la joue puis il le regarda, leurs yeux se fixant.

- J'avais bien dit que je voulais te manger, non ?

Ils sourirent puis ils rirent doucement, leurs yeux scintillant dans la quasi-obscurité. Puis semblant se rappeler soudainement de quelque chose, Tom leva légèrement la tête, le fixant avec un petit sourire.

- Au fait, moi aussi.

Je t'aime.

Bill cligna des yeux avant de comprendre, se rappelant ses propres mots qui n'étaient pas parvenus à franchir ses lèvres.

Il sourit alors que les lèvres de Tom enveloppaient les siennes et qu'ils s'enlaçaient un peu plus, blottis l'un contre l'autre.

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Le lendemain, les Kaulitz étaient encore sur la plage, bronzant sur leurs transats alors que les paparazzi jouaient à une partie de cache-cache dans les buissons tropicaux.

Peut-être se décourageraient-ils avant la fin de leurs vacances ?

Peut-être pas.

Mais alors que les jumeaux dégustaient chacun un Magnum Double, se jetant quelques coups d'½il et se souriant de temps à autre dans une douce ambiance, assis côte à côte, rien n'aurait pu gâcher leurs vacances.

Sauf une pénurie de Magnums.

Peut-être.

Fin.

Donnez une note à cet OS : * ** *** **** *****

# Posté le lundi 21 janvier 2008 09:24

Modifié le dimanche 08 mars 2009 11:08

Souvenirs d'enfance

Souvenirs d'enfance
Souvenirs d'enfance

(suite de 'Faiblesses')

Tom grogna dans son sommeil alors que qu'un poids venait se frotter à lui, l'enfonçant toujours plus dans les coussins du canapé. Yeux fermés, Tom grommela un peu plus en guise de défense, mais cela n'encouragea que plus la personne qui s'amusait à envahir son espace vital.

Se réveillant peu à peu, il bâilla un grognement et ouvrit un ½il pour identifier le coupable.

Son visage blotti contre son cou, semblant dormir profondément, Bill se collait toujours plus à lui, bougeant lentement mais sûrement contre lui. Tom murmura, amusé.

- Bill ? Qu'est-ce que tu fous ?... Ah !...

Tom eut le souffle coupé sous la surprise quand il sentit quelque chose de dur se frotter contre sa hanche. Il tenta de baisser la tête, mais il ne put que la poser sur celle de Bill. Ce dernier ouvrit la bouche dans son sommeil et souffla de l'air en gémissant contre son cou. Tom rougit et secoua légèrement Bill d'une main posée sur sa taille. Il devait le réveiller.

La veille au soir, ils s'étaient endormis sur le canapé après une soirée intense en émotion... et en baisers, mais là, c'était trop. Ils ne pouvaient agir ainsi. Il leva la tête. Le jour commençait à percer à travers les volets. Leurs parents seraient bientôt debout. S'ils les trouvaient comme ça...

Il secoua un peu plus son frère et siffla entre ses dents.

- Putain Bill, réveille toi !

Mais celui-ci se contenta de gémir de manière aiguë, prenant apparemment encore plus de plaisir alors qu'il se frottait langoureusement contre Tom.

Tom grogna et s'impatientant, il délaissa la taille de Bill pour plonger sa main dans ses cheveux, tirant doucement mais fermement sur eux pour faire reculer sa tête. Il parla d'une voix un peu plus haute, fixant les yeux fermés de l'endormi.

- Bill, ouvre les yeux ou il va t'arriver des bricoles !

Comme pour confirmer ses dires, repliant légèrement son genou de libre, il donna un très léger coup de sa cuisse dans l'entrejambe du jeune homme.

Il ne s'était cependant pas attendu à ce que Bill n'en gémisse que plus, sa bouche s'ouvrant délicieusement alors qu'il se tendait légèrement dans son sommeil. Sa douce voix aiguë fit frissonner l'échine du guitariste. Tom écarquilla les yeux, son regard fixé sur le visage du brun. Bill se détendit à nouveau, haletant un peu.

Tom cligna des yeux et curieux de savoir jusqu'à quel point Bill pourrait rester endormi, il passa doucement sa main dans les cheveux du brun alors que son bras encerclait le dos de Bill, puis il frotta de nouveau sa cuisse contre la bosse qui transparaissait du pantalon que Bill avait gardé pour dormir.

Bill haleta un peu plus fort, se tortillant légèrement, et Tom regarda avec fascination ses lèvres. Il accéléra le mouvement de sa cuisse et quand il sentit qu'un petit cri s'apprêtait à s'échapper de la gorge de l'endormi, il l'étouffa de sa bouche, goûtant les lèvres humides.

Il l'embrassa goulûment avant de reculer pour l'observer brièvement. Il se pencha à nouveau, ses lèvres frôlant les siennes alors qu'un souffle chaud et rapide s'échappait fiévreusement de la bouche du brun, quand des bruits de talons se firent entendre, se rapprochant à vive allure.

Tom écarquilla les yeux et repoussa violemment Bill, envoyant valdinguer celui-ci par terre, le réveillant brusquement par la même occasion. Sa tête avait heurté durement le sol, heureusement recouvert d'un épais tapis.

- AÏE !

Relevant sa tête du tapis, Bill se frotta la tête, grimaçant. Il se releva à moitié en jetant des yeux hagards autour de lui. Tom s'affola et il agrippa son poignet, très inquiet.

- Bill ! Ça va ? Je voulais pas... Mais tu...

Le regard de Bill se fixa sur lui, perdu.

- Tu m'as poussé ?
- Oui, mais parce que tu...

À ce moment-là, Tom entendit quelqu'un passer la porte du salon, probablement attiré par le bruit qu'ils faisaient et il lâcha son poignet.

Tom baissa les yeux vers l'entrejambe de son frère et rougit. Ignorant le froncement de sourcils naissant de Bill qui continuait à se frotter la tête, Tom lui jeta un énorme coussin venant recouvrir son bassin et ramena la couverture sur lui. Bill le regarda avec étonnement et Tom le fixa, essayant de lui faire comprendre à travers ses yeux.

Bill cligna des yeux et souleva légèrement le coussin, regardant dessous brièvement avant de relever la tête, fixant son frère. Tom eut un petit sourire lorsque les joues de Bill rosirent et qu'il serra avec embarras le coussin dans ses bras, s'asseyant en tailleur.

Simone, leur mère, s'approcha. Elle sourit.

- Bonjour les enfants. Eh bien ? Tu dors par terre maintenant, Bill ?

Oubliant temporairement sa gêne, Bill bouda, fusillant son frère du regard.

- Tom m'a fait tomber !

Tom leva les yeux au ciel. Il sauvait son frère d'une situation gênante et celui-ci s'arrêtait à des détails... Il sourit narquoisement.

- J'y peux rien si tu prends trop de place. Tu as grossi dernièrement, non ?

Bill ouvrit la bouche, un petit cri outré en sortant et il donna une petite tape sur l'avant-bras de Tom, faisant rire celui-ci. Il lui donna une fausse tape sur la main en retour et Bill fit de même, et ils recommencèrent, leurs mains s'entrechoquant alors que Bill donnait de jolis noms d'oiseaux à son frère. Simone secoua la tête en souriant.

- Arrêtez de vous chamailler. Et pas de gros mots, n'est-ce pas, Bill ?

Bill fit une petite moue en la regardant. Il se plaignit sur un ton enfantin.

- Mais c'est lui qui a commencé !

Se recevant une petite tape sur la joue qui réengagea les hostilités, Bill s'affaira à tenter d'attraper les mains de Tom. Simone leva les yeux au ciel.

- Des fois, je me dis que vous retombez en enfance à chaque fois que vous revenez à la maison. Mais en fait, je crois que j'ai tort. Vous êtes simplement deux grands bébés. Mes grands bébés.

Les deux frères grimacèrent à l'appellation, protestant à l'unisson.

- Maman !

Simone sourit et se baissa pour leur donner à chacun un bisou sur la joue, avant de se redresser.

- Enfin, tant que vous ne vous tapez plus dessus avec des poêles à frire, j'imagine que tout va bien. Ah ! Et puis, si tu es tombé, c'est peut-être parce que vous êtes trop grands pour dormir à deux sur le canapé.

Elle ébouriffa les cheveux de Bill puis se dirigea vers la cuisine. Bill fit une petite moue avant de fixer Tom qui semblait très amusé. Bill fronça les sourcils et dit d'un ton menaçant.

- Qu'est-ce qui t'amuse au juste ? Le fait d'avoir failli fracasser ma tête ?

Pour appuyer ses dires, il se remit à frotter sa tête à l'endroit où elle avait heurté le sol, même s'il n'avait plus mal à présent. Tom redevint légèrement sérieux et il passa doucement sa main dans les cheveux de Bill, venant masser le crâne de celui-ci. Les yeux de Bill s'écarquillèrent légèrement puis un peu plus lorsque Tom finit par se pencher vers lui, dégageant les cheveux de Bill pour déposer un bisou sur l'endroit auparavant douloureux. Il se redressa un peu et sourit.

- Ça va mieux ?

La main de Tom glissa sur sa mâchoire et Bill attrapa sa main dans la sienne pour embrasser sa paume puis l'intérieur de son poignet. Il ne répondit pas. Ses yeux parlaient pour lui, son regard intense. Tom sourit.

- Ça fait bien longtemps qu'on ne se tape plus avec des poêles à frire, hein ?

Bill se contenta de glousser et de serrer un peu plus sa main affectueusement avant de la relâcher. Cela faisait longtemps, en effet. À présent, l'idée ne leur viendrait même plus de faire mal à l'autre, autant physiquement qu'affectivement parlant.

Tom sourit puis murmura, évitant son regard, embarrassé.

- Je suis désolé pour tout à l'heure. Mais j'ai paniqué. Tu n'arrêtais pas de... de...

Il sentit Bill se redresser un peu et poser ses mains sur ses genoux. Les lèvres du brun vinrent se coller à son oreille. Il hésita.

- De me frotter à toi ?

Tom frissonna, il murmura contre sa joue.

- Tu bandais.

Bill resta silencieux deux ou trois secondes avant de répondre en hésitant.

- Toi aussi ?

Tom détourna un peu la tête, sentant la chaleur gagner à nouveau ses joues.

- Possible.

Il fut étonné d'entendre Bill rire doucement. Ils reculèrent tous les deux pour se regarder face à face. Bill semblait amusé.

- Maman a raison. On retombe vraiment en enfance quand on revient ici.

Il continua en baissant la voix, légèrement pensif, s'adressant plus à lui-même qu'à Tom.

- Ça faisait longtemps.

Bill ne dit plus rien et se leva pour venir s'asseoir à côté de Tom, ses mains errant dans le canapé à la recherche de la télécommande de la télévision. Tom l'observait du coin de l'½il. Il savait que Bill se souvenait en ce moment de la même chose que lui. Bill ne le regardait pas, et pourtant Tom savait que l'attention de son frère était centrée sur lui alors que ses yeux étaient eux rivés sur le petit écran.

Tom n'exagérait pas quand il disait qu'il savait toujours exactement ce à quoi son jumeau pensait. Cela n'avait rien à voir avec l'existence d'un sixième sens ou de quelque chose de mystique. C'était juste... un fait. Ils n'étaient qu'un à l'intérieur. Cela lui paraissait normal qu'ils pensent aux mêmes choses.

Or, Tom se rappelait en ce moment même combien de fois après avoir dormi la nuit ensemble ils avaient pu se réveiller, se frottant de manière tantôt ensommeillée, tantôt vigoureuse et brûlante l'un contre l'autre pour faire partir leurs érections matinales. Rien de bien méchant. Juste un partage de baisers mouillés et de câlins alors que leurs corps nus s'épousaient pour mieux se caresser et s'exalter.

Il savait, pour se l'être avoué mutuellement, que Bill et lui avaient très rapidement fini par y prendre goût, et ça, dès l'âge de leurs treize ans. À la plus forte période de cette dépendance, il leur était même arrivé de faire ça plusieurs fois par jour, se caressant mutuellement et s'embrassant dans un coin tranquille, quand ils savaient que personne ne pourrait les surprendre.

Néanmoins, c'était une pratique qui avait peu à peu disparu. Il n'en restait à présent que les baisers qu'ils échangeaient de temps à autre, ce qui était déjà bien, et surtout essentiel et indispensable pour eux, même s'il regrettait parfois le temps de l'insouciance où ils pouvaient sans honte et sans culpabiliser se faire plaisir.

Tom ne pensait pas pour autant que leur relation était étrange. C'était juste... leur relation. Cela n'avait pas été bizarre d'avoir fait ce qu'ils avaient fait, même s'ils savaient tous les deux que ça ne pouvait pas durer éternellement. D'ailleurs, cela devait faire presque six mois qu'ils ne s'étaient plus du tout touchés aussi intimement.

Néanmoins, il n'avait fallu que quelques secondes de contact ce matin à Tom pour qu'il ait envie de recommencer. Il jeta un coup d'½il à son jumeau. Celui-ci semblait toujours plongé dans ses pensées. Néanmoins, quelque chose sembla l'en extirper. Bill se mit à fredonner, ses yeux hypnotisés par la télévision.

- ♪ Gummibären, hüpfen hier und dort und überall. Sie sind für dich da wenn du sie brauchst, das sind die Gummibären. ♪ (1)

Il continua à chanter de plus en plus fort avec conviction, se balançant de gauche à droite, faisant virevolter ses cheveux lisses d'un côté puis de l'autre. C'était la chanson d'un dessin animé qu'ils avaient regardé, enfants. Tom haussa un sourcil et se figea, s'inquiétant de la santé mentale de son frère. Il demanda avec précaution, posant une main sur le front de celui-ci, vérifiant sa fièvre.

- Bill ? Tu es sûr que tout va bien ?

Tom baissa sa main et Bill se rapprocha tout près de lui, assis en tailleur. Il ne répondit pas, se mettant au contraire à lui chanter la suite nez à nez en même temps que la voix provenant du téléviseur. Tom sourit alors que leurs yeux brillants s'inondaient de douceur. Tom eut un petit rire avant de déclarer, faussement sérieux et secouant la tête avec compassion.

- Je savais que tu craquerais un boulon, tôt ou tard.

Bill continua, plus bas, susurrant les dernières paroles d'une voix enfantine en souriant. Leurs nez se touchaient à présent et se frottaient légèrement. Le sourire de Tom s'adoucit encore tout comme celui de Bill et ce dernier leva sa main, laissant le bout de ses doigts errer sur la joue de Tom. Bill jeta un coup d'½il furtif vers l'entrée du salon. Leur mère devait être occupée, mais il n'avait pas le droit à l'erreur. Ils ne pouvaient pas tenter le diable. Bill termina la chanson et ils restèrent un moment à se regarder tendrement sans bouger ni rien dire, captivés par l'autre.

Puis Bill murmura.

- Il y a juste des souvenirs qu'on ne veut pas oublier.
- Les chansons de dessins animés ?
- Par exemple, mais pas seulement, bébé.

Tom frémit lorsque Bill entoura ses épaules de ses bras et le serra tendrement. Néanmoins, la manière dont Bill avait prononcé ce dernier mot n'était pas si innocente. Il en eut la confirmation quand il l'entendit murmurer contre son cou.

- Tu veux faire revivre quelques souvenirs ?

Tom déglutit. Il était presque sûr de savoir les intentions de Bill, et il ne pouvait pas refuser. Il ne voulait pas refuser. Il ne se rappelait que trop bien l'agréable sensation dans son bas-ventre quand Bill s'était frotté contre lui ce matin. Il n'hésita pas.

- Où ça ?

Bill réfléchit pendant quelques secondes. Leurs chambres n'avaient pas de serrure et s'enfermer à deux dans la salle de bains aurait pu paraître bizarre si quelqu'un les surprenait. Aucune autre pièce n'était envisageable, sauf...

- Le grenier.

Bill recula et lui fit un clin d'½il à la fois coquin et timide avant de se lever pour aller déjeuner, suivi des yeux par Tom.

Le blond sourit quand il entendit Bill rechanter et il fredonna, se levant pour le suivre.

- ♪ Gummibären, hüpfen hier und dort und überall ♪...

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Plusieurs heures avaient passé. Ils n'avaient pas réussi à être seuls depuis le matin. Heureusement, des amis de leurs parents étant passés voir leur mère, Bill avait réussi à s'éclipser, Tom suivant ses traces quelques minutes après, non sans avoir été contraint et forcé de faire poliment la conversation à leurs invités, expliquant ô combien être dans un groupe de rock, voyager à travers toute l'Europe, rencontrer des stars et recevoir plein de cadeaux de toutes parts était génial, et bla bla bla...

Or, Tom se foutait bien de tout ça pour l'instant. Il n'avait eu qu'une seule chose en tête depuis ce matin. Le joli cadeau que sa mère avait eu la bonne idée de lui faire le même jour que sa naissance et qui se prénommait Bill.

Alors qu'il montait l'échelle de bois qui menait à la trappe du grenier, Tom sentit son c½ur battre un peu plus fort. C'était con, mais il ne pouvait s'empêcher d'être nerveux. Bill était déjà là, à l'attendre. Tom rougit. On aurait dit un rendez-vous amoureux clandestin.

Tom ouvrit la trappe et monta, la refermant derrière lui. Il chercha avec des yeux nerveux son frère et il sourit quand il le vit. Cependant Bill ne le regardait pas. Il était accroupi devant une énorme boîte dont il examinait avec curiosité le contenu, semblant ne pas s'être rendu compte de la présence de Tom.

Néanmoins, quand Tom se rapprocha de lui et qu'il se pencha au-dessus de sa forme accroupie, Bill ne sembla pas surpris en levant la tête vers lui, lui adressant un petit sourire. Tom cligna des yeux en voyant ce qu'il examinait.

- Mais c'est...

Bill regarda à nouveau l'objet devant lui.

- Tu t'en souviens ?

Tom s'assit à genoux à côté de lui, plongeant une main dans la boîte.

- Bien sûr. C'est là qu'on mettait tous nos jouets. Ils sont toujours là d'ailleurs.

Il en attrapa un et l'examina, perplexe.

- Tu te souviens à quoi ça servait, ça ?

Bill secoua la tête, riant doucement. Il était lui aussi en train de farfouiller à la recherche de trésors perdus. Ils restèrent ainsi de longues minutes à regarder tous les objets, agrippant le bras de l'autre quand ils se rappelaient de quelque chose de précis et se racontant leurs souvenirs communs.

Bientôt, ils avaient passé en revue la quasi-totalité du contenu de la boîte et c'est avec un soupir mélancolique qu'ils se rassirent sur leurs genoux, leurs bras accrochés aux rebords de la boîte, l'observant en silence. Finalement, Bill eut un petit rire.

- Tu te rappelles comme on avait peur de cette boîte, la nuit ?

Tom sourit. Il se rappelait. C'était du temps où Bill et lui partageaient encore la même chambre. Tom continua.

- Elle faisait des bruits bizarres dès qu'il faisait noir et on croyait qu'il y avait des monstres à l'intérieur.

Bill rit doucement et agrippa l'avant-bras de Tom.

- Et tu venais dormir dans mon lit quand tu avais peur.
- Quoi !? C'est toi qui venais dans mon lit. C'est surtout toi qui pensais qu'il y avait des monstres.

Bill haussa les épaules et Tom grommela. Bill avait vraiment une mémoire sélective et ne semblait parfois vouloir se rappeler que de ce qui l'arrangeait. Bill protesta.

- Tu y croyais aussi !
- Parce que tu m'embobinais !

Bill sourit d'un air satisfait. Il lui jeta un coup d'½il et insista.

- Donc, tu y croyais.

Bon, ok. Tom aussi avait une mémoire sélective. Se trouvant pris dans son propre piège, il marmonna.

- Grmh, moui, peut-être.

Bill s'approcha, obligeant Tom à se tourner vers lui. Bill haussa les sourcils, penchant légèrement la tête sur le côté et plissant les yeux.

- Et tu venais aussi dans mon lit.

Sans attendre sa réponse, Bill glissa ses bras tendus sur les épaules de Tom, emprisonnant son cou. Tom le fixa en rougissant. Il détendit ses jambes et murmura, admettant timidement.

- Oui.

Tom s'était tant de fois glissé dans le lit de Bill, les deux s'emprisonnant dans leurs bras en tremblant alors que leurs yeux grands ouverts et leurs oreilles attentives scrutaient la pièce, à la recherche de la moindre chose suspecte, leurs petites têtes dépassant à peine des draps.

Tom grogna face au petit sourire narquois de son frère mais s'arrêta quand Bill se glissa sur lui, ses genoux et ses cuisses encerclant ses hanches. Par réflexe, Tom passa ses bras autour de sa taille. Bill le dominait de quelques centimètres. Le brun l'embrassa sur le côté du nez avant de reculer un peu. Il se mit à caresser affectueusement le sommet de son crâne, où ses dreadlocks attachées naissaient. Il lui dit d'un ton joueur mais sincèrement fier.

- J'ai toujours su te manipuler.
- Ça, c'est ce que tu crois.

Bill eut un large sourire et frotta son nez contre le sien, leurs yeux rieurs se fixant. Soudainement, Bill rapprocha ses lèvres des siennes et Tom retint son souffle. Le souffle de Bill était chaud lorsqu'il parla.

- Tu veux que je te montre ?

Tom battit des paupières, ses yeux se fermant légèrement. Il murmura.

- Ça fait longtemps.

Bill hésita un instant.

- Tu ne veux pas ?

Tom eut un petit rire. Il déposa un court baiser sur ses lèvres puis le regarda.

- À ton avis ?

Les yeux de Bill brillèrent et il caressa avec douceur sa joue alors que ses lèvres se déposaient sur les siennes et commençaient à bouger lentement, appréciant chaque seconde. Tom le laissa faire, suivant le mouvement de ses lèvres sans pousser plus loin le baiser.

Bill posa son autre main sur son torse, l'y laissant un moment pour sentir le c½ur de Tom battre un peu plus fort alors que leur baiser s'approfondissait, la langue de Bill se faufilant entre les lèvres de Tom. Ils gémirent tous les deux.

Tom caressa sa taille et ses cuisses tandis que Bill faisait glisser sa main sous son T-shirt, ses ongles venant légèrement griffer la peau du blond. Et quand Bill roula ses hanches contre les siennes, Tom haleta entre leurs lèvres entrouvertes, ses yeux fermés. Bill lécha lentement ses lèvres, jouant avec le piercing du blond. Quand il ouvrit les yeux, Tom vit que Bill l'observait, ses paupières à moitié closes faisant entrevoir des yeux noirs de désir.

Tom frémit quand les doigts de Bill caressèrent sa peau jusqu'à trouver le bout de son T-shirt pour lui enlever. Il entendit Bill rire un peu lorsqu'ils luttèrent pour faire passer le haut du T-shirt qui s'emmêlait avec ses dreadlocks.

Dès qu'ils furent débarrassés du vêtement encombrant, les lèvres de Bill se déposèrent directement sur son cou, l'embrassant avidement alors que ses mains caressaient avec insistance sa peau nue. Tom grogna quand le bassin de Bill entra une nouvelle fois en contact avec le sien. Il pouvait sentir leurs érections s'effleurer, malgré les épais tissus entre eux. Tom murmura.

- Attends, c'est pas égalitaire...

Sentant Bill sourire contre sa peau, il repoussa d'une main celui-ci, détachant à regret ses lèvres qui infligeaient un si doux traitement à son cou. Ils s'embrassèrent d'un chaste baiser sur les lèvres, puis Bill recula et leva les bras alors que Tom faisait glisser son T-shirt, l'enlevant facilement. Une fois que cela fut fait, ils s'observèrent, leurs mains caressant doucement le corps à moitié dévêtu de l'autre. Tom soupira.

- Ça m'avait manqué.
- Vraiment ? Ça ne fait pas si longtemps qu'on a arrêté.

Tom rougit et Bill le regarda attentivement. Le brun avait l'air d'espérer quelque chose. Ses yeux brillaient d'une étrange lueur. Il dit d'une petite voix.

- Je pensais que tu ne voulais plus. Que ça appartenait au passé.

Tom secoua la tête.

- C'est dur d'oublier.

Il caressa le ventre de Bill et se colla à lui, l'entourant de ses bras. Il colla ses lèvres contre sa joue.

- Encore plus d'arrêter.

Bill trembla à ses mots et le serra avec possessivité dans ses bras alors que Tom déposait de petits baisers sur son épaule.

- Dur ou impossible ? J'espère que je ne pourrai jamais oublier. Et que toi non plus. Je ne le veux pas.

Tom recula un peu, les mettant nez à nez.

- Je n'oublierai pas.

Il haussa les épaules, chassant sa nervosité. Ça ne lui arrivait pas très souvent, mais il voulait lui dire. Tout ce qu'ils pouvaient faire ensemble comptait énormément pour lui. Il le fixa avec intensité.

- Je ne le pourrais pas, même si je le voulais. Après tout, tu es mon bébé de petit frère.

Tom sourit tendrement et Bill fit de même, l'expression sur son visage s'illuminant. Le brun l'embrassa à nouveau, plus urgemment. Bientôt, c'étaient des baisers enflammés que les deux échangeaient, leurs doigts errant toujours plus hardiment sur leurs peaux. Ils arrêtèrent momentanément quand la main de Bill se posa sur l'érection vêtue de Tom, l'effleurant un peu. Tom retint un gémissement et se pencha sur son épaule.

Ils baissèrent ensemble les yeux vers les doigts de Bill qui doucement s'affairaient à déboutonner le pantalon de Tom, faisant entrevoir le boxer bombé. Tom défit également les boutons du pantalon de Bill et le tira vers le bas. Bill était dans le même état que lui et ça le rassura. Son c½ur battait à tout rompre.

Bill finit par pousser doucement Tom sur le sol, son dos entrant en contact avec le sol en bois. Celui-ci était un peu poussiéreux, mais ils s'en fichaient. Bill s'allongea sur lui et ils commencèrent à se frotter l'un contre l'autre, torse contre torse, leurs intimités glissant l'une contre l'autre à travers leurs sous-vêtements. Ils respiraient lourdement.

Tom grogna et s'impatientant, baissa à tous deux leurs boxers, cherchant à tout prix un contact peau contre peau. Il sentit le souffle de Bill se couper quand cela arriva et que leurs membres dressés se touchèrent, glissant l'un contre l'autre. Tom caressa son dos et l'encouragea.

- Continue.

Bill ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire au coin des lèvres. Il passa un bras derrière la nuque de Tom et le surplombant entièrement, il se frotta contre lui, les faisant gémir tous les deux. Tom écarta légèrement les jambes, semblant demander toujours plus d'attention et rejeta sa tête en arrière. Bill embrassa son cou exposé et murmura à son oreille, amusé.

- Je t'ai rarement connu aussi soumis, dis.

Tom grogna mais gémit un peu plus fort quand Bill donna un coup de reins plus prononcé contre lui. Le contact était à peine supportable tellement c'était bon. Tom agrippa son dos, ses doigts s'enfonçant dans sa chair, comme pour la faire sienne et Bill poussa un petit cri. Tom sourit.

- Tais-toi. Sinon tu vas voir qui va finir par me supplier.

Bill rit doucement mais redevint concentré sur ce qu'il faisait quand la main de Tom posée sur sa tête l'attira vers le bas et que les lèvres de Tom se collèrent sur les siennes. La chaleur de leurs corps les brûlait intérieurement et ne semblait cesser de monter. Leurs gestes étaient parfois maladroits vu la position étrange de leurs jambes toujours partiellement emprisonnées par leurs pantalons et boxers, mais l'intention et les résultats y étaient.

Bientôt, Tom tourna la tête, présentant son cou en se cambrant légèrement alors qu'il gémissait tout bas des 'plus vite'. Bill accélérait, sa bouche laissant échapper de petits 'Tom' alors que leurs frottements devenaient plus intenses et prononcés. Leurs bas-ventres étaient moites de sueurs et d'autres fluides qui indiquaient que leur orgasme était proche.

Au bout d'un moment, Bill donna un coup de reins un peu plus fort et Tom se libéra, poussant un cri qu'il ne parvint pas à contenir, et répandant sa semence entre eux. Cela encouragea Bill à accélérer un peu plus ses mouvements, son membre brûlant se frottant avec vigueur contre le sien et il jouit aussi en un cri, se tendant et levant sa tête alors que son corps restait collé à celui de Tom, leur sperme se mêlant sur leurs ventres. Sa respiration se coupa avant qu'il se remette à haleter, inspirant et expirant par saccades. Il était retombé sur Tom, sa tête posée sur son épaule, et les deux jeunes hommes ne semblaient à présent n'en faire plus qu'un, lovés dans leur chaleur commune. Ils tremblaient légèrement.

Bill poussa quelques gémissements en soupirant, les yeux fermés, se remettant lentement. Il se sentait tellement bien. Il ouvrit paresseusement les paupières quand il sentit des doigts glisser sur son épaule. Tom le regardait avec des yeux brillants et en souriant.

- Putain, j'espère qu'on nous a pas entendus. J'avais oublié à quel point tu pouvais être bruyant.

Faussement énervé, Bill fronça les sourcils et lui donna une petite tape sur le côté, faisant rire Tom. Bill bouda mais répliqua, taquin.

- T'étais pas vraiment ce qu'on pourrait appeler silencieux toi non plus.

Tom rougit. On aurait pu effectivement les entendre, mais sur le moment, il s'en était bien foutu. Il eut un petit rire et détourna la tête avec embarras. Bill en profita pour caresser de ses doigts ornés de noir son cou, passant sur sa pomme d'Adam, et il vit les yeux de Tom se fermer. Les doigts de ce dernier étaient toujours posés sur son dos et son bras, le touchant avec douceur et caressant de temps à autre ses cheveux lisses. Bill jouait avec le bout de ses dreadlocks.

Ils restèrent un moment ainsi, immobiles et sans rien dire. L'atmosphère était confortable et Bill pensa qu'il aurait pu rester ainsi des heures durant, ou bien pour l'éternité.

Mais cela faisait un long moment qu'ils étaient dans ce grenier, et on les cherchait peut-être déjà. Il soupira en se redressant. Tom tourna vivement la tête, ses yeux cherchant son visage. Il avait l'air un peu déçu. Bill s'expliqua en murmurant doucement.

- On doit descendre. Ils vont se demander où on est passés.

Il sortit quelques mouchoirs de sa poche et les déplia, commençant à essuyer à tous deux leurs ventres. Tom sourit à nouveau.

- Tu avais tout prévu ?

Bill haussa les épaules. Ses yeux erraient sur le torse musclé de son frère. Il sourit également.

- Je savais que tu ne pourrais pas résister à mon charme naturel.

Tom rit et Bill termina sa tâche sous le regard intense de son frère. Rangeant les mouchoirs dans sa poche, il allait se redresser quand Tom agrippa sa nuque, l'attirant pour l'embrasser. Bill répondit avec ardeur. Le baiser était lent, à la fois passionné et doux. Quand ils reculèrent, leurs yeux brillaient un peu plus.

Ils s'aidèrent à se relever et ils se rhabillèrent, s'époussetant mutuellement de la poussière récoltée sur le sol. S'inspectant, ils vérifièrent nerveusement leur apparence. Oui, tout semblait normal à l'½il non averti.

Quelques instants plus tard, ils descendaient tous les deux de l'échelle. Arrivés en bas, ils sursautèrent quand ils virent leur mère, et ils transpirèrent, rougissant légèrement. Ils se jetèrent un rapide coup d'½il et firent comme si de rien n'était alors qu'elle s'approchait d'eux.

- Je vous ai cherchés partout. Où étiez-vous passés tout ce temps ?

Tom haussa les épaules.

- Dans le grenier, on essayait d'échapper à tes amis.

Elle parut surprise, clignant des yeux.

- Dans le grenier ?

Bill ajouta, souriant un peu.

- Oui, on déterrait de vieux souvenirs.

Sans signe avant-coureur, Bill prit la main de Tom, la serrant dans la sienne et avant que celui-ci ait pu réagir, il commençait à balancer leurs bras en chantant à tue-tête.

- ♪ Gummibären, hüpfen hier und dort und überall. Sie sind für dich da wenn du sie brauchst, das sind die Gummibären. ♪ (1)

Regardant leur mère, il commença à sautiller tout en tirant Tom par la main, se dirigeant vers les escaliers. Après s'être esclaffé de rire, le blond chantait à présent avec lui, regardant d'un air impuissant sa mère pour lui faire comprendre qu'il n'y pouvait rien si Bill n'avait pas toute sa tête.

Simone secoua la tête en souriant. Ses enfants étaient fous.

Cependant... elle avait la sensation que quelque chose d'important lui échappait. Elle fixa la trappe du grenier pendant un moment.

Non, c'était stupide. Après tout, Bill et Tom avaient toujours eu leurs petits secrets et c'était certainement bien normal.

Regardant une dernière fois la trappe, elle se retourna, descendant à son tour les escaliers.

En bas, dans le salon, deux voix au timbre très proche entonnaient encore et toujours la même chanson, main dans la main, plongés dans leurs souvenirs d'enfance.

Fin.

Donnez une note à cet OS : * ** *** **** *****

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(1) Traduction mot à mot : « Les ours à la gomme (en caoutchouc) sautent ici et là et partout. Ils sont là pour toi quand tu en as besoin, ce sont les ours à la gomme. » Paroles signées Disney. loool

Pour ceux et celles qui voudraient entendre et apprendre la chanson en entier, c'est ici. lol

# Posté le lundi 21 janvier 2008 09:27

Modifié le lundi 09 mars 2009 11:33

Traduction - La saison des framboises, chapitre 1

Traduction - La saison des framboises, chapitre 1
Ceci est la traduction de la fic de cynical_terror, "Raspberry Season" en six chapitres, traduction que j'ai faite en accord avec l'auteur.

Ceci n'est donc pas ma fic, mais une simple traduction.

Ai-je précisé que c'était une traduction? lol

Voici le premier chapitre.

La saison des framboises.

Chapitre 1


Les doigts de Tom lui brûlaient à force d'essayer de fermer les stores. La corde s'entremêlait dans ses doigts, et peu importe dans quel sens il tirait et avec quelle force, les stores ne descendaient pas d'un pouce. La lumière passait à travers la fenêtre. Il tira un peu plus fort. Un oiseau semblait chanter un 'bonjour'.

« Foutus oiseaux », ronchonna Bill depuis son lit, « Tom, ferme ces fichus stores ».

Tom regarde à travers la vitre, son corps exposé au soleil matinal. C'est un soleil doux, chaud qui traverse le ciel.

Tom porte un simple boxer et il est torse nu, il transpire encore. Il voit un écureuil sauter d'un abri d'oiseaux à l'autre à la recherche de graines. Plus loin, il voit les champs pleins d'herbes, et l'orée de la forêt qui apparaît telle une tache sombre sur un fond de ciel bleu. Il sait que quelque part, caché dans les renflements de terre des collines, il y a une petite mare remplie de grenouilles.

Les jumeaux sont dans la maison de campagne de leurs grands-parents, pour l'entretenir. Ils n'ont pas eu le choix. Leur mère leur a bien fait comprendre qu'il n'y aurait aucune négociation possible.

Une semaine sans vacarme ni excitation. Une semaine à s'ennuyer à en pleurer. Une semaine d'interaction forcée avec la nature. Une semaine à rendre dingue l'autre. Tom est grisé par ces rares vacances, loin de leur vie habituelle. Enfin, à part pour le côté nature, il se passerait bien des oiseaux et des écureuils.

Sans s'en rendre compte, il tire sur la corde et les stores finissent par descendre.

« Enfin », dit-il. Il se retourne vers Bill qui est à moitié endormi. « Tu avais dit que tu ferais nuit blanche ».

« C'est le matin, plus la nuit », répond Bill. Il passe sa tête sous les couvertures et ramène ses jambes à lui, ne faisant plus qu'une masse. Ses pieds font tomber les cartes qu'ils ont empilées des heures plus tôt, et un roi et un dix tombent à terre.

« Peut-être, mais tu ne peux pas dormir maintenant ». Tom s'assied au pied du lit et ramasse les cartes. Il les mélange, pensant à faire un solitaire. C'est la pièce la plus froide de la maison et il ne veut pas aller dans le salon et retourner sur le clic-clac bosselé. Ils ont tiré à la courte paille, et Bill a obtenu la chambre d'amis.

« Je suis déjà endormi, va-t-en. », dit Bill. Les couvertures étouffent sa voix. Tom entend les lèvres de Bill bourdonner et il sait que son frère essaie de se débarrasser de mèches rebelles dans sa bouche. « Il fait trop chaud.» Bill donne un coup de pied, repoussant les couvertures. Il porte le pantalon d'un pyjama et un léger T-shirt en coton, tous deux élimés, presque transparents à force d'avoir été portés. Tom se rappelle l'avoir emmené dans sa valise parce que Bill n'en avait plus dans la sienne.

Bill a apporté cinq carnets de notes et deux trousses de stylos pour la semaine, et il n'y avait plus de place dans ses bagages pour des choses essentielles comme un pyjama. Ce qu'il prévoyait de faire avec tout ce papier et cette encre, Tom n'en était pas sûr. Il ne s'attend cependant pas à le voir les remplir de chansons. Tom a apporté sa guitare, parce que Bill ne peut pas écrire si les doigts de Tom ne gratte pas ses cordes.

Et Tom ne peut pas choisir de mélodies sans que Bill chantonne en même temps, murmurant des paroles ou des pensées.

« Quelle heure est-il ? », demande Bill. Il a cette voix rauque qui lui donne l'impression d'avoir dix ans.

Tom ne vérifie pas l'heure. « Tôt. »

Ils sont restés debout toute la nuit, essayant de rester éveillés comme ils le faisaient quand ils étaient enfants, jouant à toute sorte de jeux. Ils ont joué au solitaire, leurs mains s'entrechoquant alors qu'ils essayaient de retourner les mêmes cartes. Ils ont parlé du tour avec le groupe, de leur musique, du fait que même après que leur grand-père ait vendu les chevaux, ils peuvent encore sentir cette odeur distinctive embaumer la vieille maison.

Maintenant il est cinq heures du matin et ils sont à court de jeux et de sujets de conversation. Bill s'étire, se recroqueville puis s'étire encore.

« On devrait regarder si la télé marche encore plus tard. »

Tom acquiesce. Cela ne fait même pas 24 heures, et il ne sait pas quoi faire avec Bill. C'est une réalisation choquante. Il pensait qu'ils pourraient passer la semaine à traîner autour, heureux d'être avec l'autre. Peut-être qu'ils avaient changé depuis la dernière fois qu'ils étaient venus ici.

Tom savait que cela faisait des années.

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Bill est en train de faire ses ongles sur la table de la cuisine. Limant et polissant, et farfouillant dans son petit sac rempli de sombres vernis à ongles. La dernière fois qu'ils étaient venus, Bill avait été au même endroit, se rongeant les ongles alors que leur grand-mère les grondait pour s'être faufilé dans le salon et avoir regardé la télé toute la nuit.

Vers l'âge de douze ans, ils avaient arrêté de s'intéresser aux chevaux et aux sombres bois. Ils venaient chez leurs grands-parents à contre c½ur, préférant être à la maison avec leurs amis et leurs jeux vidéos. Tom ne se sentait honteux de ça que maintenant, parce qu'en tant que garçon de 11 ans, il n'avait pu voir ou se soucier de la déception sur le visage de sa grand-mère.

La pièce est toujours telle qu'elle était, toute de bois.

Tom essaye de convaincre Bill pour qu'ils aillent nettoyer le sous-sol. C'est une tâche qu'on leur a demandé de faire pendant la semaine. Aucun d'eux ne veut le faire, mais Tom sait qu'ils devront le faire.

Bill n'aime pas les insectes, il ne les aime pas, c'est tout, or il y a des araignées au sous-sol.

« Je parie qu'il y fait frais », dit Tom. Bill ne lève pas les yeux vers lui. Ils transpirent tous les deux. Bill n'est presque pas sorti de la chambre d'amis cette après-midi ; le reste de la maison est comme un sauna. Il fait tellement chaud que Tom ne porte pas de casquette, ses dreadlocks sont empilées au-dessus de sa tête dans une masse en désordre. Bill ne porte bien sûr pas de maquillage et ses cheveux sont ramenés en arrière. Bill ne met jamais de maquillage quand il n'y a que Tom et lui.

Tom prend un verre de coca et attend que Bill dise quelque chose.

Sûrement que Bill est en train de penser que Tom lui donne des ordres, lui disant ce qu'il doit faire. Et il est clair qu'il ne veut pas faire ce que Tom veut faire. Quand Bill est nerveux ou ne veut pas prendre part, il fait ses ongles. Et s'il ne peut se les faire, il les massacre de ses incisives aiguisées.

« Ou », dit Tom, mettant le verre ruisselant de goutte de condensation contre son front, « on peut aller dehors voir si les framboises sont mûres, si elles sont là ».

Bill referme son vernis à ongles, une seule de ses mains peinte en noir, et se lève. « Je préfère ça plutôt que de nettoyer, même s'il crève de chaud dehors ». Bill semble avoir une pensée et il sourit. « Ce n'est pas la saison des framboises ? »

Tom grogna. « Comment je pourrais le savoir ? »

Ils sortent dehors, leurs yeux se plissant face au soleil et ils passent le porche, le piétinant et faisant chanter le bois sous leurs pas. A l'arrière, Tom s'arrête et regarde les initiales gravées sur la grille en bois. Il y a écrit, dans une écriture presque incompréhensible, BK + CM.

Quand ils sont à la moitié de la cour, près des buissons de lilas qui ont brunis et se sont desséchés au soleil, Tom dit, « Hey, qu'est-ce qu'elle est devenue Christine ? ». Bill tortille un bourgeon de lilas mort dans sa main. La senteur est toujours forte. Le nez de Tom remue. Il y a une sorte de souvenir là.

« Christine ? », Bill se mord les lèvres et d'une main plongée dans les lilas, il pousse des branches sur le côté. Ils regardent tous deux à l'intérieur du buisson. Leur endroit secret est toujours là. « Tom, regarde.» Les buissons sont énormes, et derrière l'enchevêtrement des branches, il y a juste un espace pour deux petits garçons.

« Tu avais l'habitude de vouloir jouer à la maison là-dedans », dit Tom.

Bill rit. « Non, c'était un fort »

« Tu voulais faire des parties de thé », taquine Tom. Bill fait un geste pour le faire taire et à la surprise de Tom, il écarte les branches et entre dans les buissons. « Il y a des insectes là dedans », le prévient Tom. Les branches lui reviennent à la figure.

« Ah oui, cette Christine. », Tom entend Bill dire.

Tom repousse les branches et force le passage pour rentrer à son tour à l'intérieur. Ils sont à l'étroit dans leur fort, les branches leur griffant les bras, le dos et le cou.

« Je suis en train de me salir le cul. On n'y contient plus à deux. », dit Bill. Son visage est tacheté de rayons de soleil passant à travers les branches et Tom fait toucher leurs genoux ensemble.

« Je n'arrive pas à croire qu'on ait pu y contenir un jour ». Tom peut sentir la transpiration dans son dos et son cou.

Bill hoche de la tête. « Ils n'y a pas d'insectes. Les lilas sont morts depuis longtemps. »

Tom décide de ne pas mentionner les fourmis escaladant leurs chaussures. « C'était quoi le mot de passe secret ? »

« Tu n'aurais jamais dû rentrer sans », dit Bill. Il repoussa une mèche rebelle en arrière, l'enlevant de son visage. « C'était 'Britney Spears' »

Tom essaie de se rappeler le temps où Britney était sexy. Il n'y arrive pas. « Non, ça pouvait pas être ça », proteste-t-il.

« Avant c'était Kasimir », dit Bill. « Puis on a découvert les filles ».

Les branches grattent les bras de Tom. Il essaie de bouger et son front heurte celui de Bill. « Pourquoi est-ce qu'on est là ? »

« Sais pas. Qu'est-ce qu'on pourrait faire au milieu de nulle part ? », Bill mord l'ongle de son pouce, enlevant du vernis. Tom l'empêche de continuer en tapant sa main de la sienne.

« Qu'est-ce qui te fait flipper ? »

« Je ne flippe pas, » dit Bill. Il semble être honnête.

« Tu te ronges les ongles. Tu fais ça seulement quand tu flippes. Comme quand David nous a dit qu'on avait ce concert à Londres, en anglais. Et que tu avais deux jours pour mémoriser dix chansons. »

Bill rit, mais sans y mettre beaucoup d'effort. Il fait beaucoup trop chaud dehors. « J'avais oublié que tu connais tout de moi ».

« Presque tout », dit Tom. « Tu veux sortir ? ». Il pousse les branches mais Bill l'attrape sous le genou. Ses ongles s'enroulent autour et Tom embarrassé essaie de ne pas se tortiller.

« Je ne pense pas... que nous sommes les mêmes personnes que nous étions avant », dit Bill. Cela sonne comme un triste aveu aux oreilles de Tom. Ils doivent rester une semaine entière tous les deux et il ne veut pas d'un Bill mélancolique.

« Et c'est une mauvaise chose ? »

Le front de Bill se froisse et il se remet à se ronger les ongles. Cette fois, Tom entend le bout de l'ongle se briser. « Non », dit Bill. « Mais j'aimerais qu'on puisse mieux contenir ici ».

« On ne peut pas être plus maigre que ce qu'on est déjà », plaisante Tom. Bill sourit et frotte contre les branches. Des branches de lilas mort tombent dans leurs cheveux. Leur parfum est partout. « On y contient encore ».

Bill lève la tête et une fleur de lilas tombe sur son ½il. Il jure et la sueur brille sur son front. Tom se penche vers lui et enlève la fleur de son pouce. Ils sont tellement à l'étroit, si proches l'un de l'autre que Tom a l'impression qu'ils sont redevenus enfants. Ils ne s'assoient plus comme ça à présent. Ils ont créé leur propre espace personnel et leur propre vie. Ce qui lui va, mais à ce moment là, il sent un élan de tendresse envers Bill, et ça lui va aussi.

Des souvenirs lui reviennent en mémoire, eux deux âgés de dix ans se cachant dans les lilas, jouant derrière les branches. Ils rampaient dans les buissons, prétendant être dans la jungle, trouvant des pierres aiguisées qu'ils juraient être des dents de lion. Des fois, ils prétendaient que les murs de lilas étaient les murs d'une grotte et ils cherchaient toutes sortes de monstres dans le noir. Mais leur jeu favori était différent de tous les autres.

Maintenant, Tom sourit d'un air loufoque et met une main à sa bouche et à son oreille, prétendant tenir un téléphone. « Dring, dring », dit-il aussi doucement que possible. Est-ce que Bill va se rappeler de ce jeu ?

Bill le regarde d'un air déconcerté pendant un instant puis ses yeux s'agrandissent. Il s'en rappelle, Tom le sait. C'était leur meilleur jeu. Le seul jeu qu'ils ne jouaient jamais en dehors des lilas. Bill porte sa propre main à son oreille et à sa bouche, mordillant le bout de son petit doigt positionné tout près. « Mh, allo ? », dit-il.

Tom essaye de ne pas penser à quel point la situation est stupide et à quel point il est en sueur et que ça le gratte de partout. Il prétend appeler Bill au téléphone. « Est-ce que Bill est là ? »

« C'est Bill ». Bill semble être réticent, mais il joue tout de même.

« C'est Tom. Tu es occupé ? Je peux passer ? ». Tom sait qu'il doit avoir la permission. Des fois, alors qu'ils étaient enfants, Bill n'était pas à la maison ou bien il était occupé, Tom devait alors rappeler. Tom avait toujours été du genre insistant.

Bill leva les yeux au ciel mais un sourire se forma au coin de ses lèvres. « C'est idiot. Je veux rentrer. Au diable les framboises. »

« Je peux passer ? », demande encore Tom, ignorant les mots de Bill. Ils sont presque aussi proches qu'il est possible de l'être, mais il veut que Bill oublie la réalité pour un moment et joue avec lui. Il veut une connexion avec Bill qu'il a peur d'avoir perdu.

Bill mordille son petit doigt. « Oui », dit-il finalement. Tom est sûr que ça veut dire qu'il peut, que Bill se rappelle ce qu'il se passe quand Tom passe chez lui. Tom se relève un peu, se rapprochant de Bill et il agrippe ses épaules en guise de support. « Tu es arrivé vite ici », plaisante Bill. Tom sourit et se penche vers lui, connectant leurs bouches.

Mais seulement pour un court moment. Bill se détourne et dit : « Il est temps de rentrer ».

Ils sortent des buissons, leurs pantalons salis, et leurs visages rougis par quelque chose d'autre que la chaleur.

XoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoX

Le centre du foyer du futur feu est composé de vieilles cendres, des cannettes noircies et deux grosses bûches de bois. Tom laisse tomber une brassée de petit bois en son centre. Le soleil est presque couché et il veut que le feu flambe avant qu'il ne fasse trop sombre.

« Tu dois arranger ça », dit Bill. Il est assis, les jambes croisées, à côté du feu, tenant dans ses mains une cannette de bière. Tom donne un coup de pied dans le petit bois.

« Ouais, c'est vrai que tu es un grand habitué de la vie au grand air »

Bill prend une longue gorgée de sa boisson. « J'en sais assez. Il faut l'arranger en pyramide ».

Tom lui lance un regard noir et se laisse tomber à côté de son frère. « Tu pourrais aider, tu sais. »

« J'ai emmené la bière et les saucisses. De plus, ce n'était pas mon idée. Je voulais rester à l'intérieur et régler cette fichue télé. » Bill prend deux bâtonnets du feu et les pose à côté des saucisses enveloppées. « Tu sais, il ne fait pas si chaud que ça maintenant dehors ».

Tom est d'accord. Il y a une brise légère et le soleil est presque entièrement couché sous l'horizon. Les nuages sont violets et orange, et s'il était plus sentimental, il se coucherait en arrière pour regarder leurs couleurs changer.

Tom arrange le petit bois et sort un paquet de journal froissé de sa poche. La brise bien que rafraîchissante va rendre l'opération plus difficile. Il allume une allumette contre sa chaussure et enflamme le journal.

Bill le regarde, transperçant les saucisses sur les bâtonnets. « Fais attention », dit-il.

Tom n'écoute pas. Il met ses mains en coupe autour de la flamme pour l'empêcher de s'éteindre. Avec précaution, comme Bill aimerait qu'il le fasse, il met le journal brûlant sous le petit bois.

« Allez, prends », murmure-t-il. Le petit bois craque et pète.

« Il y a peut-être trop de sève sur le bois », dit Bill. Tom le regarde de côté. « Tout le monde sait qu'on doit utiliser du bois sec pour faire un feu, Tom ».

Malgré les doutes de Bill, le petit bois brûle, flamboyant. Les bûches dessous commencent même à nourrir le feu. L'air suffisant, Tom est triomphant. Il a peine à croire qu'il a réussi. Au diable les music awards, les fans criardes, il a fait du feu !

« Et maintenant, fais moi cuire une saucisse », demande-t-il, se couchant en arrière. Bill souffle, mais tient tout de même les bâtonnets au-dessus du feu. La couleur du ciel change de bleu sombre à noir et les étoiles commencent à apparaître. « C'est si calme », dit Tom. Il tend une main et attrape une bière, faisant sauter la capsule.

« Ouais, ça va me rendre dingue », dit Bill.

Tom ne ressent pas la même chose. Une douleur nostalgique se fait sentir dans son ventre. « C'est plutôt agréable ».

« Peut-être ». Bill et Tom prennent de longues gorgées de bière ensemble.

Les jumeaux ne sont pas vraiment fans de bière, mais c'est le seul alcool qu'ils ont pu trouver dans la maison, et ça leur va de faire avec ce qu'ils ont. Heureusement, cette part de célébrité n'a jamais atteint leur tête. Ils ne sont pas pourris gâtés et ils exigent rarement des choses, si ce n'est de leur jumeau.

Tom se rend compte qu'il apprécie le goût de la bière. C'est froid et fait partir la chaleur. Bientôt, les deux frères sont assis côte à côte, buvant leur bière et mangeant leurs saucisses. Il n'y en a pas beaucoup. Ils vont devoir aller en ville pour prendre de la nourriture. Bill est beaucoup plus tatillon concernant sa nourriture qu'il ne l'est concernant l'alcool. Il voudra de la pizza sous peu.

« Ce n'est pas mauvais »

« Merci à la bière bon marché », rajoute Bill. Ils mangent en silence, regardant le feu flamboyer. Le vent envoie de la fumée à leurs visages et pour la première fois depuis qu'ils sont arrivés ici, Tom veut une cigarette.

Il plonge sa main dans sa poche et en retire un paquet presque vide. « On va devoir faire des courses ».

Bill n'a pas vraiment l'air emballé. « Juste pour tes cigarettes ? ». Il baisse son bâtonnet.

Tom sait que Bill est méfiant au sujet de la petite ville, aussi petite qu'elle soit. Aucun d'entre eux ne veut être connu pour cette semaine. « Tu veux manger des saucisses toute la semaine ? »

« Non », dit Bill. « Mais je ne veux pas y aller trop tôt. Je veux retourner à la civilisation, mais pas encore. J'en ai marre que les gens me regardent. »

Tom acquiesce et allume sa cigarette. « Je suis le seul qui te regarde ici, » dit Tom. « A part les insectes ». Bill lance un regard noir autour de lui et agite une main dans l'air.

La brise leur apporte toutes les senteurs de l'été. Les lilas, les fleurs sauvages des champs, l'herbe séchée et l'odeur sous-jacente du fumier de la ferme de production laitière au bout de la route.

Tom n'avait pas pensé à toutes ces choses depuis si longtemps. Il n'avait pas eu à le faire, elles ne faisaient pas partie de sa vie. Il commençait à les apprécier à nouveau.

« Pourquoi tu as parlé de Christine tout à l'heure ? », demande Bill, et pour Tom, cela semble venir de nulle part. Comme si l'après-midi n'avait pas eu lieu. Ses lèvres frémissent.

« J'ai vu ses initiales sur le porche », dit Tom. Bill rit.

« L'amour de ma vie. A quoi elle ressemblait déjà ? », dit Bill.

Tom rit avec Bill. « Quand tu t'impliques dans quelque chose, tu t'impliques. Tu voulais t'enfuir avec elle à Paris. »

« A Madrid », corrige Bill. « Elle parlait espagnol ».

« Elle avait douze ans », ajoute Tom. « Tu en avais onze ». Bill est tout sourire maintenant. Tom pense, 'Tu aimes te rappeler de ça'.

« Comment ça se passe avec Rachel ? », demande Bill. Tom prend une bouffée de sa cigarette et lève les yeux vers le ciel.

« Je pense que je l'aime vraiment. »

« Tu penses ? »

Tom secoue la tête en direction de Bill. « Oui, certains d'entre nous pensent, tu sais ».

« Si c'est le vrai, alors tu n'as pas besoin de réfléchir. » Bill est sur le point de faire son bla bla sur le véritable amour-ci, le véritable amour-ça... et Tom soupire intérieurement. « Ca sera naturellement bien, et alors tu le sauras. »

« Mais c'est bien. Elle est géniale. » Il enlève sa cigarette. « Mais elle vit trop loin et on est toujours en déplacement, alors je ne sais pas. »

« Ce genre de choses ne compte pas ». Bill semble certain de ça.

« Je n'ai rien fait avec elle », dit Tom doucement.

Bill lève un sourcil. « Rien ? »

« Oui, enfin je l'ai juste embrassée. », admet Tom. « Une fois ».

« C'était bien ? », demande Bill. Il regarde le ciel et Tom se retrouve d'une manière ou d'une autre attrapé par ses cils.

« Rien de renversant », dit-il. « Je n'ai pas vu d'étoiles, si c'est ce que tu veux dire ».

Bill fronce des sourcils et amène ses genoux contre son torse, sa bière prisonnière entre ses jambes et son corps. « Tu dois absolument voir des étoiles ».

Tom se penche vers le feu. Il commence à avoir des frissons. « Tu as déjà vu des étoiles ? »

« Non, parce que si ça avait été le cas, je ne l'aurais pas laissée filer ».

Tom ne veut pas dire à Bill que parfois les étoiles ne sont pas importantes. On peut vraiment s'attacher à quelqu'un et ça peut aussi ne pas marcher. Mais Bill ne pense pas ainsi.

Tom frissonne et Bill se rapproche de lui, passant un bras autour de ses épaules. « Froid ? », demande Bill. Tom hoche de la tête et ils boivent leur bière ensemble, regardant simplement les étoiles. Tom regarde dans le noir, commençant à sentir un bourdonnement dû à la bière.

Ils boivent plus de bière et prennent les saucisses, et Tom est soulagé de voir qu'ils ont toujours tout à parler. A moment donné, ils titubent dans la maison pour aller chercher plus de bière et du fromage. Le feu s'éteint vers deux heures du matin et ils s'allongent sur le dos.

« Regarde les étoiles », demande Tom avec une voix éméchée par la bière.

« Je regarde, je regarde », dit Bill. Il roule sur lui-même, vers Tom. « Qu'est-ce qu'il y a de si formidable dans les étoiles de toute façon ? Les insectes sont en train de me bouffer. »

Tom renverse une bouteille. « Je pensais que tu voulais voir les étoiles ».

Bill pince l'épaule de Tom. « Pas ce genre d'étoiles ».

« Il commence vraiment à faire froid ».

« Insectes », répète Bill. « Je veux rentrer ».

« Reste juste une seconde de plus ». Tom se sent trop lourd pour se lever. De plus, il sera seul si Bill part. Cette pensée l'angoisse. Il attrape l'épaule de Bill, s'agrippant au tissu du T-shirt de son frère.

« Okay, je ne rentre pas. », dit Bill. « Mais seulement parce que je ne peux pas bouger. »

« Je ne peux pas bouger non plus, ça doit vouloir dire que, » dit Tom, s'arrêtant pour réfléchir. « Ca doit vouloir dire que... »

« Qu'on est bourrés ». Bill pose son front sur l'épaule de Tom.

Tom pense, passant une main dans les cheveux de Bill et les détachant de leur élastique, 'ça signifie qu'on est les mêmes à nouveau'.

Bill commence à fredonner, lèvres closes, puis il chante doucement. « Mon frère, mon frère, t'as foutu le bordel dans mes cheveux. » Il est lamentablement bourré et Tom rit. Il chante encore. « Je hais cette putain de campagne, foutons le camp de ce putain d'endroit »

« Nouvelle chanson ? », demande Tom.

Bill fredonne un peu plus. « Tu devrais prendre ta guitare », dit Bill.

« Peux pas bouger », lui rappelle Tom. « De plus, c'est une chanson horrible ».

« J'ai des idées », dit Bill. « Fenêtres, pierres et mh... »

« Etoiles ? », suggère Tom.

Bill se blottit contre le cou de Tom. « Oui, étoiles, restons dans le cliché. » Bill fredonne et tape de ses doigts sur la hanche de Tom. « Framboises ».

Les yeux de Tom se ferment.

« Framboises et étoiles, et Tom ne prend pas sa guitare », chante Bill. Bill chante, mais Tom n'écoute pas. Il peut seulement entendre les criquets et un meuglement de l'autre côté du champ.

Ils ne bougent pas pendant de longues minutes, Tom s'accrochant au T-shirt de son frère et Bill commençant à ronfler doucement, ses cheveux venant chatouiller leurs lèvres à chaque respiration. Les criquets ne cessent de chanter.

Tom se réveille en premier, gelé. Il tremble, il a trop froid et le ciel de nuit a formé la rosée sur le sol.

Son bras picote sous le poids de Bill et il pousse son frère pour se dégager.

« Urgh », grogne Bill, ses yeux s'ouvrant en clignant. « Qu'est-ce qu'il se passe ? »

« On s'est endormi », dit Tom. Il peut encore sentir dans sa bouche le goût du fromage qu'ils ont mangé et de la bière. Bill s'assoit et entoure ses bras autour de lui-même. Son avant-bras porte l'empreinte distincte de l'herbe.

« Je n'irai plus dehors, et merde », gémit-il.

Il y a à peine de la lumière et Tom peut voir les cannettes de bière sur le sol tout autour d'eux. « Je ne peux même pas dire si j'ai dessoulé », grogne-t-il.

Bill pose sa tête sur ses genoux et il ferme ses yeux, tremblant. « Combien de bières on a bues ? ».

Plissant les yeux dans la lumière matinale, Tom essaye de compter les bouteilles éparpillées. « Cinq... sept... dix... », dit-il. Il y en a trois dans le foyer du feu éteint. Deux derrière lui. Cependant beaucoup dans la maison. « Mh, quinze ? »

« J'espère que tu en as bu la plupart », dit Bill. Ses yeux s'ouvrent et rencontrent ceux de Tom. Ils tremblent tous les deux. « A l'intérieur », dit-il.

Tom se lève sur des jambes lasses et courbaturées et il hisse Bill du sol. Ils sont mouillés et sales, et les mains de Bill sont comme de la glace.

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« J'ai quelque chose à dire », dit soudainement Bill, faisant passer ses jambes sous lui sur le canapé. Ils sont dans le salon, entourés par les murs de bois. Les deux sont assis sur le sofa, enveloppés de couvertures et sirotant du thé chaï.

Tom hoche de la tête, l'encourageant à parler, regardant son frère par-dessus sa tasse. C'est celle de leur grand-père, elle est vieille et usée, les couleurs s'effaçant. Tom se rappelle de cette tasse depuis quand il n'avait que sept ans.

« Je ne pense pas que je tomberai amoureux un jour. », dit Bill. Il prend une gorgée de son thé et Tom ne peut pas voir ses yeux.

« Pourquoi ? », demande Tom. Il se rapproche plus près de Bill et il sent les lilas.

« Je le crois », dit Bill. « C'est seulement que je ne pense pas... » Il baisse le regard.

Tom ne sait pas quoi dire. Il n'a jamais entendu Bill parler ainsi avant et il n'est pas le meilleur pour donner des conseils ou consoler.

« Tu ne sais pas ce qu'il va se passer », essaie-t-il.

« Je me connais », répond Bill. « Je suis du genre bizarre ».

Tom sourit. « Les gens bizarres tombent amoureux tout le temps ».

« Mais est-ce que les gens les aiment en retour ? »

Tom hausse des épaules. « Réfléchis, tu dois seulement trouver une autre personne bizarre. »

Bill rit dans sa boisson et donne un petit coup de coude à Tom sur le côté. « Je n'aime pas être seul, mais je le fais bien », dit-il, sa voix sérieuse à présent.

« Ecoute », dit Tom. Il se penche sur le côté pour reposer sa tasse puis il se rassied et il pose sa main dans le creux du coude de Bill. « Tu ne seras jamais seul parce que je serai toujours là ».

Les doigts de pied gelés de Bill sont collés contre ceux de Tom. « D'accord ». Ils restent assis en silence pendant quelques moments. « Mais ce n'est pas ce que je voulais dire tu sais ».

« Je sais ce que tu voulais dire », dit Tom, et il laisse Bill poser sa tête sur son épaule. « Et je voulais dire ce que j'ai dit. »

Bill renifle, sûrement à cause du froid, et ils ne parlent plus.

A suivre...

# Posté le samedi 02 février 2008 16:22

Modifié le mardi 12 août 2008 07:28

Traduction - La saison des framboises, chapitre 2

Traduction - La saison des framboises, chapitre 2
Ceci est la traduction de la fic de cynical_terror, "Raspberry Season" en six chapitres, traduction que j'ai faite en accord avec l'auteur.

Ceci n'est donc pas ma fic, mais une simple traduction.

Ai-je précisé que c'était une traduction? lol

La saison des framboises.


Chapitre 2:

Tom grogne et tire la couverture vers lui, recouvrant sa tête. Elle empêche la lumière de l'après-midi d'atteindre ses yeux, mais ne fais rien contre les coups qu'il entend.

Un coup, puis un autre, et un autre. Il ne veut pas les entendre et il se rendort.

Il est dans le bus de la tournée avec le groupe. Non, pas le groupe, juste Bill. Ils campent sur le sol, dans un fort fait de coussins. Bill a des marshmallows et des taches de saleté sur le visage. Ils ont douze ans et à chaque fois que Tom essaie de parler, Bill met un marshmallow entier dans sa bouche, l'empêchant de parler. Il essaye de dire à Bill qu'il veut jouer au jeu du lilas. Bill enfonce ses doigts dans la bouche de Tom.

'Je n'aime pas jouer avec toi', dit Bill. Il peut lire dans ses pensées. Il est petit mais sa voix est très mature, profonde. Ses doigts s'enfoncent toujours plus dans les gencives de Tom.

Et alors le bus heurte quelque chose. Ils tombent ensemble et leurs têtes viennent frapper contre le sol.

Toc, toc, toc.

Tom est réveillé maintenant, recroquevillé bizarrement dans le canapé, ses jambes prises dans les coussins, son corps entier courbaturé.

« Bordel de merde », grince-t-il. Il repousse la couverture, plissant les yeux à la lumière envahissant la pièce et il essaie de retrouver ses esprits. Il baisse les yeux et voix sa tasse de thé thaï froid sur le sol. « Bière », marmonne-t-il. Bill et lui étaient plutôt bourrés devant leur feu de camp. Et ils étaient rentrés à l'intérieur et s'étaient endormis sur le canapé. Bill était sûrement retourné dans sa chambre, car il ne le voyait nulle part.

Un autre coup.

Tom grimace, sa tête est sur le point d'exploser. Il se lève, titubant sur ses pieds et il essaye de se diriger vers la source de ce bruit. Alors qu'il rentre dans la cuisine, il se rend compte que les coups viennent en fait de la porte où quelqu'un est en train de frapper. Et ce ne sont pas des coups forts. Le bruit est amplifié par le crâne douloureux de Tom.

'Putain, qui ça pourrait bien être ? », pense-t-il, regardant la lourde porte de bois. Il est devenu méfiant quand il s'agit d'ouvrir une porte. Les fans complètement folles lui ont appris que si on ne sait pas qui est de l'autre côté de la porte, on doit être très, très prudent. Mais Tom est pratiquement sûre qu'il n'y a pas ce type de fans ici à la campagne. De plus, il a toujours un mal de crâne et il veut faire stopper ce bruit.

Avec un gros soupir, il ouvre la porte et il se retient de vomir alors que le soleil l'assaille. Il voudrait bien, mais vomir sur le voisin de ses grands-parents, ça ne se fait pas. M. Kroner, un fermier qui habite au bout de la rue se tient devant lui, semblant toujours aussi vieux.

'Cet homme ne semble pas vieillir, toujours aussi vieux que la poussière', pense Tom.

« Ah, je pensais bien qu'il y avait quelqu'un », le salue le vieil homme. Tom sourit, mais cela ressemble plus à une grimace. « Mon dieu, tu as grandi ».

Tom hoche de la tête. « Bonjour M. Kroner ».

« Je ne t'avais pas vu ici depuis des années. Tu es plus grand que moi maintenant, non ? ». M. Kroner a une vieille barbe grise et il sent le fumier de vache et la boue. Avant, Tom pensait que c'était le Père Noël, même si c'était une sorte de Père Noël qui ne sentait pas vraiment bon. Ca, bien sûr, avait été ce qu'il pensait il y a de longues années. Tom ne croit plus en ce genre de choses à présent.

« On est là pour entretenir la maison, Bill et moi. », dit Tom. « Vous avez besoin de quelque chose ? »

« Ca m'ennuie de demander une faveur » dit M. Kroner. « J'ai perdu une vache ».

« Une vache ? », demande Tom, fronçant les sourcils.

« Je ne peux pas me permettre de la perdre, et je pense qu'elle doit être sur la propriété de tes grands-parents », continue-t-il. « Normalement, je demande ça à ton grand-père pour la retrouver, c'est toujours la même qui me fait ça. Elle crée plus de problèmes qu'elle ne vaut. »

Tom comprend où il veut en venir. La dernière chose qu'il veut c'est bien de se traîner dans l'immense propriété de ses grands parents, malade à cause de sa cuite et suant à la recherche d'une stupide vache. Il préfèrerait claquer la porte au visage de M. Kroner et ramper jusqu'à son lit. Enfin, tirer le clic-clac et ramper sur le matelas bosselé. Mais c'est la propriété de ses grands-parents et c'est leur voisin, et il ne peut pas se comporter comme le trou-du-cul qu'il aimerait être dans cette situation.

« Je vais mettre mes chaussures », dit-il. Il se retourne et laisse M. Kroner sur le pas de la porte. Il passe devant ses chaussures et son sac dans le salon et monte les escaliers vers l'étage. Les marches en bois protestent sous ses pieds, craquant et crissant, comme s'ils étaient les chiens de garde de Bill.

Parce que bien sûr Tom va réveiller Bill et le faire souffrir avec lui. Tom pousse la porte de la chambre d'amis et trouve Bill profondément endormi, étalé sur le dos avec ses vêtements sales du jour d'avant. Ses cheveux sont coincés dans sa bouche et le reste est en désordre. Un an environ avant, cela aurait été le parfait style de coiffure pour Bill. Maintenant, il est plus soigneux, chassant le moindre n½ud. Dans ce sens, il est devenu un être humain civilisé, et Tom pense, regardant les paupières de son frère bouger à cause de rêves, que c'est parce qu'il est devenu adulte.

« Temps de grandir un peu plus », murmure Tom en ouvrant les stores, la lumière envahissant la pièce. Bill grogne et Tom secoue son épaule.

« Dégage », dit Bill. Il se recroqueville sur le côté. « Il est trop tôt ».

« C'est midi passé », répond Tom. « Et on doit aider M. Kroner à trouver sa putain de vache ».

« Le Père Noël ? », demande Bill avec de petits yeux s'ouvrant. Tom sourit.

« Oui, lui ».

« Il est toujours vivant ? Huh », dit Bill. Il bâille et se recroqueville en une plus petite boule. « Dis lui de dégager ».

« Je ne peux pas », dit Tom.

Bill ne répond pas et Tom attend quelques moments avant d'entendre Bill ronfler doucement. Il s'assit à côté de Bill et secoue encore son épaule. « Allez Bill, je suis sérieux. Je ne veux pas traîner dans ces foutus champs tout seul ». Sa main descend le long de l'épaule de Bill jusqu'à sa gorge.

Bill se réveille soudainement et repousse la main de Tom. « Ugh, Tom, je n'irai pas là-bas. Je hais les vaches et je te hais. ». Sa voix est groggy mais aiguisée. « J'ai un mal de crâne et je suis plein d'herbe grâce à toi. »

« Tu as aimé le feu de camp », dit Tom, se sentant insulté par les mots de Bill.

« J'ai voulu te faire plaisir. Il faisait froid et c'était un enfer. » Bill pose une main sur sa tête. « Maintenant laisse-moi tranquille »

C'est assez pour Tom. Il ne veut pas se disputer avec Bill. La voix de Bill a une telle capacité à gémir que crier ne sert à rien. 'Et dire que je disais qu'il avait mûri', pense Tom. Il se lève et se tourne vers lui.

« Quoi ? » dit Bill, lui lançant un regard noir.

Tom soupire et l'ignore. Il sort de la chambre, n'entendant pas les commentaires méprisants de Bill alors qu'il descend les escaliers. Il est en colère maintenant et met rapidement ses chaussures. Il va voir M. Kroner devant la porte.

« Okay », dit Tom.

« Je vais aller voir le long de la route, vérifier les fossés », dit M. Kroner. « Tu vas voir du côté de la mare ? »

Tom hoche la tête, regardant au-delà des buissons de lilas et du feu de camp le champ rempli d'herbes et de fleurs sauvages.

« Fais sonner sa clochette si tu la trouves et je viendrai », dit M. Kroner.

Ils se séparent et les épaules de Tom tombent de fatigue et de douleur due à des courbatures qui ne peuvent venir que du fait d'avoir dormir sur la terre dure. Il se rappelle la sensation de quand il était plus jeune. Bill demandait toujours qu'ils montent une tente à côté du feu de camp. Ils emmenaient des couvertures et des lampes de poche pour passer la nuit dehors. Chaque fois, Bill promettait à Tom qu'ils resteraient la nuit entière dehors. Et cela commençait toujours bien. Ils s'installaient dans les couvertures ensemble, chuchotant de longues conversations comme si la nuit avait des oreilles, et ils se racontaient des histoires de fantômes qu'ils connaissaient bien. Si bien qu'elles ne leur faisaient plus peur, mais ils prétendaient que si.

A chaque fois, vers deux ou trois heures du matin, Bill réveillait Tom en le poussant avec empressement, l'obligeant à sortir des couvertures. Bill avait entendu un bruit, ou il faisait trop noir, et il voulait juste rentrer à l'intérieur. Tom essayait d'argumenter mais Bill prenait sa main et ses arguments disparaissaient. Bill le tirait par la main, serrant sa main pour être sûr qu'il le suive.

Là, ils montaient dans la chambre d'amis ensemble et Bill posait sa tête sur l'épaule de Tom et s'endormait. Tom restait toujours éveillé pendant des heures après ça, sentant les douleurs dans ses muscles et tremblant aux n½uds qui se formaient dans son ventre. Il ferait tout pour Bill.

Maintenant, Tom est juste agacé. Sa tête lui fait toujours mal et le soleil est brûlant. C'est une chaleur sèche, celle qui oblige Tom à lécher ses lèvres pour retrouver une certaine moiteur.

« Fais chier, Bill », marmonne-t-il. Il marche d'un pas lourd mais quand il arrive au feu de camp de la veille, les cannettes de bière toujours éparpillées autour, il ne peut pas s'empêcher de sourire un petit peu.

C'est alors qu'il sent une main agripper son épaule.

Il se retourne et voit Bill plisser des yeux au-dessus de ses lunettes de soleil. Il a l'air en piteux état. « Tu m'en veux toujours ? », demande Bill.

Tom rit, à cause du choc et par amusement. Bill ne semble pas à sa place avec ses énormes lunettes de soleil de marque. « Plus maintenant ». Et il est sincère, le seul fait de le voir a fait disparaître sa colère. « Tu viens ? »

Bill hoche la tête et ils marchent côte à côte dans le champ de hautes herbes. Tom se rappelle quand son grand-père avait l'habitude de dessiner en fauchant des labyrinthes dans les hautes herbes. Les garçons passaient ainsi des heures à se perdre et à se retrouver dans les dédales faits d'herbe. Quand ils étaient très jeunes, l'herbe dépassait leurs têtes, et Tom prétendait être un lion qui rampait en attendant de sauter sur sa proie, Bill.

« Vers le lac ? », demande Bill. Il écarte un insecte trop inquisiteur d'une main.

« Oui »

« J'arrive pas à croire qu'on est passé de jouer devant des milliers de fans à traquer une vache », dit Bill.

Tom lui donne un coup joueur. « Diva ».

Bill se moque. « Ca aurait été moins douloureux si tu ne m'avais pas fait boire la nuit dernière ».

« Si je me rappelle bien, c'est toi qui voulais plus de bière », dit Tom. Bill lui donne un petit coup en retour. Ils marchent en silence un peu plus, commençant à entamer une descente, la petite mare commençant à être visible. « Tu n'as pas passé une si horrible soirée, si ? »

« Mh, non ». Leurs mains se frôlent et Tom retire brusquement la sienne. « Je n'aime pas... les insectes. Et la chaleur. Et être loin de tout. »

« J'imagine que c'est assez barbant oui », dit Tom. « Mais hey, on est en plein aventure là. »

« Je ne sais pas si j'appellerais ça une aventure ».

Ils ont atteint le bas de la colline et Tom pense 'faites que la vache ne soit pas là, faites qu'elle ne soit pas là, faites qu'elle ne soit pas là'.

« Je vois cette foutue vache », dit Bill. Tom la voit aussi. Elle est debout sous un chêne, mâchonnant de l'herbe. « Et maintenant ? »

« On agite sa clochette ». Tom essaye de s'approcher de l'animal mais Bill le tire en arrière.

« Tu ne vas pas... ». Bill fronce les sourcils. « On ne peut pas simplement attendre M. Kroner ? »

Tom lève les yeux au ciel et se rapproche de l'animal, se défaisant de l'emprise de Bill. « C'est juste une vache ». Le gros animal ne cligne même pas des yeux en le voyant approcher.

« Fais attention ! »

« Je pense qu'elle est trop paresseuse pour faire quoi que ce soit », dit Tom. Il met une main sur le côté crépu de l'animal. « Plutôt mignon comme animal en fait ».

« Mon dieu, fais simplement sonner cette clochette », dit Bill. Il serre ses deux mains ensemble.

Tom le fait. Ils attendent quelques minutes et il recommence.

« Où est-il ? », demande Bill.

« J'imagine qu'on va devoir la garder le temps qu'il arrive », dit Tom. Il tapote l'animal et dit à Bill. « Tu ne veux pas la caresser ? »

« Arrête de te moquer de moi, j'ai un mal de crâne pas possible », dit Bill, croisant les bras. « Elle a l'air sale ».

« Tu as l'air sale », dit Tom. Et c'est le cas, Bill a encore une tache de saleté sur le visage de la nuit d'avant.

Bill fronce les sourcils et s'assied dans l'herbe. « Qu'est-ce que tu veux faire après ? »

« On pourrait aller en ville, prendre le camion », suggère Tom. « Je veux prendre du Coca ».

« Tu peux y aller », dit Bill.

« Je penser que tu voulais retourner à la civilisation ? »

« Les gens en ville nous connaissent », dit Bill. Il commence à ronger ses ongles. « Ils pensent qu'on est des montres ».

« Comment tu peux savoir ça ? ». Tom laisse la vache et vient s'asseoir à côté de Bill. La vache rumine et les regarde avec des yeux à moitié clos. « Mh ? »

« J'ai entendu maman parler à grand-mère au téléphone », dit Bill, « avant qu'on vienne ici. Elle a dit à grand-mère de cacher les clés pour qu'on ne puisse pas aller en ville. »

Tom rigole doucement et les yeux de Bill s'assombrissent.

« Ce n'est pas marrant », claque Bill. « J'en ai marre de m'expliquer face aux gens. C'est pas comme si on était si bizarre que ça. »

« Je ne sais pas, tu es plutôt bizarre. »

Bill n'est clairement pas amusé. Il détourne le regard de Tom et fixe la mare.

« Je voulais pas dire ça. », dit Tom.

« Tais-toi. Tu m'ennuies », répond Bill. « J'aurais dû te laisser venir ici tout seul ».

Tom veut dire quelque chose mais il voit M. Kroner par-dessus l'épaule de Bill. « Okay », dit seulement Tom. Il se lève et secoue ses pantalons. « Elle est ici ! »

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Tom est étalé sur le canapé, deux éventails vers lui. Il fait encore trop chaud. Bill l'a ignoré pendant tout l'après-midi, se cachant dans sa chambre. Tom a trop chaud pour s'en faire. Bill peut être un gros bébé s'il le veut, du moins jusqu'à ce que le soleil se couche et que le cerveau de Tom refroidisse.

Les yeux de Tom se ferment, alors qu'un lourd et peu confortable sommeil l'envahit. Et là sa poche vibre.

« Quoi ? », grogne-t-il. Il plonge sa main dans sa poche, retrouvant son portable. Il a porté le téléphone pendant des heures, espérant avoir de la réception mais en vain. Maintenant il a une barre et un sms.

Il est de Rachel.

Comment ça va ? Déjà devenu dingue ?

Les doigts de Tom réagissent avant qu'il ne pense. Il efface le message et ferme les yeux.

Le sommeil l'envahit à nouveau, des bouts de rêves passant derrière ses paupières et là son téléphone se remet à vibrer effrontément sur son torse. Il le repousse et essaie de l'ignorer. Le téléphone s'arrête et recommence.

« Mon dieu », grogne-t-il. Quelqu'un est en train d'appeler. Il ouvre son téléphone. « Quoi ? ». Sa langue est sèche comme du papier.

« Je suis désolé ».

Il ferme ses yeux. « Bill ? ».

« Je viens d'appeler Andreas et il m'a dit que je me comportais comme un con. Donc ça doit être le cas et je suis désolé. »

« Ugh, » grogne Tom. « J'étais presque endormi ».

« Je suis désolé », dit encore Bill.

« Où es-tu ? Pourquoi tu n'es pas descendu jusqu'ici ? », demande Tom.

« Je pensais que peut-être tu serais fâché contre moi », dit Bill. Il semblait avoir cinq ans.

« Bill... », Tom s'assied, se frottant les yeux. « Putain qu'est-ce qu'il fait chaud. Où es-tu ? ». Il entend un bruit dans la cuisine. « Tu es dans la cuisine ? »

« Tu n'as toujours pas accepté mes excuses », dit seulement Bill. « C'était vraiment bien d'être juste... avec toi la nuit dernière. »

« C'est ok. », dit Tom. Il se lève, titubant un peu. « Cuisine ? »

« Pas sûr », dit Bill. Tom peut entendre un léger rire dans sa voix.

Tom soupire. « Je sais que tu es dans la cuisine. Tu m'as appelé de la cuisine ? »

« Peut-être »

Tom sort du salon, traînant ses pieds nus sur le sol en bois. Bill est assis à la petite table de la cuisine près de la fenêtre. Ses pieds sont refermés sous lui et il tient une pomme à moitié mangée. Tom lui sourit.

« Coucou », dit-il. Bill lève les yeux vers lui et croque dans sa pomme. « Je t'ai trouvé ».

« Hey », dit Bill. Tom l'entend deux fois. Sa voix fait écho dans le téléphone qu'il tient toujours à son oreille. « Tu veux passer chez moi ? »

Tom cligne des yeux. Bill croque une nouvelle fois dans sa pomme. Le bruit se répercute dans l'oreille de Tom une deuxième fois.

« Tu es occupé ? », demande Bill.

Tom secoue la tête et se rapproche. Quelque chose se tord dans son ventre, chaud et s'enroulant de plus en plus serré. Bill pose la pomme mais il garde le téléphone à son oreille.

« Est-ce que tu passes me voir ou pas ? »

Tom n'est pas sûr si Bill joue ou pas. C'est un jeu dangereux en dehors des lilas.

« Je viens », dit Tom. Il a envie de jouer. Il range son téléphone dans sa poche et il se tient devant Bill. « Tu es occupé ? »

Bill secoue deux fois la tête et Tom se penche vers lui, embrassant doucement Bill sur la bouche. Il recule, léchant le coin de ses lèvres. Les cils de Bill se ferment et il lève ses lèvres vers lui. Tom l'embrasse encore et cette fois-ci Bill l'embrasse en retour.

Il s'appuie sur l'épaule de Bill et il laisse la langue de Bill entrer dans sa bouche. Tom réalise que c'est un jeu entièrement nouveau. Bill laisse sa langue lécher derrière les dents de Tom et puis il recule, le souffle court.

« Wouah, la chaleur me rend fou », dit Bill. Il y a une jolie rougeur en haut de ses joues. « Je suis bizarre ».

Tom essuie sa bouche du revers de sa main. « Non, c'est juste un jeu. »

Tom n'est pas sûr s'ils devraient continuer à jouer ce jeu. Ca allait quand ils étaient plus jeunes, mais ils ne sont plus si jeunes à présent, et il ne peut penser à une excuse valable pour ce qu'ils viennent de faire. Il ne peut plus prétendre qu'il ne s'agit que de curiosité innocente.

Bill touche ses lèvres de ses doigts et regarde sa pomme. « Au fait, si c'est invivable la nuit, tu sais, s'il fait trop chaud... Tu peux rester dans ma chambre. », murmure Bill. « Il y fait vraiment frais ». Bill rougit encore.

Et Tom n'est plus très sûr s'ils jouent encore à un jeu.

A suivre...

# Posté le samedi 02 février 2008 16:45

Modifié le dimanche 10 août 2008 22:06